Agroécologie Temps de lecture 5 min
Les ministères de l’Agriculture du G7 à la rencontre des scientifiques de FARE
À Reims, des représentants des ministères de l’Agriculture des pays du G7 ont rencontré les scientifiques de l’unité Fractionnement des AgroRessources et Environnement (FARE) pour échanger autour du recyclage du carbone et de l’azote dans les sols, de la réduction de la dépendance aux engrais de synthèse et des leviers pour une agriculture plus autonome en nutriments. Une journée consacrée à favoriser les échanges entre la recherche scientifique et les politiques publiques du secteur agricole.
Publié le 28 octobre 2026
La recherche au service d’une meilleure gestion des nutriments
Comment mieux gérer le carbone et les nutriments (principalement l’azote) dans les agroécosystèmes ? Comment préserver les puits de carbone du sol, favoriser le recyclage de l’azote tout en limitant les pertes ? Quels compromis dans la production de la biomasse végétale doivent être définis pour gérer durablement les ressources naturelles ? Ces questions ont constitué le fil conducteur de cette journée organisée à Reims, à la rencontre des scientifiques de FARE, unité de recherche d’INRAE et de l’Université Reims-Champagne Ardenne (URCA).
L’enjeu est majeur : renforcer l’autonomie des systèmes agricoles vis-à-vis des engrais de synthèse, tout en contribuant à la sécurité et à la souveraineté alimentaires. Dans un contexte de changements climatiques et de tensions sur les ressources, les recherches menées par l’unité apportent des connaissances essentielles pour faire évoluer les pratiques agricoles et éclairer les décisions publiques.
La matinée a débuté à l’URCA par une introduction de Christophe Clément, président de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, et de Christophe Schwartz, président du centre INRAE Grand Est-Nancy. Gabriel Paës, directeur de FARE, a ensuite présenté les activités et les axes de recherche de l’Unité, avant que Gwenaëlle Lashermes, directrice adjointe, ne développe plus particulièrement les travaux consacrés aux cycles du carbone et de l’azote.
Ces recherches visent notamment à mieux comprendre les mécanismes de recyclage de ces éléments et à limiter leurs pertes dans les agroécosystèmes et à l’échelle des territoires. Elles contribuent à identifier des leviers pour une gestion plus efficiente des ressources et une agriculture moins dépendante des apports extérieurs.
Des recherches et des équipements au cœur des échanges
Les échanges se sont poursuivis avec la présentation des travaux de doctorants internationaux de FARE. Leurs interventions ont illustré la diversité des approches scientifiques développées au sein de l’Unité et la dimension internationale des recherches menées sur les agroécosystèmes.
La délégation a ensuite découvert les installations et les équipements du nouveau laboratoire, notamment les chambres de simulations climatiques et le spectromètre de masse. Ces outils permettent d’étudier différents processus biologiques, chimiques et physiques et de mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes agricoles face aux évolutions climatiques et environnementales.
Cette immersion a favorisé le rapprochement entre les enjeux scientifiques des préoccupations des décideurs publics, en mettant en perspective les connaissances produites par la recherche et leur contribution potentielle à l’évolution des politiques agricoles.
Le vignoble, terrain d’application des pratiques durables
L’après-midi, la journée s’est poursuivie au Manoir Veuve Clicquot à Verzy près de Reims, avec une présentation des pratiques mises en œuvre dans les vignobles du groupe pour préserver la qualité des terres et renforcer les capacités d’adaptation du vignoble aux changements climatiques.
Cette séquence a permis d’aborder ces enjeux à travers un exemple concret de filière viticole. Elle a également souligné l’intérêt des échanges entre scientifiques et acteurs de terrain pour faire progresser les pratiques, en tenant compte des contraintes propres aux systèmes de production et des objectifs de durabilité.
Renforcer les liens entre science et décision publique
Cette rencontre a réuni plusieurs représentants d’INRAE et des institutions publiques, parmi lesquels Marion Bardy, directrice de l’appui aux politiques publiques d’INRAE, Pierre Marie, directeur des relations internationales d’INRAE, Pierre Bessin, directeur de la DRAAF Grand Est, ainsi qu’Elen Lemaître-Curri, secrétaire générale de l’initiative internationale « 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat ».
Elle a illustré le rôle de la recherche dans l’éclairage des politiques publiques et la construction de réponses aux grands défis agricoles et environnementaux. En favorisant le partage des connaissances et des expériences, ces échanges contribuent à identifier des leviers d’action pour renforcer l’autonomie des systèmes agricoles, préserver les ressources naturelles et renforcer la souveraineté alimentaire.
Un objectif commun : faire dialoguer les avancées scientifiques, les orientations des politiques publiques et les pratiques agricoles pour accompagner la transition vers des systèmes agricoles plus durables et résilients.