Alimentation, santé globale Temps de lecture 2 min
Le staphylocoque doré est très résistant et virulent dans le lait
COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Le staphylocoque doré est une des bactéries fréquemment rencontrées dans les infections humaines et animales, notamment les mammites. Une équipe internationale de recherche coordonnée par INRAE et impliquant l’ENS Paris-Saclay, a découvert qu’il est beaucoup plus robuste et virulent dans le lait que dans le sérum ou les milieux de culture de laboratoire. Leurs résultats, publiés dans Communications Biology, montrent que les staphylocoques dorés utilisent les lipides du lait pour former une enveloppe environ 3 fois plus épaisse, les rendant beaucoup plus résistants aux traitements antibiotiques. Ils produisent également plus de pigment leur donnant leur couleur dorée, ce qui les rend plus virulents lors de l’infection. L’importante robustesse du staphylocoque doré dans le lait pourrait nécessiter l’adaptation des protocoles d’antibiothérapie lors du traitement des mammites où le lait est abondant, chez l’être humain ou l’animal.
Publié le 02 octobre 2026
Le staphylocoque doré est fréquemment rencontré en pathologie humaine et vétérinaire. Il doit son nom à un pigment jaune doré qu’il produit et qui est impliqué dans sa virulence et le protège du stress oxydatif. Il représente un défi clinique majeur en raison de sa robustesse face aux traitements antibiotiques. Afin de mieux comprendre les facteurs de cette résistance, les scientifiques se sont intéressés au développement de la bactérie dans 2 milieux pertinents pour l’infection : le lait et le sérum1. Le lait, produit par les glandes mammaires, offre un environnement stable et riche en nutriments pour le staphylocoque qui peut provoquer des mammites (infections des glandes mammaires). Le sérum est l’environnement dans lequel le staphylocoque évolue lors d’une infection.
Le lait : un environnement idéal pour le staphylocoque doré
Le staphylocoque doré possède des propriétés très différentes selon qu’il se développe dans le lait ou le sérum. Les scientifiques se sont notamment rendu compte que la composition en lipides de sa membrane est différente. Lorsqu’ils sont cultivés dans le lait, les staphylocoques dorés utilisent les lipides du lait dans la composition de sa membrane plutôt que de produire ses propres lipides. Ils développent ainsi une enveloppe environ 3 fois plus épaisse que ceux se développant dans le sérum ou dans les milieux de culture de laboratoire. De plus, les lipides du lait stimulent la production du pigment, ce qui rend le staphylocoque doré plus virulent et plus résistant au stress oxydant. Les scientifiques ont également testé les différents types d’antibiotiques utilisés dans le traitement des mammites. Lorsque le staphylocoque doré s’est développé dans le lait, il devient beaucoup plus robuste et résistant aux différents antibiotiques testés. Cela s’explique par le fait que les antibiotiques s’attaquent à l’enveloppe2du staphylocoque doré qui est plus épaisse lorsqu’elle s’est développée dans le lait ou provoque un stress oxydatif dont il est mieux protégé grâce à une production plus élevée de pigment.
Ces résultats suggèrent un lien unique entre les lipides présents dans le lait et la sévérité des infections dues au staphylocoque doré. La robustesse remarquable de la bactérie dans le lait pourrait indiquer la nécessité d’adapter les protocoles d’antibiothérapies dans le cadre du traitement des mammites où le lait est abondant, notamment chez l’être humain et les animaux domestiques. Des recherches sont en cours pour développer des bi-thérapies qui coupleraient l’usage d’un antibiotique et d’une molécule bloquant l’intégration des lipides du milieu par la bactérie.
Référence
Léguillier V. et al. (2026). Biotope-dependent Resistance to Reactive Oxygen Species, Antibiotic Tolerance, and Virulence of Staphylococcus aureus. Communications Biology. DOI: 10.1038/s42003-026-10771-2