INRAE, Institut responsable en matière d’expérimentation animale

L’utilisation des animaux à des fins scientifiques a été, et reste encore nécessaire de nos jours dans la perspective d’améliorer la santé humaine et animale, mais aussi pour la recherche fondamentale et agronomique ou la préservation des espèces et de l’environnement. Mais elle ne va pas sans un questionnement éthique et des efforts constants pour trouver des méthodes alternatives fiables. INRAE, comme tout établissement de recherche, applique rigoureusement la réglementation française, elle-même dérivée de la réglementation européenne, qui encadre de façon stricte l’expérimentation animale. L’Institut participe aussi aux structures nationales inter-instituts dans ce domaine et au projet de création d’un Centre français dédié à cette problématique, à l’instar de ceux qui existent dans plusieurs pays d’Europe.

Transparence sur l’expérimentation animale

Tout citoyen a droit à une information complète et claire sur les raisons et les conditions de l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques.

C’est pourquoi chaque dispositif expérimental agréé renseigne annuellement une base de données européenne avec le nombre d’animaux utilisés par  espèces et les objectifs des projets. Les statistiques nationales sont publiées sur le site du ministère de la Recherche (MESRI).

De plus, les résumés non techniques de chaque projet de recherche utilisant des animaux sont rendus publics.

Pour aller plus loin, plusieurs établissements scientifiques publics et privés, adhérents du GIRCOR (Groupe interprofessionnel de réflexion et communication sur la recherche), dont INRAE, ont signé en novembre 2020 une charte de transparence, avec des engagements d’information et d’échanges avec le public.

Charte Transparence Animaux pour la Science - 22 février 2021.pdf pdf - 484.80 KB

Principe directeur de la réglementation européenne et nationale : les « 3R »

La réglementation européenne en matière d’expérimentation animale, transcrite en droit français, repose sur le principe dit des « 3R » : REMPLACER, REDUIRE, RAFFINER.

REMPLACER

 REMPLACER le recours au modèle animal par des méthodes  alternatives :

  • méthodes in silico : modélisation informatique, deep learning...
  • méthodes in vitro : cultures de cellules, organoïdes, ...  

Lire l'article : Alternatives à l’expérimentation animale, ouvrage publié en 2020, Editions QUAE.

 

REDUIRE, RAFFINER, REHABILITER

REDUIRE le nombre d'animaux au minimum indispensable pour obtenir des résultats fiables, en utilisant des études statistiques, des méta-analyses et la mémoire des expériences déjà réalisées, même si elles n'ont pas été publiées.

RAFFINER : Respecter le bien-être des animaux et minimiser la douleur (analgésie) et le stress, en s'appuyant sur les connaissances produites par les recherches dans ce domaine. 

REHABILITER : Un 4ième "R" est en voie de développement : placer les animaux qui peuvent l’être après les expérimentations dans des structures d'accueil fiables.

 

Les modèles animaux à INRAE

Pour répondre aux questions scientifiques, INRAE utilise une grande diversité d'espèces animales :

Des animaux modèles pour la recherche fondamentale (compréhension des mécanismes biologiques) : poissons (poisson-zèbre, médaka), miniporcs, lapins, rongeurs (souris et rats). En France, la souris est l’animal le plus fréquemment utilisé (62 % des utilisations). Viennent ensuite les poissons (13 %, toutes espèces confondues) puis le rat (8 %) et le lapin (7 %) (Statistiques nationales, 2018).

Des espèces d’élevage : bovins, caprins, ovins, équins, lapins, oiseaux (poules, dindes, cailles, canards), poissons (truite principalement), porcins, pour la recherche agronomique, la santé animale dans une démarche One Health, la reproduction et la génétique, l'alimentation, le comportement et le bien-être animal, les systèmes d'élevage agroécologiques.

Des espèces de la faune sauvage captive ou non : blaireaux, cervidés, grenouilles, poissons, pour les recherches sur la biodiversité, la préservation de l’environnement et la conservation des espèces sauvages.

Quelques exemples de recherche utilisant des modèles animaux

Modèle souris : une carence en acides gras polyinsaturés induit des troubles du circuit de la récompense (dépression, schizophrénie, troubles bipolaires). Lire l'article.

Modèle in vitro de cellules de poisson Medaka : découverte d’une nouvelle fonction cellulaire chez les poissons : perspectives pour l’aquaculture et la recherche médicale. Lire l'article

 

Modèle poulet de chair : les poulets qui explorent le moins les parcours de plein-air sont aussi les poulets qui analysent le mieux leur environnement. Lire l'article.

Modèle miniporcs : la disparition d’un détecteur sanguin de glucose chez des animaux obèses serait impliquée dans l’apparition du diabète de type II (imagerie non invasive). Lire l'article.

Modèle in vitro d’ovocytes de brebis : les doses environnementales de Bisphénol S, substitut du Bisphénol A, altèrent les capacités de développement des ovocytes et des embryons chez la brebis. Lire l'article.

Modèle d’élevage : les bovins aident les ovins au pâturage, que ce soit au niveau de la dilution parasitaire ou de l’exploitation du couvert végétal. Lire l'article.

Des structures spécifiques et coordonnées

INRAE a mis en place un dispositif d’accompagnement de ses collectifs pour le respect de la règlementation. Il comporte plusieurs axes qui sont coordonnés :

Les Comités d’éthique en expérimentation animale (CEEA, imposés par la réglementation nationale) : les comités d’éthique ont une composition réglementaire et sont agréés par le MESRI (environ 125 CEAA en France). Ils évaluent si le projet de recherche est éthiquement recevable proposent des ajustements si besoin, avant transmission au MESRI qui délivre les autorisations pour 5 ans maximum.

charte_nationale_dethique_de_lexperimentation_animale.pdf pdf - 598.24 KB

Les Structures Bien-être animal (SBEA, imposées par la réglementation nationale) : les SBEA sont composées de concepteurs des projets scientifiques, de responsables des soins et du bien-être des animaux et de vétérinaires. Ces structures sont chargées de l’application sur le terrain de la réglementation en matière de protection animale. Elles veillent au bon déroulé des projets validés par le MESRI selon les recommandations des comités d’éthique. Chaque site exprimental agréé d'INRAE dispose, selon sa taille, d' une ou plusieurs SBEA (plus de 50 SBEA à INRAE, de l‘animalerie de laboratoire à de plus grandes structures).

La Délégation à la sécurité biologique 

La Charte sanitaire : INRAE s’est doté d’une charte pour assurer la sécurité sanitaire des animaux, en particulier des animaux d’élevage, de manière harmonisée dans toutes les unités expérimentales.

Voir la vidéo sur la prévention de la peste porcine africaine dans les unités expérimentales d'INRAE :

 

INRAE engagé dans les recherches sur le bien-être animal

INRAE conduit de nombreuses recherches sur les comportements animaux et le bien-être des animaux d’élevage. L’Institut a ainsi produit des expertises scientifiques collectives sur la Douleur animale et la Conscience animale (lire aussi cet article).

Ces connaissances permettent de mieux comprendre les émotions et la perception de la douleur chez les animaux et peuvent être mises à profit dans le champ de l’expérimentation animale. INRAE est pilote sur l’évaluation du bien-être chez les espèces d’élevage.

En outre, INRAE est l’organisme porteur du Centre national de référence pour le bien-être animal (CNR BEA). Lire l’article. Le CNR BEA a pour mission de diffuser une information scientifique et technique validée sur le bien-être animal, de réaliser des expertises sur le sujet et d’identifier les manques en termes de formation.