12 17 octobre 2026
Marseille
ICID 2026 : les recherches d'INRAE pour une agriculture plus résiliente face aux contraintes sur l'eau
Le 26e Congrès international de la Commission internationale des irrigations et du drainage (ICID) se tiendra à Marseille du 12 au 17 octobre 2026. 3 questions scientifiques sont mises au débat de cette édition, la place de l'irrigation et du drainage dans la transition agroécologique, la sobriété de l'usage agricole de l'eau et le recours aux eaux non conventionnelles. Elles recoupent directement plusieurs champs de recherche d'INRAE. Une vingtaine de scientifiques d’INRAE présenteront leurs recherches.
1. Face au défi climatique, comment l'irrigation et le drainage peuvent contribuer à la transition agroécologique ?
Les cultures sont plus fréquemment exposées au manque d’eau à mesure que le réchauffement climatique s’accentue. L’irrigation peut aider à maintenir certaines productions lorsque les réserves en eau du sol deviennent insuffisantes, mais l’adaptation repose aussi sur d’autres leviers, liés notamment au choix des cultures et aux pratiques agronomiques.
Des recherches menées à INRAE s'intéressent ainsi aux moyens de rendre l'agriculture moins vulnérable aux sécheresses. Le choix des espèces et de variétés adaptées en fait partie, de même que les pratiques influençant la capacité des sols à laisser infiltrer et à conserver l'eau. Couverture végétale, rotations, réduction du travail du sol ou agroforesterie n'ont pas partout les mêmes effets, mais peuvent modifier leur fonctionnement hydrique.
Ces évolutions conduisent aussi à repenser le rôle de l'irrigation elle-même. Le projet TAI-OCC mené en Occitanie explore ainsi la notion d’irrigation multiservice. L'eau n'est pas seulement apportée pour soutenir directement des productions, mais peut aussi servir à installer des arbres, des couverts végétaux ou d'autres plantes utiles au fonctionnement de l'agroécosystème.
INRAE à l’ICID
Delphine Leenhardt, directrice de recherche INRAE, est rapporteure nationale de la question 66 (« face au défi climatique, comment l'irrigation et le drainage peuvent contribuer à la transition agroécologique ? »). Ses recherches portent depuis plusieurs années sur la gestion quantitative de l'eau à l'échelle des territoires. Elle travaille sur les relations entre systèmes de culture et ressources en eau, ainsi que sur la construction et l'évaluation de scénarios associant modélisation et démarches participatives pour éclairer les décisions des gestionnaires de l'eau.
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Comment l'agriculture peut-elle s'adapter aux étés de plus en plus secs ? Cet article fait le point avec les spécialistes de la question, Juan David Dominguez Bohorquez, Delphine Leenhardt, Lionel Alletto et Sami Bouarfa.
2. Sobriété de l'usage agricole de l'eau : la technologie doit faciliter l'évolution des pratiques. Avertissement, pilotage, télédétection, matériel d'irrigation... Où en sommes-nous ?
La deuxième question de l'ICID s'intéresse aux technologies mobilisées pour l'agriculture irriguée. Au-delà de leurs performances, le congrès interroge leur capacité à faire évoluer les pratiques. À INRAE, ces recherches associent modélisation, aide à la décision et agriculture numérique afin d’adapter les choix d'irrigation aux besoins des cultures, et à l'eau disponible.
La télédétection ouvre de nouvelles possibilités pour observer les ressources en eau à grande échelle et mieux suivre leur évolution. C'est l'un des leviers mobilisés par One Water Vision, une initiative internationale lancée en 2024 qui réunit plus de 20 institutions scientifiques et dont INRAE assure le secrétariat du consortium international de recherche. L'initiative s'appuie sur le satellite SWOT, lancé en 2022, qui fournit des observations inédites des eaux de surface, et à terme, sur TRISHNA, résultat d’une mission franco-indienne encore en développement dont le lancement est prévu en 2027, et qui apportera avec une résolution et une fréquence d'observation inédites pour suivre l'évapotranspiration et le stress hydrique de la végétation. Des scientifiques d'INRAE ont contribué aux développements de ces deux missions, notamment à l'estimation des débits à partir de SWOT et aux méthodes reliant température de surface et évapotranspiration pour TRISHNA. One Water Vision croise ces données avec les mesures de terrain et la modélisation pour mieux suivre les ressources en eau et fournir des informations utilisables par les acteurs qui les gèrent.
INRAE à l’ICID
Bruno Cheviron, directeur de recherche INRAE, est rapporteur national de la question 67, aux côtés de Gilles Belaud (Institut Agro Montpellier). À l'UMR G-EAU, il travaille sur le pilotage de l'irrigation et la modélisation des flux d'eau. Il supervise notamment le développement d'Optirrig, un modèle qui permet de générer et d'évaluer différents scénarios d'irrigation, et anime l'équipe OPTIMISTE consacrée au pilotage et aux technologies d'irrigation.
Véronique Bellon-Maurel, directrice de recherche INRAE, intervient comme conférencière. Spécialiste des technologies numériques appliquées à l'agriculture, elle dirige aujourd'hui #DigitAg International Research Community, qui travaille sur les conditions d'un numérique agricole responsable et utile aux transitions agricoles.
- Mercredi 14 octobre, 10 h 30-12 h 30 - Morgiou
Télédétection en agriculture irriguée, un événement organisé par COSTEA et One Water Vision, avec INRAE / One Water Vision, l'IRD, la FAO, la Banque mondiale et plusieurs partenaires.
COSTEA, plusieurs rendez-vous autour de l'eau agricole
Le Comité scientifique et technique eau agricole (COSTEA) est consacré à l'eau agricole et à l'irrigation. Créé avec le soutien de l'Agence française de développement (AFD) et mis en œuvre par l'EAT, il réunit chercheurs, administrations, professionnels et organisations de la société civile de différents pays. Ses travaux portent entre autres sur l'agroécologie, les systèmes irrigués, la réutilisation des eaux usées traitées et les effets du changement climatique.
INRAE participe directement à son pilotage. Sami Bouarfa est directeur de projet du COSTEA au sein de son Secrétariat technique permanent. Il assure également un rôle dans la préparation scientifique de l'ICID 2026, dont il préside le comité scientifique du comité national hôte Eau, Agriculture et Territoires
Le COSTEA à l'ICID
Parmi les rendez-vous auxquels INRAE est associé :
Mardi 13 octobre, 8 h 30-10 h - Morgiou
Stockage de l'eau, avec l'AFD, BRL, SCP, INRAE, Cirad, AgroParisTech, Hydroconseil et l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.
Mercredi 14 octobre, 8 h 30-10 h - Morgiou
La REUSE pour l'agriculture : approches innovantes et participatives pour sa mise en œuvre en Méditerranée, avec INRAE et plusieurs partenaires français et méditerranéens.
Mercredi 14 octobre, 10 h 30-12 h 30 - Morgiou
Télédétection en agriculture irriguée, side-event COSTEA - One Water Vision auquel participent entre autres l'IRD, INRAE / One Water Vision, la FAO, la Banque mondiale, l'IWMI et plusieurs organismes de recherche et de gestion de l'eau.
3. Eaux non conventionnelles (REUSE, dessalement), peut-on réellement desserrer l'étau de la ressource et pour quels usages ?
INRAE étudie depuis plusieurs années la réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Plusieurs installations expérimentales permettent aujourd'hui d'en observer les conditions d'utilisation en situation réelle. Traitement complémentaire de l'eau, irrigation de cultures ou devenir des contaminants font partie des questions étudiées.
Réutiliser des eaux usées traitées pour irriguer peut éviter de prélever la même quantité d'eau dans une rivière ou une nappe, mais ce gain n'est pas automatique. Après traitement, ces eaux sont en effet souvent rejetées dans le milieu naturel, où elles contribuent au débit des cours d'eau et peuvent être utilisées plus en aval. Les recherches d'INRAE cherchent donc à établir le bilan réel de la REUT à l'échelle d'un territoire. Quels prélèvements sont évités, quelle quantité d'eau n'est plus restituée au milieu, et quels autres usages ou écosystèmes en dépendent ? La réutilisation peut être pertinente, mais son intérêt dépend fortement du fonctionnement hydrologique local et de la manière dont l'eau circule déjà entre les différents usages.
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La deuxième vie de nos eaux usées - un dossier INRAE consacré au traitement et à la réutilisation des eaux usées, piloté scientifiquement par Nassim Ait Mouheb, Jérôme Harmand, Rémi Lombard-Latune et Jean-Philippe Steyer. INRAE.
INRAE à l’ICID
- Lundi 12 octobre, 16 h 30-18 h 30 - Endoume 2
Jérôme Harmand, directeur de recherche INRAE au Laboratoire de biotechnologie de l'environnement (LBE), intervient dans la session scientifique consacrée aux eaux non conventionnelles. Ses travaux portent entre autres sur la réutilisation des eaux usées et les bioprocédés. Il anime également le réseau REUSE INRAE.
Explore 2, adapter la gestion de l’eau dans une France à +4°C
Derrière les choix discutés à l'ICID sur l'irrigation, la sobriété et le partage de l'eau se pose une question préalable, comment la ressource va-t-elle évoluer avec le climat ? Avec Explore2, INRAE et ses partenaires mettent à disposition des territoires des projections hydrologiques actualisées selon la trajectoire française d'adaptation au changement climatique (TRACC). À +4 °C, elles montrent notamment une baisse généralisée des débits estivaux et des sécheresses hydrologiques plus sévères sur une grande partie du territoire. Ces données servent de référence pour identifier les vulnérabilités locales et préparer les choix de gestion et d'adaptation.
Pour approfondir les recherches d'INRAE sur l'eau
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Gestion de la ressource en eau
FAQ Gestion de la ressource en eaules recherches d'INRAE
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International
Panorama InternationalLes collaborations internationales d'INRAE sur l'eau
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Politiques publiques
Témoignages Politiques publiques (Nouvelle fenêtre)Eau et milieux aquatiques : la recherche en appui aux politiques publiques
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Agriculture
Dossier AgricultureL'agriculture va-t-elle manquer d'eau ?