Maladies inflammatoires et chroniques de l’intestin : le rôle anti-inflammatoire d’une bactérie du microbiote intestinal ouvre la voie vers de nouvelles pistes thérapeutiques

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Une étude impliquant des chercheuses et chercheurs de Sorbonne Université, de l’Inserm, d’INRAE et de l’AP-HP, en collaboration avec la société de biotechnologie Exeliom Biosciences, apporte de nouveaux éléments sur le mode d’action de la bactérie Faecalibacterium prausnitzii. Cette bactérie, au rôle majeur dans le microbiote intestinal, peut moduler l’immunité humaine, ce qui explique son rôle protecteur dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn. Ces nouveaux éléments de compréhension ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur l’utilisation de cette bactérie. Les travaux de cette étude ont été publiés dans la revue Gastroenterology.

Publié le 03 mars 2026

© Freepik

Le microbiote intestinal, composé de milliards de bactéries, joue un rôle essentiel dans le maintien de la santé. Parmi ces bactéries, Faecalibacterium prausnitzii est l’une des plus abondantes et est reconnue pour ses effets bénéfiques. Sa diminution est fréquemment observée chez les patientes et patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn. Les propriétés anti-inflammatoires de cette bactérie sur les patientes et patients atteints de MICI ont déjà été démontrées, mais les mécanismes précis à l’origine de ces effets restaient jusqu’à aujourd’hui mal compris.

Ce travail de recherche avait donc pour enjeu d’identifier quelles cellules du système immunitaire humain sont responsables de la réponse anti-inflammatoire induite par Faecalibacterium prausnitzii et de comprendre comment cette bactérie agit précisément sur les cellules. Pour cela, des cellules immunitaires issues du sang et de la muqueuse intestinale de patientes et patients atteints de MICI et de sujets témoins ont été exposées à cette bactérie et comparées à d’autres bactéries intestinales. Les effets sur les cellules ont été analysés à l’aide d’approches de pointe, combinant l’analyse de la production de cytokines (des médiateurs de l’inflammation), la cytométrie en flux (technique permettant de caractériser individuellement chaque cellule immunitaire), le séquençage de l’ARN et l’étude du métabolisme énergétique cellulaire.

Les résultats montrent que, dans le sang comme dans l’intestin, Faecalibacterium prausnitzii induit directement la production, par les monocytes humains, d’IL-10, une cytokine clé aux propriétés anti-inflammatoires. Cette réponse protectrice se distingue nettement de celle provoquée par d’autres bactéries. Au-delà de l’induction de la production d’IL-10, une véritable reprogrammation complète du métabolisme énergétique des monocytes est induite par la bactérie.

Ces travaux apportent donc des éléments nouveaux sur la manière dont une bactérie du microbiote intestinal peut moduler l’immunité humaine via le métabolisme énergétique cellulaire. Ils confirment l’intérêt de développer des stratégies thérapeutiques innovantes basées sur l’utilisation de Faecalibacterium prausnitzii dans le traitement des MICI et, dans d’autres pathologies inflammatoires.

Par ailleurs, une étude clinique chez l’homme vient de se terminer. Elle est notamment menée par les auteurs de cette étude en collaboration avec Exeliom Biosciences et vise à étudier l’effet de Faecalibacterium prausnitzii sur le maintien de la rémission dans la maladie de Crohn (NCT05542355). Les premiers résultats seront connus courant 2026.

Pour en savoir plus

-    Lien vers l’article publié dans Gastroenterology
-    Lien vers le site d’Exeliom Biosciences

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