Nos collaborations internationales sur l’eau
INRAE collabore avec des partenaires internationaux pour produire des connaissances scientifiques et des solutions pour protéger les ressources en eau, pour tous les êtres vivants.
UN ENJEU SCIENTIFIQUE MONDIAL
L'eau est une ressource limitée, qui se renouvelle au sein d'un cycle global. Le changement climatique perturbe désormais ce cycle, provoquant des pénuries d'eau localisées et accentuant les événements extrêmes (sécheresses, inondations). Dans le même temps, la croissance démographique et l'évolution des besoins humains accroissent les pressions sur la ressource, avec des conséquences sur la sécurité alimentaire et sanitaire et sur les inégalités économiques et sociales à travers le monde. L'eau constitue à ce titre un bien commun qui doit être collectivement préservé et géré de manière durable.
Les 17 Objectifs de développement durable (ODD) de l'Agenda 2030 des Nations unies intègrent les dimensions environnementales, sociales et économiques auxquelles nous sommes collectivement confrontés. La science joue un rôle clé pour atteindre ces objectifs, en produisant les connaissances nécessaires pour mieux comprendre ces enjeux mondiaux et contribuer à leur résolution.

A propos Notre feuille de route : INRAE 2030
La stratégie INRAE 2030 s'organise autour de 5 orientations scientifiques, 3 orientations de politique générale et 15 défis Recherche & Innovation. Elle vise à faire progresser les connaissances et à accompagner les transformations nécessaires dans les domaines de l'agriculture, de l'alimentation et de l'environnement.
C'est pourquoi INRAE inscrit les enjeux liés à l'eau dans sa stratégie INRAE 2030. Dans ses domaines de recherche, agriculture, alimentation et environnement, INRAE produit des connaissances et développe des collaborations internationales pour contribuer à l'effort scientifique mondial en faveur d'une gestion durable de l'eau.
CONTRIBUER AUX OBJECTIFS MONDIAUX SUR L'EAU
Des ODD alignés avec notre stratégie, INRAE 2030
Ces objectifs rejoignent plusieurs priorités d'INRAE 2030:
- Changements globaux et risques associés
- Transition agroécologique et transformation des systèmes alimentaires
- Bioéconomie sobre et circulaire
- Une seule santé
- Renforcer les partenariats académiques, de l'échelle territoriale à l'échelle mondiale
OBSERVER LES RESSOURCES EN EAU POUR ANTICIPER LES RISQUES
Connaître la quantité d'eau disponible dans les cours d'eau comme dans les nappes souterraines et la façon dont elle peut évoluer est indispensable pour adapter sa gestion.
En France, le projet Explore2, dont INRAE a coordonné le volet scientifique et produit de nouvelles projections hydroclimatiques jusqu'en 2100 sur les débits des cours d'eau, la recharge et le niveau des nappes souterraines, pour éclairer les stratégies d'adaptation. À l'international, INRAE participe à des programmes qui permettent de croiser les observations et les modèles au-delà des frontières et d'améliorer la connaissance des ressources dans des régions où les données sont parfois insuffisantes.
Nourrir la planète sous contrainte hydrique
Pour INRAE, l'adaptation de l'agriculture au manque d'eau passe par la transformation des systèmes agricoles dans leur ensemble. L'agroécologie offre en ce sens plusieurs leviers : la préservation des sols et de leur capacité à retenir l'eau, une meilleure complémentarité entre cultures et élevage, la diversification des races animales et des variétés cultivées, le choix d'espèces et de variétés plus tolérantes à la sécheresse, ou encore le maintien d'éléments paysagers comme les haies et les bandes enherbées pour limiter le ruissellement. L’agroforesterie et l’agriculture de conservation font également partie des pistes prometteuses pour rendre les systèmes agricoles plus résilients face au manque d’eau.
Ainsi, les recherches d’INRAE en France privilégient l'adaptation de l'agriculture au manque de pluie plutôt que le développement systématique de l'irrigation. La modernisation des équipements d'irrigation peut par ailleurs permettre des économies d'eau de 10 à 40 %. Les travaux en sciences sociales étudient également les mécanismes de décision et les politiques publiques susceptibles d'accompagner cette transition agroécologique, en prenant en compte les différents acteurs et usages de l'eau.
ADAPTER LE TRAITEMENT DES EAUX USEES AUX CONTEXTES LOCAUX
En 2024, d'après les chiffres des Nations Unies 42 % de la population mondiale n'avait toujours pas accès à un service d'assainissement géré en toute sécurité. Les solutions développées doivent pouvoir répondre à des conditions très différentes d'un territoire à l'autre. C'est pourquoi nous travaillons notamment sur l'adaptation de procédés de traitement des eaux usées, parmi lesquels des solutions fondées sur la nature.
Les filtres plantés de végétaux en sont un exemple. Développé en France à partir de recherches menées depuis les années 1990, ce procédé a ensuite été adapté au climat tropical des territoires français d'outre-mer, à la demande du ministère français de l'Environnement. Les températures, les fortes précipitations et les espèces végétales disponibles ont nécessité de modifier son fonctionnement.
Cette adaptation ne concerne pas seulement le climat. Lorsque ces procédés sont utilisés dans d'autres pays, il faut aussi tenir compte de l'organisation de l'assainissement et des acteurs qui en assurent la mise en œuvre. C'est l'un des enjeux des coopérations internationales menées par INRAE dans ce domaine.
Une surveillance participative des écosystèmes aquatiques pour l'approvisionnement en eau potable
Les ressources en eau douce sont un enjeu mondial d'un point de vue écologique, économique ou politique. Des différences de plus en plus importantes sont observées dans les trajectoires écologiques des écosystèmes aquatiques continentaux entre pays développés et pays en développement. Les premiers sont, pour un certain nombre d'entre eux, engagés dans une dynamique de restauration qui s'appuie notamment sur la maîtrise des apports en nutriments (ex : bannissement des phosphates des lessives) et des pollutions organiques (ex : amélioration du traitement des eaux usées). Dans de nombreux pays en développement, les écosystèmes aquatiques continuent au contraire de se dégrader, ce qui altère leur fonctionnement et les usages qui en dépendent.
Les travaux menés dans le cadre du projet international WaSAf - Water Safe in Africa ont permis de développer de nouvelles approches pour surveiller les écosystèmes aquatiques utilisés pour l'approvisionnement en eau potable. Menées en Côte d'Ivoire, au Sénégal et en Ouganda, ces recherches ont notamment associé le suivi scientifique de la qualité des eaux à des démarches de surveillance participative impliquant les populations riveraines. Elles constituent aujourd'hui une expérience de référence pour les recherches menées sur le suivi de ces milieux.
Expertise internationale et soutien aux politiques publiques
Notre expertise contribue à l'élaboration et à la mise en œuvre d'accords internationaux et à l’information de la société et les décideurs publics pour élaborer et soutenir des politiques cohérentes et efficaces. Nous rassemblons des connaissances scientifiques, des sujets de recherche et des méthodes qui peuvent être utilisées pour concevoir des politiques publiques efficaces applicables à la fois à l'échelle régionale et internationale.
INRAE collabore avec de grandes institutions telles que la FAO, la Banque mondiale, le GIEC, l'Organisation météorologique mondiale (OMM), le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), l'OCDE ou encore des institutions de l'Union européenne, ainsi qu'avec des ministères, parlements et institutions français et européens. A la demande des autorités françaises, INRAE a également mené trois expertises scientifiques collectives liées à l'eau sur la sécheresse, l'eutrophisation et les retenues collinaires au niveau national. Il a participé à une prospective sur l’élévation du niveau de la mer d’ici 2100, ses conséquences environnementales (notamment sur les ressources en eau douce), ses impacts sociaux et économiques et les anticipations possibles, concluant qu’en l’absence de politiques publiques volontaristes au niveau global d’ici 2040, des situations graves ou extrêmes peuvent se développer.
Pour en savoir plus
Notre expertise projet à l'internationalCe recueil de projets d'expertise internationale à INRAE rassemble une quarantaine de projets menés dans plus de 30 pays, et témoigne de la diversité des sujets sur lesquels les scientifiques d'INRAE apportent leur expertise et de l'étendue de leurs collaborations à travers le monde.
Pour découvrir notre expertise internationale projet sur l'eau, deux experts nous parlent de leurs travaux en images
Pour en savoir plus Expertise et appui aux politiques publiques
Mieux comprendre les actions d'INRAE pour l'expertise internationale et l'appui aux politiques publiques nationales et européennes.
DES COLLABORATIONS AVEC LA COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE EUROPEENNE
À l'échelle européenne, INRAE contribue à différentes formes de coopération sur l'eau, programmation conjointe de la recherche, réseaux scientifiques, projets collaboratifs, ainsi que des communautés associant recherche, formation et innovation. INRAE participe, par exemple, au réseau européen de recherche sur l'eau douce EurAqua, qui réunit des organismes de recherche de toute l'Europe.