Le rapport de l’Académie des sciences pointe la persistance d’une sous-représentation des femmes. Actions d'INRAE.

Ce rapport, publié en 2024, analyse les causes de la sous-représentation des femmes dans de nombreuses disciplines scientifiques. Il met en lumière des inégalités persistantes, de l’orientation scolaire aux carrières de recherche. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, revenons sur les différents freins et leviers.

Publié le 06 mars 2026

© INRAE

Sciences : où sont les femmes ? Quelques chiffres...

  • En France, 49 % des filles de terminale générale n’ont choisi aucun enseignement de spécialité scientifique parmi les deux choix possibles, contre seulement 28 % des garçons. 
  • Seulement 13 % des femmes diplômées de l’université le sont dans les domaines des sciences, technologies, ingénieries et mathématiques. Moins de la moitié  des doctorats scientifiques sont délivrés à des femmes.  
  • Le taux d’insertion professionnelle des hommes est meilleur que les femmes (-3,6 points), en particulier dans les domaines des sciences exactes et applications. 

(Source : Académie des sciences, 2024)

Des stéréotypes qui s’installent très tôt

Dès l’école, les filles déclarent plus souvent manquer de confiance en leurs capacités en mathématiques. Au lycée, elles choisissent moins fréquemment les spécialités scientifiques. Ces écarts s’expliquent par des représentations sociales tenaces : les sciences resteraient un domaine plutôt masculin. Ces stéréotypes, véhiculés par l’environnement scolaire, familial et médiatique, influencent durablement les choix d’orientation.

Ce que fait INRAE

Partout en France, les équipes d’INRAE se mobilisent pour faire découvrir la recherche et ses métiers aux jeunes collégiens et lycéennes lors de portes ouvertes, de la Fête de la science, des Journées nationales de l’agriculture à travers des forums, visites de laboratoires ou des ateliers pédagogiques.

Donner à voir des parcours de femmes engagées dans les disciplines STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) permet de rendre ces trajectoires plus concrètes, accessibles et légitimes. 

>> Interview d’Éloïse Comte, mathématicienne à INRAE 

Des carrières scientifiques jugées peu attractives

Même lorsque les femmes s’engagent dans des parcours scientifiques, elles sont moins nombreuses à poursuivre jusqu’au doctorat et au-delà. Le recrutement à la suite de longues années de contrats temporaires est un facteur de découragement encore plus prononcé pour les femmes. 

Ces débuts de carrière sont dissuasifs et peuvent entrer en tension avec des projets de vie personnelle, encore très majoritairement portés par les femmes (parentalité, organisation familiale). Résultat : certaines renoncent ou limitent leurs ambitions.

Ce que fait INRAE 

INRAE met en place des dispositifs qui favorisent les équilibres de vie à travers un soutien à la parentalité, une large offre de prestations sociales ou encore des aménagements du temps de travail.

Un plafond de verre toujours présent

Même lorsque les femmes entrent dans les carrières scientifiques, leur progression est plus lente. Et plus on monte dans la hiérarchie académique, moins il y a de femmes. Le rapport rappelle que des biais implicites influencent les décisions, donnant souvent l’impression qu’un homme sera plus compétent qu’une femme, à expériences et CV égaux.

Ce que fait INRAE

Plusieurs initiatives sont mises en place à INRAE pour promouvoir l’égalité femmes-hommes et limiter les biais inconscients.
Des formations, des outils d’aide à la décision et du mentorat soutiennent les personnes en charge des recrutements, du suivi de carrière ou de la prise de responsabilités. Les indicateurs annuels sont publiés : équilibre femmes-hommes pour les promotions et avancements, postes à responsabilités, rémunération, formation…

Des violences et comportements sexistes qui freinent les parcours

Le rapport rappelle que le monde scientifique n’est pas épargné par les violences sexistes et sexuelles. Les situations de dépendance hiérarchique peuvent accentuer les risques et le silence autour des faits. Ces réalités ont des conséquences directes sur la santé et la poursuite de carrière des victimes.

Ce que fait INRAE

INRAE applique une tolérance zéro face aux violences et agissements sexistes et sexuels. L’ensemble des collaborateurs et collaboratrices ont accès à des formations en ligne ainsi qu’à des dispositifs d’alertes et d’accompagnement des situations.

En savoir plus

Égalité femmes-hommes et lutte contre les discriminations : INRAE conserve la double labellisation AFNOR

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - L’AFNOR renouvelle la labellisation Diversité et Égalité professionnelle (dite labellisation Alliance) d’INRAE, reconnaissant à nouveau l’engagement de l’institut en faveur de la lutte contre les discriminations et de la défense de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Depuis janvier 2020, INRAE est le seul établissement à caractère scientifique et technologique (EPST) à bénéficier des deux labels AFNOR Égalité et Diversité.

17 mai 2024

Société et territoires

Signature du protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes

En France, environ 244 000 femmes subissent des violences conjugales chaque année, et une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. INRAE Val de Loire a rejoint le protocole de lutte contre ces violences le 14 mai 2024 pour former des personnes ressources et informer les victimes. La signature a réuni des représentants de l’État en Indre-et-Loire et du centre INRAE Val de Loire.

05 juillet 2024