L'alimentation obésogène perturbe la mémoire en modifiant le système cannabinoïde cérébral
L’alimentation obésogène, riche en graisses et en sucre, est associée à des perturbations de la mémoire chez les humains et les modèles animaux. Toutefois, les mécanismes sous-jacents restent difficiles à cerner. Le système endocannabinoïde cérébral, qui contrôle la mémoire en condition normale, est hyperactif en condition d'obésité. Les chercheurs ont donc cherché à savoir si les effets d'une alimentation obésogène sur la mémoire dépendaient de l’hyperactivité du système endocannabinoïde.
Publié le 15 octobre 2026
Les chercheurs ont montré que, suite à l’apprentissage d'une tâche de mémoire basée sur la reconnaissance d'objets chez des souris mâles, l’alimentation obésogène augmente les niveaux d'endocannabinoïdes et de leurs récepteurs dans l'hippocampe, une structure cérébrale essentielle à la mémoire. Le blocage systémique des récepteurs du système endocannabinoïde après l’apprentissage annule les déficits de mémoire à long terme et normalise les activations cellulaires et synaptiques aberrantes de l'hippocampe des animaux exposés à l’alimentation obésogène. De plus, la suppression génétique des récepteurs au système endocannabinoïde de l'hippocampe annule les déficits de mémoire induits par l’aliment obésogène. Enfin, l’aliment obésogène a renforcé une voie de signalisation spécifique (la voie mTOR) dans l'hippocampe de manière dépendante du système endocannabinoïde, et l'inhibition de mTOR après l’apprentissage a permis de compenser les déficits de mémoire à long terme induits par l’alimentation obésogène.
Ces résultats établissent comment un environnement obésogène altère la mémoire à long terme au travers d’une suractivation hippocampique du système endocannabinoïde et ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Référence : https://doi.org/10.1016/j.cub.2025.10.049