Améliorer le bien-être des animaux dans les élevages : les actions d'INRAE

Améliorer le bien-être des animaux dans les élevages, c’est d’abord minimiser voire éliminer les sources et les intensités de douleur pendant leur vie (castration et caudectomie des porcs, épointage du bec des poules, écornage des vaches) et lors de l’abattage. C’est aussi leur permettre de satisfaire leurs besoins et leurs attentes (exploration, jeux, interactions maternelles et sociales) et leur procurer des émotions positives. Voici quelques exemples d'actions d'INRAE sur diverses espèces animales pour favoriser un réel mieux être des animaux.

Volaille

5132-0191- poule-650x400

Les systèmes d’élevage de volailles évoluent progressivement vers une conduite en groupe avec accès à l’extérieur. En effet, la loi Egalim de 2018 prévoit l’arrêt de la construction de bâtiments destinés à l’élevage en cages et la filière avicole s’est engagée à produire la moitié des œufs dans des structures alternatives aux cages dès 2022.

INRAE mène des travaux sur les comportements des volailles en plein-air. Il a été ainsi montré que l'usage des parcours extérieurs dépend des capacités cognitives des animaux : ceux qui aprennent plus vite sont les plus prudents. Lire l'article : Poulets en plein air : dis-moi comment tu raisonnes, je saurai comment tu explores

D'autres travaux s'intéressent à la ponte en plein-air et à l'efficacité alimentaire :

Porc

9012-0052-tête de cochon-650x400

En France, la majorité des porcs sont élevés en bâtiment sur caillebotis. En élevage biologique au contraire, le cahier des charges prévoit un accès à une aire d'exercice ouverte ainsi que l'accès à une litière de paille. La coupe de la queue et le meulage des dents sont interdits en élevage bio.

Alors que moins de 2 % des élevages de porcs français répondent aux normes du bio, INRAE développe le premier dispositif expérimental d’élevage porcin bio en bâtiment. Dans cet élevage, les porcelets ne sont pas castrés, ce qui demande des recherches supplémentaires pour éviter les problèmes d'odeurs incommodantes que développent les mâles non castrés.

Supprimer les pratiques douloureuses : la castration des porcelets

La castration des porcelets est une pratique douloureuse, destinée à éviter le développement d’odeurs incommodantes dans les carcasses provenant des mâles entiers. A partir du 1er janvier 2022, cette opération devra être pratiquée sous anesthésie. Plusieurs pistes sont explorées à INRAE pour éviter cette pratique.

  • Pour réduire la présence des composants odorants dans les carcasses, on peut jouer sur différents leviers : les conditions d’élevage (hygiène, ventilation, température ambiante), l’alimentation (ajout de fourrages et fibres fermentescibles, d’amidon cru, de chicorée ou de lupin), la génétique (la race Piétrain serait à plus faible risque).
  • On peut jouer sur les processus de transformation de la viande, puisque c’est la cuisson qui révèle les odeurs indésirables dans les graisses (lardons, saucisses).
  • On peut aussi repérer et écarter les carcasses les plus odorantes à l’abattoir. Pour cela, les chercheurs d’INRAE ont développé un kit pour identifier parmi le personnel de l’abattoir les personnes les plus sensibles aux odeurs de carcasses de porcs. Lire l’article : Un kit de sélection de futurs nez humains en abattoir
     

En conventionnel, environ 5 % des mâles non castrés donnent des carcasses odorantes, avec une grande variabilité cependant. L’élevage en bio demande des adaptations particulières du fait des conditions d’élevage, avec des temps de croissance plus longs, plus d’espace et de la litière. Lire l’article : Porcs biologiques : mieux valoriser les mâles non castrés
 

VACHE

2309-0009- tête vache-650x400

Le pâturage des vaches laitières est un mode d'alimentation à faible coût, considéré comme source de bien-être et de santé pour les animaux. INRAE conduit de nombreuses expérimentations sur l'élevage des ruminants à l'herbe. En particulier, l'installation expérimentale de Mirecourt, dans les Vosges, étudie depuis plus de 15 ans des élevages laitiers bios, dont l'un 100 % à l'herbe. Lire l'article : 10 ans d'expérimentation de systèmes d'élevages bioD'autres projets récents sont consacrés aux systèmes herbagers, l'un sur un grand troupeau en Normandie (expérimentation Tripl'XL, 2020-2026), l'autre dans le Massif Central sur une base de recherche participative (projet Coccinelle, début en 2020) :

brebis

9056-0099-tête brebis-650x400

La brebis constitue un très bon modèle de recherche pour le comportement maternel, étudié à INRAE depuis les années 70. On sait maintenant que la brebis reconnait ses petits à leur odeur. C’est ainsi qu’une brebis peut accepter un agneau étranger si on modifie son odeur en le couvrant de liquide amniotique (pratique courante en élevage). Cette reconnaissance implique la mise en jeu de structures cérébrales telles que le bulbe olfactif et les noyaux des amygdales.

Des travaux sont en cours pour pallier l’absence de la mère chez les agneaux élevés en allaitement artificiel par la présence de femelles subadultes (ayant la taille adulte, mais pas le statut dans le troupeau).

 

lapin

9500-1997-lapin-650x400

Les attentes sociétales sont de plus en plus grandes concernant l’amélioration des conditions d’élevage des lapins et la consommation de viande de lapin diminue. Des initiatives émergent et ont déjà permis des évolutions du mode de logement, tels que les parcs modulables ou les logements collectifs.

Afin de faciliter l'adoption de ces innovations, les chercheurs d’INRAE conduisent un projet sur trois ans (2018-2021) qui vise à co-concevoir et tester des élevages innovants en utilisant la méthode du living lab : mettre les acteurs, consommateurs, producteurs au cœur du processus de recherche. Parallèlement, les chercheurs expérimentent un dispositif encore plus innovant d’élevage entièrement à l’herbe. Lire l’article : Living Lab Lapins : un projet innovant pour le bien-être animal

 

toutes espèces

Améliorer les conditions d’abattage des animaux

Quelles que soient leurs conditions d’élevage, les animaux sont transportés et abattus majoritairement dans des abattoirs spécialisés et industrialisés, dans des conditions encadrées par la législation. Même si la législation européenne est une des plus exigeantes au niveau mondial, il reste une marge de progrès pour minimiser le stress et la douleur des animaux, comme le montrent différents travaux menés à INRAE. Lire l'article : Améliorer les conditions d’abattage

Un dispositif innovant de partenariat pour de nouveaux modèles d’élevage

A l'instar du Living Lab Lapins, le Laboratoire d’innovation territorial Ouesterel (Ouest Territoires d’élevage)  vise à co-construire avec les acteurs concernés de nouveaux modèles d’élevage, de transport et d’abattage qui permettront d’améliorer le bien-être des animaux d’élevage, de diminuer le recours aux antibiotiques en élevage et d’améliorer les conditions de vie des éleveurs et des salariés des filières animales. Il est porté par INRAE et un consortium d’acteurs nationaux et régionaux des trois régions de Bretagne, de Normandie et des Pays de la Loire. Contact : Hervé Guyomard, Centre INRAE Bretagne-Normandie.

Le Centre national de référence pour le bien-être animal

INRAE coordonne le Centre national de référence pour le bien-être animal (CNR BEA)

INRAE a été retenu par le ministère en charge de l’Agriculture, en février 2017, pour porter le Centre national de référence pour le bien-être animal (CNR BEA).  Son mandat a été renouvelé et élargi pour 2022-2026.

Les actions du CNR BEA sont réparties en trois missions :

  • Animer une plateforme de veille et d’informations rassemblant des références scientifiques et techniques à destination des filières et des structures d’accompagnement
  • Apporter une expertise scientifique sur des sujets particuliers auprès des pouvoirs publics
  • Promouvoir et coordonner la formation initiale et continue

Lire l’article : Centre national de référence pour le bien-être animal : c’est parti !

One Welfare, un seul bien-être des animaux et des hommes

Etant donnée l’interdépendance entre le bien-être des animaux et celui des personnes, la qualité de vie des humains qui s’occupent des animaux doit également être prise en compte. Ainsi, le concept « One Welfare », c’est-à-dire un seul bien-être, commence à être avancé, à l'instar du concept « One Health » développé depuis plusieurs années pour la santé. INRAE est partenaire du nouveau réseau mixte technologique « One welfare » coordonné par Idele.

En complément de la coordination du CNR BEA, INRAE contribue également de façon active aux Centres européens de référence en bien-être animal (EURCAW) pour les petits animaux d'élevage (volailles, lapins, animaux à fourrure) d’une part, et pour les ruminants et équidés (bovins, ovins, caprins, chevaux, ânes et hybrides, bisons, buffles, camélidés, cervidés) d’autre part.

 

Projets INRAE

INRAE coordinateur ou partenaire de réseaux européens :

INRAE coordinateur de projets de recherche français/européens :

INRAE partenaire du MOOC Bien-être des animaux d’élevage

 

ressources

QUIZ pour tester vos connaissances sur les poules et les cochons :

Un ouvrage de référence  sur le bien-être des animaux d'élevage :

Une équipe de scientifiques qui travaillent sur le bien-être des animaux depuis de nombreuses années publie chez QUAE en 2020 et 2021 une série de trois fascicules sur ce sujet. Lire l’article : Comprendre, évaluer et améliorer le bien-être des animaux d’élevage

Un ouvrage sur l'élevage plus globalement :

Pour l'anniversaire de ses 30 ans,  la revue INRAE Productions Animales édite un numéro spécial, qui explicite les grands défis auxquels l’élevage est confronté aujourd’hui et les solutions pour son avenir. En fin de numéro, une synthèse de la réflexion scientifique prospective « Science pour les élevages de demain » conduite par INRAE permet de mettre en perspective l’ensemble des priorités de recherche en sciences animales et élevage. Lire l’article : 30 ans de recherches en élevage : de grands défis et des solutions

Pour en savoir plus

Voir les travaux d'INRAE pour définir et évaluer le bien-être des animaux d'élevage ici