Agroécologie Temps de lecture 4 min
Veolia et INRAE renouvellent leur coopération face au défi des polluants émergents dans les composts
COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Veolia et INRAE annoncent le renouvellement de leur convention de recherche jusqu’en 2030 dans le cadre du dispositif QualiAgro, situé en région Ile-de-France, qui analyse les effets à long terme des composts sur les sols, les cultures et l’environnement. 28 ans de données démontrent qu’un compost urbain de qualité améliore la structure des sols et génère des rendements comparables voire supérieurs à ceux des parcelles de référence.
Veolia et INRAE engagent cette nouvelle phase d’étude avec notamment pour objectif de garantir la sécurité du retour au sol, en étudiant le comportement des polluants émergents tels que les PFAS ou les microplastiques.
Publié le 29 octobre 2026
Implanté en 1998 sur une parcelle agricole de 6 hectares dans les Yvelines, le dispositif QualiAgro constitue une référence scientifique pour évaluer les impacts à long terme des apports organiques sur le sol, les cultures et l’environnement. Les recherches portent sur différents composts d’origine urbaine, comparés à du fumier bovin et à des parcelles témoins sans apport organique. Elles analysent notamment la qualité des sols, les rendements, les cycles du carbone, de l’azote et du phosphore, ainsi que le devenir de certains éléments et traces de contaminants dans l’écosystème.
Les résultats confirment les bénéfices majeurs du retour au sol des matières organiques :
- Une meilleure santé des sols : augmentation de la matière organique et de la vie biologique des sols ;
- Des rendements préservés ou supérieurs selon les années, comparés à du fumier bovin et aux parcelles témoins sans apport organique, notamment pour le maïs, le blé et le seigle ;
- Un impact climatique positif : contribution directe au stockage de carbone dans les sols, avec des stocks augmentés jusqu’à plus de 70 %.
Ces résultats sont partagés en continu avec le monde agricole et servent d'outil d'aide à la décision pour définir les seuils réglementaires de la filière.
Anticiper les nouveaux défis environnementaux
La prolongation des travaux jusqu’à l’année culturale 2028-2029 fait évoluer le protocole d’expérimentation pour répondre aux enjeux actuels de santé environnementale. Les équipes scientifiques vont intensifier leurs recherches sur le comportement des polluants émergents (PFAS, microplastiques) dans l'ensemble de la chaîne agricole (sols, plantes, eaux), en tenant compte des différentes filières de compostage.
Ces travaux permettront de mieux comprendre le devenir des polluants émergents dans les matières organiques recyclées, les sols, les plantes et les eaux, ainsi que les conditions permettant de préserver la qualité des sols et des productions agricoles.
En parallèle, les scientifiques étudieront comment l'ajout de compost aide la terre à mieux retenir l'eau, ce qui la rendrait plus résistante face aux sécheresses, comment le compost favorise la vie dans le sol (micro-organismes, insectes...) et améliore la santé globale de notre environnement.
Anne Varet, directrice scientifique Environnement et Forêt d'INRAE : « La richesse de QualiAgro repose sur la durée exceptionnelle de son suivi et sur la quantité et la qualité des données acquises. Elle permet à la fois de documenter les bénéfices agronomiques des composts et d’aborder de nouveaux enjeux, comme les PFAS et les microplastiques, dans une approche scientifique globale des sols et de l’environnement. QualiAgro est une installation scientifique majeure, reconnue au niveau national et international, support de nombreux projets de recherche, au-delà même du sujet des composts. »
Paul-Antoine Sebbe, directeur des activités Agriculture chez Veolia en France : “Une teneur suffisante en matière organique dans les sols est une assurance, à moyen terme, pour préserver leur fertilité et leur productivité. Depuis près de 30 ans, QualiAgro, porté par INRAE et Veolia, documente les bénéfices agronomiques des composts et les conditions d’un retour au sol maîtrisé, contribuant ainsi à la sécurité écologique des territoires. Cette collaboration se poursuit sur une excellente dynamique ; ses résultats font référence et pourront d'ailleurs inspirer un dispositif similaire au Chili avec l’INIA.”