Alimentation, santé globale Temps de lecture 5 min
5 découvertes récentes sur l’influence de l’alimentation sur le cerveau
Notre alimentation joue un rôle dans le fonctionnement de notre cerveau. Mémoire, humeur, addiction alimentaire, déclin cognitif… voici 5 découvertes récentes sur le lien entre cerveau et alimentation.
Publié le 13 mars 2026
1. Une alimentation riche en graisses et en sucres impacte la mémoire
Des chercheurs ont montré que l’alimentation « obésogène », riche en graisses et en sucres, pendant l’adolescence entraîne chez la souris des déficits de mémoire associés à une hyperactivation du système endocannabinoïde dans l’hippocampe, une zone clé pour la mémoire. Bonne nouvelle : en bloquant ce système au moment de l’apprentissage, les scientifiques ont réussi à restaurer la mémoire des animaux. Cette découverte éclaire le lien entre alimentation « obésogène » et mémoire et ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Contact : guillaume.ferreira@inrae.fr
Référence : https://doi.org/10.1016/j.cub.2025.10.049
2. Extraits de plantes + oméga 3 = le combo gagnant pour freiner le déclin du cerveau
Le vieillissement s’accompagne souvent d’un déclin cognitif qui se manifeste par des troubles de la mémoire. Toutefois, l’alimentation pourrait jouer un rôle protecteur. Une étude chez des souris âgées montre qu’un mélange d’extraits végétaux, riche en polyphénols et caroténoïdes, et d’huile de poissons, riche en oméga-3, améliore la mémoire, en particulier la mémoire à long terme. Ces nutriments vont pouvoir cibler directement les processus neurobiologiques liés au vieillissement tels que l’inflammation et le stress oxydatif au niveau de l’hippocampe, une structure cérébrale clé pour la mémoire. La combinaison des deux ingrédients renforce même la plasticité synaptique (qui permet une bonne connexion entre neurones) et améliore l’équilibre du microbiote intestinal. Même si des études humaines sont encore nécessaires, ces résultats renforcent l’idée qu’une supplémentation associant des extraits végétaux et des oméga-3 pourrait aider le cerveau à mieux vieillir.
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Contact : corinne.joffre@inrae.fr
Référence : doi: 10.1016/j.bbih.2025.101127
3. Le safran : c’est bon pour le moral !
Le safran, reconnu pour ses propriétés antioxydantes et neuroprotectrices, est souvent présenté comme une épice « bonne humeur ». Un essai clinique mené chez des adultes présentant des signes légers de mal-être psychologique nuance toutefois cette réputation. Après 6 semaines de supplémentation, l’extrait de safran n’a pas amélioré de façon significative les scores globaux de dépression, d’anxiété ou de fatigue. En revanche, les participants ont déclaré percevoir une meilleure santé mentale. Les analyses biologiques ont aussi révélé une baisse d’un métabolite associé à l’humeur : plus il diminuait, meilleur était le ressenti des volontaires. Ces résultats suggèrent un effet subtil mais réel, qui reste à confirmer sur de plus larges populations. Le safran pourrait donc être un atout favorable au bien être, sans remplacer une prise en charge médicale.
Sur le même sujet : La consommation d’extraits de safran réduit l’impact négatif de l’inflammation sur le fonctionnement cérébral et la santé mentale
Contact : lucile.capuron@inrae.fr
Référence : 10.1016/j.ajcnut.2025.09.050
4. L’addiction alimentaire laisse une signature dans le cerveau
Pourquoi certaines personnes ont-elles des comportements impulsifs vis-à-vis de l’alimentation ? L’imagerie cérébrale apporte des éléments de réponse. Chez des femmes en situation d’obésité, la sévérité de l’addiction alimentaire est associée à des réponses cérébrales particulières face aux images d’aliments, notamment plaisants. Les chercheurs observent ainsi une activation réduite du striatum dorsal, une région du cerveau impliquée dans la motivation, ainsi que des modifications de la connectivité fonctionnelle entre plusieurs régions liées aux émotions et au contrôle cognitif. Plus l’addiction est marquée, plus ces réseaux semblent perturbés. Ces résultats confirment que la perte de contrôle alimentaire n’est pas qu’une question de volonté : elle s’ancre dans le fonctionnement du cerveau. À terme, cela pourrait ouvrir la voie à des traitements personnalisés, par exemple via le neurofeedback, une technique qui consiste à apprendre aux patients à auto-réguler leur activité cérébrale.
Contacts : david.val-laillet@inrae.fr, nicolas.coquery@inrae.fr
Référence : https://doi.org/10.1016/j.clnu.2025.06.001
5. À l’adolescence, le moment où l’on mange compte aussi
L’adolescence est une période clé pour le cerveau, encore en plein développement. Des chercheurs ont montré que de mauvaises habitudes alimentaires à cet âge peuvent perturber la mémoire. Dans un modèle expérimental, des souris nourries à volonté avec un régime « obésogène » pendant la période adolescente présentent des troubles de mémoire liés à des perturbations de la plasticité cérébrale et de l’activité neuronale dans deux régions du cerveau, l’hippocampe et le cortex. Mais un simple changement d’organisation des repas pourrait limiter ces effets. Les scientifiques ont testé la chrononutrition, qui consiste à aligner l’accès à la nourriture avec les cycles jour/nuit, sans restriction calorique. La chrononutrition a permis de prévenir les déficits de mémoire et de rétablir la plasticité cérébrale et l’activité neuronale dans les deux régions du cerveau. Des études sont en cours chez l’adolescent avec obésité pour confirmer ces effets prometteurs de la chrononutrition sur la mémoire.
Contact : marie-pierre.moisan@inrae.fr
Référence : doi: 10.1016/j.ebiom.2025.105783
Du 13 au 20 mars 2026
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