Dossier revue
Alimentation, santé globaleExpositions anténatales et périnatales : l’empreinte de l’environnement
Publié le 28 janvier 2026
Le méconium, une mémoire des expositions anténatales.
De la conception aux premières années de vie, l’environnement façonne durablement les systèmes immunitaire et métabolique de l’enfant. « L’exposome périnatal est constitué par l’environnement complexe qui entoure le fœtus puis le bébé, incluant des aspects très variés comme les maladies, les polluants, le bruit, les stress psychosociaux… La nutrition est un acteur central de l’exposome périnatal, qui va influencer durablement notre physiologie via entre autres des régulations épigénétiques de l’expression des gènes », explique Muriel Darnaudery, neurobiologiste au sein du laboratoire Nutrineuro, unité sous cotutelle d’INRAE, Bordeaux INP et de l’université de Bordeaux.
Codirigée par Bruno Le Bizec, directeur du Laberca (cotutelle INRAE/Oniris), France Exposome, infrastructure de recherche nationale, vise à fédérer la communauté scientifique autour du décryptage de ces expositions précoces. La cohorte pédiatrique Filomene, en cours de constitution, étudiera également l’impact de l’exposome dès les premiers instants de la vie. La recherche s’attache désormais à identifier des biomarqueurs précoces d’exposition. Le méconium, première selle du nouveau-
né, s’avère un indicateur prometteur. « C’est à la fois une mémoire des expositions prénatales et un bouillon de culture utilisé par le microbiote pour se développer », explique Karine Adel-Patient, responsable du laboratoire d’immuno-allergie alimentaire (CEA, université Paris-Saclay, INRAE). Son analyse révèle la présence de contaminants comme le dioxyde de titane, signes d’expositions anténatales qui peuvent être associées à un risque allergique accru. « L’exposome recouvre une multitude de facteurs aux effets cocktails ou antagonistes. C’est toute la complexité de l’analyse de son impact sur la santé de l’enfant », souligne la chercheuse.
Polluants atmosphériques : le placenta, « boîte noire » de la grossesse
Dès la vie utérine, le fœtus est exposé à un environnement complexe associé aux mode et lieu de vie des parents. Grâce aux cohortes Eden, Pelagie et Sepages, une équipe Inserm a montré l’intérêt du placenta pour évaluer les effets de l’exposition aux polluants atmosphériques (particules fines PM2,5, PM10, dioxyde d’azote) pendant la grossesse : « Le placenta, telle une “boîte noire” de la grossesse, enregistre les traces des expositions subies par la mère et le fœtus », précise Johanna Lepeule, chargée de recherche épidémiologiste en santé environnement à l’Inserm et responsable de l’étude. Ces expositions augmenteraient le risque de retard de croissance et de troubles immunitaires.
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Anne-Lise Carlo
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Rédactrice
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Sophie Nicklaus, Blandine de Lauzon-Guillain, Karine Adel-Patient
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