Accélérer les transitions agroécologiques et alimentaires

Une transformation systémique, de la production à la consommation, en intégrant les enjeux économiques et sociaux

  • Renforcer la compréhension des processus des transitions et des enjeux d’autonomie
  • Progresser vers des agricultures sans pesticides de synthèse
  • Accompagner la transition des élevages
  • Progresser dans la construction des qualités des régimes alimentaires
  • Pour une alimentation saine et durable, accessible et valorisante, pour tous

Focus

LIMA (Less Inputs and More Agroecoly : moins d'intrants et plus d'agroécologie), est un programme européen en cours de construction dans le cadre du Green Deal Call et en réponse à la stratégie Farm To Fork de l'Union européenne. Il réunit 58 partenaires, dont 29 privés, issus de 16 pays européens. Il mobilise les recherches pour réduire l'usage de pesticides et fertilisants et pour minorer les pertes de nutriments sur toutes les filières majeures : grandes cultures, prairies, vigne et arboticulture. Ses approches vont de la parcelle au territoire, incluent l'accompagnement agriculteurs, s'appuient sur un travail avec les entreprises et sur des scénari d’adaptation pour influencer les politiques publiques.

Inspiré de l’expérience française du réseau de fermes DEPHY, le projet européen H2020 IPMWORKS, coordonné par INRAE, a pour objectif de mettre en place un réseau d’agriculteurs à l’échelle européenne pour faire la démonstration de stratégies de Protection Intégrée des Cultures (IPM, pour Integrated Pest Management, en anglais) à faible usage de pesticides, et promouvoir l’adoption de ce type de stratégies en favorisant l’échange d’expériences et de connaissances entre agriculteurs.

Illustrations complémentaires :  Changement d’échelle de l’agriculture bio  |  Bien-être animal  |  PAC

Comment accélérer les transitions agroécologique et alimentaire, tenant compte des enjeux économiques et sociaux

L’agroécologie constitue un cadre intégrateur et moteur

Satisfaire aux besoins alimentaires, en quantité et qualité, des populations, limiter les impacts négatifs des manières de produire sur l’environnement et la santé, diminuer la vulnérabilité et accroître la résilience des systèmes de production face aux changements globaux, assurer une meilleure souveraineté alimentaire des territoires, tout en répondant aux enjeux économiques et sociaux, constituent des objectifs majeurs pour l’avenir. Ils imposent de reconcevoir en profondeur les systèmes de production agricoles et alimentaires. L’agroécologie, dans sa définition large et englobante, constitue un cadre intégrateur et moteur pour étudier et concevoir ces transitions vers des systèmes agricoles et alimentaires durables valorisant les potentialités environnementales, économiques et sociales et respectueux de la santé globale.

A l’échelle des productions agricoles, les recherches portent sur une diversité de leviers pour accompagner la transition agroécologique à différentes échelles et notamment de l’exploitation au territoire : régulations biologiques, biocontrôle, génotypes animaux et végétaux adaptés, diversification des productions et des systèmes de production, mobilisation des technologies du numérique et des biotechnologies, adaptation de la gestion de l’eau... Par ailleurs, ces leviers peuvent être mobilisés par différents modèles d’agriculture qui coexistent et concourent à améliorer la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires. Les connaissances sur la combinaison de ces leviers doivent être approfondies dans l’objectif de concevoir et d’évaluer des stratégies visant à accroître les services rendus par les systèmes agricoles, en ne se limitant pas aux services de production.

Un régime alimentaire durable et sain

Production agricole durable et consommation responsable sont indissociables : pour une alimentation saine et durable pour tous, la production d’aliments de qualité doit s’accompagner de régimes alimentaires diversifiés, modérés en calories et d’une réduction des gaspillages alimentaires. Ce qui constitue un régime alimentaire durable et sain, les conditions sociales et économiques de son accès par les populations précaires, la juste répartition de la rémunération et la compétitivité des filières alimentaires, sont des questions qui demandent des fondements scientifiques plus robustes. Une compréhension partagée des situations de départ et des obstacles majeurs aux échelles locales, nationales et supranationales, ainsi que la prise en compte des synergies et arbitrages à opérer sont également des connaissances essentielles à acquérir collectivement, avec les acteurs de terrain, pour aboutir à des solutions opérantes. 

Repenser les relations entre la production agricole, la transformation, la distribution des produits alimentaires et la consommation est indispensable. L’essor nécessaire de pratiques agroécologiques associé aux besoins de changement des régimes alimentaires ne peuvent se faire sans une adaptation des procédés de collecte, stockage, transformation, formulation, conservation des aliments ainsi qu’une évolution marquée des modalités de commercialisation. Cela impose de dépasser les approches visant « l’optimisation » de chacun de ces maillons séparément, pour tendre vers des approches intégrées. Dans cette perspective, les recherches revisitent les processus de construction des qualités des aliments, en rapprochant les travaux sur les modes de production et de transformation, et en intégrant, en amont de la conception de nouveaux systèmes, les attentes des consommateurs et des citoyens. 

Considérer les déterminants économiques et sociaux

Les motivations et les freins à l’adoption par les différents acteurs de ces nouvelles façons de produire et de consommer doivent être compris. Dans ce cadre sont considérés les déterminants économiques et sociaux (représentations, réseaux sociaux, impact sur le travail, adaptation des outils industriels, stratégies des entreprises...) ainsi que les processus des transitions vers des systèmes agricoles et alimentaires agroécologiques. Ils portent sur les leviers d’action et les politiques publiques (différenciation, labellisation...) à même d’accompagner ces transitions et mobilisent de nouveaux modes de collaboration avec l’ensemble des acteurs publics et privés.

Pour aller plus loin

Nos thématiques Agroécologie & Société et territoires

Nos métaprogrammes : SANBA, Santé et bien-être des animaux en élevage ; METABIO, Changement d’échelle de l’agriculture biologique (2019) ; SuMCrop, Gestion durable de la santé des plantes (2020)

INRAE 2030