Changement climatique et risques Temps de lecture 2 min
Le changement climatique a alimenté les conditions météorologiques extrêmes à l'origine des incendies de forêt dévastateurs en France et en Espagne
Des vagues de chaleur successives et une sécheresse précoce ont créé des conditions propices à des incendies majeurs dans des régions peuplées, habitées.
Publié le 31 juillet 2026
Une nouvelle analyse du groupe World Weather Attribution (WWA), en collaboration avec des chercheurs d’INRAE, révèle que le changement climatique d'origine humaine a rendu au moins deux fois plus probables en France, et au moins vingt fois plus probables en Espagne, les conditions météorologiques extrêmes ayant alimenté les récents incendies destructeurs.
Depuis début juillet, de violents incendies de forêt ont ravagé la France et l'Espagne, causant la mort de trois personnes, détruisant des milliers d'habitations et contraignant plus de 300 000 personnes à fuir. Ces incendies sont considérés comme parmi les pires jamais enregistrés dans ces pays : 140 000 hectares ont brûlé en Espagne rien qu'en juillet, et 115 000 hectares en France depuis le début de l'année. Certains foyers étaient si vastes qu'ils ont généré leur propre système météorologique, rendant la maîtrise des flammes très difficile. Des températures élevées sont prévues pour les prochains jours dans les deux pays, ce qui pourrait aggraver les conditions propices aux incendies.
Les conditions météorologiques des régions touchées par les incendies ont fait l'objet d'études approfondies ces derniers temps. Au cours des dernières semaines, le WWA a publié des analyses montrant que les vagues de chaleur de juin ainsi que la sécheresse qui frappe actuellement l'Europe ont été exacerbées par le changement climatique d'origine humaine. En septembre 2025, l'équipe avait également conclu que le changement climatique avait aggravé les incendies survenus l'année précédente en Espagne et au Portugal. Une autre analyse portant sur la saison des incendies de 2025 a abouti à des conclusions similaires.
Face à ces nombreux constats, les chercheurs ont évalué le rôle du changement climatique dans les conditions météorologiques propices aux incendies en utilisant un protocole d'analyse ultra-rapide. Ils ont examiné des observations météorologiques historiques — sans recourir aux modèles climatiques — pour observer l'évolution dans le temps des conditions météorologiques favorisant les départs de feu. Pour ce faire, ils ont utilisé un indicateur appelé « Daily Severity Rating » (DSR, ou indice de gravité quotidienne), qui intègre les paramètres de chaleur, de sécheresse et de vent, et reflète la difficulté de maîtriser un incendie une fois qu'il s'est déclaré. Les chercheurs se sont concentrés sur la période de sept jours affichant le DSR le plus élevé dans le sud-ouest de la France et le centre de l'Espagne, zones où les incendies se sont produits.
Les principales conclusions de cette analyse sont :
- Le changement climatique d'origine humaine a rendu les conditions propices aux incendies au moins deux fois plus probables dans le sud-ouest de la France et au moins vingt fois plus probables dans le centre de l'Espagne. Les scientifiques soulignent qu'il s'agit d'estimations prudentes.
- Dans le climat actuel, des événements d'une telle intensité devraient se produire une fois tous les vingt ans dans le sud-ouest de la France et une fois tous les six ans dans le centre de l'Espagne.
- Les hivers humides suivis de printemps secs deviennent un facteur déterminant du risque d'incendie de forêt dans les régions touchées. Ils favorisent la croissance de la végétation qui, par la suite, s'assèche et sert de combustible aux incendies.
- Les conséquences des incendies ont été particulièrement graves, exposant un grand nombre de personnes tant aux flammes qu'à une fumée étendue.
Lire l’article complet sur le site web de WWA ICI
Référence
Climate change increases likelihood of compounding drivers of severe wildfire conditions in France and Spain - https://us.list-manage.com/1w2BX1Ti0eB?e=5d7027d538&c2id=e3eca057a328bfd43f340b28db000d20
Authors
Clair Barnes, Centre for Environmental Policy, Imperial College, London, UK
Arndt Hampe, INRAE, University of Bordeaux, BIOGECO, Cestas F-33610, France
Andreia F. S. Ribeiro, Department of Compound Environmental Risks, Helmholtz Centre for
Environmental Research, UFZ, Leipzig, Germany
David García-García, Department of Applied Mathematics and Aerospace Engineering, University of
Alicante, San Vicente del Raspeig, Spain
Marco Turco, Department of Physics, University of Murcia, Murcia, Spain
Florent Mouillot, Centre d'Écologie Fonctionnelle et Évolutive, French National Centre for Scientific
Research, Montpellier, France
Theodore Keeping, Centre for Environmental Policy, Imperial College, London, UK
Mariam Zachariah, Centre for Environmental Policy, Imperial College, London, UK
Augustin Colette, French National Institute For Industrial Environment and Risks, France
Ana Mejía-Silva, Red Cross Red Crescent Climate Centre, The Hague, The Netherlands (based in
Quito, Ecuador)
Roop Singh, Red Cross Red Crescent Climate Centre, The Hague, The Netherlands (based in New
Jersey, USA)
Julie Arrighi, Red Cross Red Crescent Climate Centre, The Hague, The Netherlands; Global Disaster
Preparedness Centre, Washington D.C., USA; Tufts University, Massachusetts, USA (based in New
York, USA)
Emmanuel Raju, University of Copenhagen, Copenhagen, Denmark
Friederike Otto, Centre for Environmental Policy, Imperial College, London, UK