COVID-19 : la santé globale en jeu

Alors que l’épicentre de l’épidémie COVID-19, causée par la propagation d’un coronavirus, s'est déplacé de la Chine à l’Europe et que tous les continents sont désormais touchés, la recherche est mobilisée à l’appui des sociétés. Tous les pays doivent s’organiser pour soigner les personnes affectées et minorer les risques de propagation. Cette rubrique fait le point depuis mi-mars 2020 sur les recherches et l’organisation d’INRAE face à la crise.

Dès l’apparition de l’épidémie en Chine, la recherche s’est mobilisée dans le monde. Cette maladie, dénommée COVID-19 par l’OMS et qui affecte l’appareil respiratoire, est d’origine virale. Des chercheurs chinois ont rapidement séquencé le virus en cause. Désigné par SARS-CoV-2, il appartient à la famille des coronavirus, dont l’un d’eux avait causé une épidémie apparue en Chine en 2002-2003. Il a été établi que le SARS-CoV-2 est très proche de virus infectant des chauves-souris et qu’il pourrait avoir franchi la barrière d’espèce pour atteindre l’homme en affectant un hôte intermédiaire : l’hypothèse du pangolin, qui est parfois consommé en Chine, a été évoquée mais n’a pas été confirmée. Les virus, lorsqu’ils infectent un organisme pour s’y reproduire, ont en effet la capacité à muter ou à se recombiner avec d’autres virus infectant le même organisme. A la faveur de ces réarrangements, leur pouvoir infectieux peut se renforcer et ils peuvent acquérir la capacité à s’adapter à de nouveaux hôtes. Un troisième hôte animal aurait pu être nécessaire pour permettre de former le virus infectant l’homme à partir de celui du pangolin et de celui hébergé dans les populations de chauve-souris.

Face à SARS-CoV-2, il n’y a aujourd’hui aucun médicament, vaccin ou anticorps  disponible, toutes les mesures pour endiguer l’épidémie passent donc par la prévention pour éviter que le virus ne se transmette au sein des populations humaines. La communauté de recherche internationale est mobilisée et INRAE participe à plusieurs projets qui visent à :

Toute l'actu

Lutter contre le virus, soigner

« Mettre en place une recherche de qualité afin d’endiguer au plus vite l’épidémie de SARS-CoV-2 et de mieux prendre en charge les patients infectés » Alliance nationale AVIESAN

NOTRE ACTU

COVID-19 : 20 projets de recherche sélectionnés pour lutter contre l’épidémie...
COMMUNIQUE DE PRESSE - Publié le 12 mars 2020.
Alors que l’épidémie de coronavirus SARS-CoV-2 continue de se propager, l’Alliance pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan) se mobilise pour accélérer la recherche sur le virus et sur la maladie COVID-19, via l’action du consortium REACTing, coordonné par l’Inserm.

... dont un projet conduit par INRAE pour tester des médicaments candidats
Face à l’émergence, en Chine, du nouveau coronavirus responsable de COVID-19, nous ne disposons pas de traitement préventif (vaccin, anticorps) ou curatif (antiviraux). La mise au point d’un vaccin prendra minimum un an et on ne sait pas où en sera alors l’épidémie et si ce virus sera toujours le même, ou si un nouveau coronavirus aura à nouveau émergé. Un projet de recherche fondamentale, parmi les 20 projets de REACTing, a pour objectif de mettre au point un réplicon pour le COVID-19 qui permettra le criblage de composés antiviraux sur cellules vivantes. Contrairement au virus, le réplicon n’est pas infectieux et ne peut pas infecter ni homme ni autre espèce. L'outil réplicon consiste en des cellules artificiellement infectées par le génome tronqué du virus, c'est-à-dire auquel on a retiré les protéines structurales du virus qui lui permettent de générer des particules infectieuses.  La cellule reproduit ainsi ce génome viral tronqué, débarrassé de la capacité à infecter. Ce projet est porté par l'unité de Virologie et Immunologie moléculaires (VIM),  INRAE Île-de-France - Jouy-en-Josas et conduit par J.-F. Eléouët.

EN BREF

📌 24 mars :  le Président Emmanuel Macron a installé mardi 24 mars à 17 h à l'Elysée le "Comité analyse recherche et expertise" (Care), qui réunit 12 chercheurs et médecins pour conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests contre le coronavirus. Parmi les 12 membres de ce Comité : Muriel Vayssier-Taussat, cheffe du département scientifique Santé animale d'INRAE, spécialiste de la maladie de Lyme. (Dépêche AFP 24/03)

DANS LA PRESSE

Parmi les retombées : "Vingt projets de recherches lancés en France contre l'épidémie" (LeFigaro.fr 11/03) ; "Coronavirus : la riposte de la recherche" (LaRecherche.fr 14/03) ; "La recherche française s'attaque au coronavirus" (La-Croix.com 12/03) ; dépêche "COVID-19 : 20 projets de recherche sélectionnés par Reacting pour lutter contre l'épidémie" (Newstank.fr 12/03). Vidéo du ministère Enseignement supérieur, Recherche et innovation (Dailymotion.com 14/03)

Fake news

Démenti d'une vidéo complotiste circulant sur les réseaux sociaux citant INRAE: "Coronavirus : Non, l’Institut Pasteur n’a pas créé le SARS-CoV-2 (…). Selon "un chercheur en virologie à l'Institut Pasteur : « En France, nous n'avons pas la capacité de génétique inversée, essentielle pour régénérer artificiellement un virus. » (LeParisien.fr 18/03). Complément des chercheurs INRAE Jean-François Eléouët et Bernard Delmas* : « Dans l’état actuel de nos connaissances, il est impossible de créer ex nihilo un coronavirus aussi bien adapté à l’homme en termes de transmissibilité et de virulence, car personne n’en comprend les déterminants génétiques ».
Voir aussi l'explication 50 de la liste de plus de 80 fake-news décryptées par l'AFP.
(*Unité de recherche Virologie et Immunologie Moléculaires, centre INRAE Ile-de-France-Jouy-en-Josas-Antony).

 

Gérer le risque épidémique

« Changement climatique, mobilité animale et humaine, croissance démographique, urbanisation, etc. : il existe aujourd’hui un risque accru d'émergence de nouveaux agents pathogènes, et d’accélération de leur propagation au niveau mondial. La rapidité de détection de ces émergences et d’évaluation des risques qu’ils représentent pour la santé publique est cruciale : c’est une question de jours, parfois d’heures… Pour faire face, les agences de santé publique développent des systèmes d’intelligence épidémique » Projet MOOD

NOTRE ACTU

Face aux maladies émergentes : repenser la veille sanitaire mondiale - INRAE participe au projet international MOOD coordonné par le CIRAD
COMMUNIQUE DE PRESSE - Publié le 19 mars 2020 La maladie X est-elle déjà là ? L’arrivée du COVID-19 impose-t-elle de repenser nos systèmes de veille sanitaire ? C’est ce que font des chercheurs européens et nord-américains, dans le cadre du projet MOOD qui a débuté en janvier 2020, autour d’une question phare : comment identifier précocement les nouveaux signaux épidémiques ?

DANS LA PRESSE

Parmi les premières retombées : Biotechinfo.fr 19/03, Gazettelabo.fr 24/03, "Coronavirus et autres maladies émergentes : il faut repenser la veille sanitaire mondiale" (Femininactu.com 20/03)

Post Ca m'intéresse Mylène Ogliastro

Mieux comprendre l'épidémie : Mylène Ogliastro répond aux questions de Ca m'intéresse, 30 mars : Virus : pourquoi on peut être asymptomatique et contagieux. Qu’est-ce qu’un virus ? De quel type est le coronavirus, qui touche au bas mot 720 000 personnes dans le monde ? Comment s’est-il transmis de l’animal à l’homme ? Qu’est-ce que la charge virale ? Pourquoi le COVID -19 est-il si contagieux ?

Dans une approche de santé globale

« Il faut prendre conscience que la santé de l’Homme dépend intégralement de celle de son environnement » Mylène Ogliastro, virologue INRAE sur France3

NOTRE ACTU

Influenza, coronavirus et autres : quand les virus d’origine animale contaminent l’homme
Depuis des siècles les maladies virales affectent le genre humain. Qu’ils infectent l’homme directement ou après avoir transité par des animaux en contact avec les humains, ces agents infectieux sont au cœur des recherches d’INRAE. Grippe aviaire, fièvre du Nil occidental ou encore hépatite E sont quelques-unes des maladies (et des agents) auxquelles se consacrent les scientifiques de l’Institut dans une approche intégrée où santé de l’Homme, de l’animal et de l’environnement ne font plus qu’un.
Article Publié le 26 février 2020 avec vidéo 📽 de la conférence donnée lors du Salon de l'Agriculture.

DANS LA PRESSE

Tweet JF Guegan La Tribune

Trois interventions de Jean-François Guéganécologue et parasitologue INRAE, également conseiller scientifique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, parmi de nombreuses interviews :

  • 📌 Dans l'article Covid-19 : les atteintes à la biodiversité ont accéléré l'épidémie (La Tribune, 27 mars)

  • Dans l’article "L’émergence du coronavirus est-elle liée à la déforestation?" ( LeFigaro.fr  –  17/03).

  • sur France Inter au JT de 13 h à l’occasion de la chronique de Mathieu Vidard : "Le virus au carré – En quoi la pandémie actuelle est-elle liée à l'environnement ?"
    (France Inter 18/03
    à 13 h 30 - réécouter sur FranceInter.fr ou directement ci-dessous).

Tweet Mylène Ogliastro France 3

  • Sur France 3 Occitanie : "Coronavirus : une chercheuse [d'INRAE] décrypte l'épidémie de COVID-19", interview de Mylène Ogliastro, INRAE,  "représentante de la Société française de virologie" (Francetvinfo.fr 15/03). 

Organiser nos activités face à la crise et au confinement

« Nous préserverons le patrimoine vivant et scientifique de l’institut » Ph Mauguin dans AgraPresse

NOTRE ACTU

Hall INRAE

COVID-19 : premier bilan de la mise en œuvre du dispositif de crise à INRAE
Dressé par le PDG d'INRAE dans un article du 19 mars

Le dispositif de crise INRAE face à l'épidémie COVID-19 en application
Article du 12 mars régulièrement à jour

📌 La date de clôture de nos concours pour le recrutement d'ingénieur(e)s, cadres, technicien(ne)s est prolongée jusqu'au 12 mai.

 

 

DANS LA PRESSE

  • A lire : interview de Philippe Mauguin AgraPresse Hebdo du 23/03

    Lien vers l'Interview de Philippe Mauguin dans AgraPresse 23 mars

  • Dépêche "Coronavirus : les premières dispositions au CNRS, à l’Inserm et à INRAE" qui cite Philippe Mauguin au sujet des cellules de crise mises en place et Karine Guéritat, administratrice du centre-siège, à propos de la fermeture du centre-siège (Aefinfo.fr  16/03).

Mieux vivre le confinement

NOTRE ACTU

En temps de confinement, maintenir une alimentation saine et équilibrée est plus que jamais nécessaire. Max Delsid / Unsplash

Alimentation, activité physique : les bons réflexes en période de confinement

📌 Article rédigé avec The Conversation 24 mars - Pour lutter contre la propagation du coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la maladie Covid-19, les autorités ont mis en place sur l’ensemble du territoire des mesures collectives de distanciation sociale et de confinement. La majorité d’entre nous va vivre dans des espaces potentiellement restreints, pour une durée qui pourrait atteindre plusieurs semaines. Ces contraintes, combinées avec le respect scrupuleux des gestes barrières, sont indispensables pour enrayer la progression de l’épidémie et protéger les personnes vulnérables. Dans ces circonstances exceptionnelles, il est plus que jamais indispensable de ne pas oublier les comportements destinés à rester en bonne santé sur le long terme. En plus de ce que nous pouvons faire pour notre santé mentale et celle des autres, il faut en particulier adapter nos comportements alimentaires et notre activité physique à ce nouveau mode de vie.

COVID-19 Rester en forme à la maison The Conversation

DANS LA PRESSE ET EN LIBRAIRIE

  • Repenser nos usages du numérique, agir pour plus de sobriété

📌 Durant le confinement, le numérique facilite enseignement, télétravail et vie quotidienne... Dans cet ouvrage publié le 27 février aux Editions Quae à la suite d'une prospective INRAE-Agreenium, les auteurs étudient 4 scénarii de transition numérique pour l'enseignement supérieur et la recherche à l'horizon 2040. Dans l'un d'entre eux, préoccupations pour la santé et pour les ressources de la planète mobilisent société et pouvoirs publics pour prioriser les enjeux environnementaux, ce qui renforce une gouvernance européenne du numérique attentive aux dimensions sociales et aux biens communs. Dans un autre la tension sur les ressources mobilise la société pour un usage frugal du numérique...

Tweet O Hamant Tribune Libération

📌 Dans une tribune publiée dans Libération le 27 mars, Olivier Hamant, directeur de recherche INRAE invite à éliminer nos déchets numériques : "Parce que les «data centers» consomment énormément d’énergie, il est urgent de vider sa poubelle numérique et de s’engager dans ce tournant écologiquement responsable chez soi dès maintenant". Purgez vos mails, dégonflez vos clouds, conservez les restes au froid conseille-t-il...