Alimentation, santé globale Temps de lecture 2 min
Un diagnostic innovant pour suivre la résistance aux antiparasitaires
La santé et la productivité des ovins et des caprins peuvent être perturbées par des parasites intestinaux. Des scientifiques des laboratoires Innovations thérapeutiques et résistances (Intheres - ENVT/INRAE) et Interactions hôtes-agents pathogènes (IHAP - ENVT/INRAE) du centre Occitanie-Toulouse ont uni leurs forces pour développer une méthode innovante et pouvoir choisir la stratégie de soin la plus durable.
Publié le 02 juillet 2026
Les nématodes gastro-intestinaux, comme Haemonchus contortus, sont des parasites, qui infestent le système digestif des ovins et caprins. Ils altèrent leur santé, leur bien-être et leur productivité. Pour contrôler ces nématodes, les éleveurs utilisent des vermifuges, en particulier des lactones macrocycliques anthelminthiques comme l’ivermectine, l’éprinomectine ou la moxidectine. Mais, l’efficacité de ces traitements répétés est menacée par l’émergence de populations résistantes. En augmentation, ces nématodes, qui ne sont pas perturbés par les traitements, compromettent leur efficacité et donc la protection des troupeaux.
Pour adapter les traitements et garantir la protection des troupeaux, il est important de suivre l’évolution de ces résistances. Jusqu’à présent, leur détection se faisait par comptage des œufs de parasites dans les fèces après un traitement antiparasitaire. Mais ce test manque de précision, ce qui peut amener à des diagnostics erronés.
Fiabiliser la détection des résistances
Deux laboratoires du département santé animale d’INRAE ont mis au point un test pour évaluer la résistance de ces parasites aux traitements.
« Nous avons valorisé des synergies entre recherche fondamentale et appliquée pour répondre à des enjeux sanitaires et économiques de l’élevage », apprécient Mélanie Alberich et Julie Petermann, d’Intheres et IHAP.
Ce test innovant est basé sur la mesure automatisée de la motilité des larves parasitaires, c’est-à-dire leur capacité à produire des mouvements. Les scientifiques l’ont validé sur des vers jeunes adultes du nématode modèle Caenorhabditis elegans qui font 1 millimètre, avec différentes concentrations en vermifuges. Cette nouvelle approche permet de distinguer des souches de nématodes sensibles des souches résistantes à l’ivermectine ainsi qu’à d’autres molécules antiparasitaires.
Utilisé dans des élevages ovins laitiers du Sud-Ouest, ce test a permis de confirmer la perte d’efficacité clinique de l’éprinomectine constatée par les éleveurs. Les analyses ont permis de calculer des facteurs de résistance qui varient de 17 à 100 selon les élevages. Elles ont aussi permis de montrer que la moxidectine conservait une efficacité relative sur certaines souches, ce qui apporte aux éleveurs une alternative de traitement. Ce travail démontre pour la première fois la valeur du test de motilité automatisé comme outil de diagnostic de la résistance aux vermifuges, de la classe des lactones macrocycliques, chez les nématodes gastro-intestinaux
Ce test automatisable, fiable et rapide, permet un suivi précis de l’évolution des pertes d’efficacité clinique des antiparasitaires en conditions réelles. C’est un outil de diagnostic qui ouvre la voie à une meilleure surveillance de la résistance antiparasitaire et à l’adaptation des traitements.
À terme, cette méthode pourrait être transférée aux laboratoires d’analyses vétérinaires pour améliorer la gestion des traitements, donc la santé des troupeaux et la durabilité des pratiques d’élevage.
Références :
Alberich, M. et al. Evaluation of nematode susceptibility and resistance to anthelmintic drugs with a WMicrotracker motility assay. Sci. Rep. 15, 17968 (2025). DOI 10.1038/s41598-025-02866-3
Petermann, J. et al. Automated larval motility assays reveal links between eprinomectin treatment failure and drug resistance in Haemonchus contortus. Vet. Res. 56, 187 (2025). DOI 10.1186/s13567-025-01622-9