Pour le bien-être des vaches au pâturage : marche à l’ombre !

Face aux épisodes de forte chaleur de plus en plus fréquents, le bien-être des vaches laitières au pâturage devient un enjeu majeur. Une étude récente propose une méthode innovante permettant aux chercheurs de mesurer automatiquement l’usage de l’ombre par les vaches, grâce à de simples capteurs de lumière fixés sur leur dos.

Publié le 25 février 2026

© INRAE

Comme les humains, les vaches souffrent de la chaleur. Lorsqu’elles sont exposées au soleil, surtout en été, leur confort diminue : elles mangent moins, produisent moins de lait et peuvent voir leur santé se dégrader. Pour se protéger, elles cherchent naturellement l’ombre des arbres, des haies ou d’autres abris éventuels. Pourtant, le temps passé et les conditions dans lesquelles les vaches utilisent réellement ces zones ombragées restent mal connus. Mieux comprendre ces comportements est essentiel pour concevoir des modalités de pâturages mieux adaptées au réchauffement climatique.

Mesure de la lumière reçue par la vache et validation de la méthode

Les chercheurs de l’UMRH ont fixé un petit capteur de lumière directement sur le dos de sept vaches laitières de race Holstein en lactation. Ces vaches ont été conduites au pâturage avec le reste du troupeau, avec un séjour en bâtiment pendant les deux traites quotidiennes. Chaque parcelle de pâturage comprenait une zone ombragée par des haies et/ou des arbres (regroupés ou isolés), situés directement dans la parcelle. Le capteur est situé sur les apophyses transverses des vertèbres lombaires, derrière l'os iliaque. Le capteur enregistre automatiquement la quantité de lumière reçue (en lux), avec une fréquence d’une fois par minute. 

Pour tester la fiabilité de la méthode, les scientifiques ont combiné technologie et observation humaine. Pendant l’été, ils ont observé directement des vaches au pâturage : étaient-elles au soleil ou à l’ombre ? Debout ou couchées ? Ces observations ont ensuite été comparées aux données enregistrées par les capteurs.
Les chercheurs ont ainsi identifié un seuil de quantité de lumière permettant de distinguer de manière fiable une vache au soleil d’une vache à l’ombre. En pratique, en dessous d’environ 25 000 lux, la vache est considérée comme étant à l’ombre ; au-dessus, elle est considérée comme étant exposée au soleil. Cette règle simple s’est révélée très fiable, avec plus de 95 % de bonnes classifications par rapport aux observations visuelles.

Des résultats robustes, avec quelques nuances

Une fois le système calibré, les capteurs permettent un suivi continu et peu coûteux, même sur de grands troupeaux. La méthode fonctionne particulièrement bien lorsque les vaches sont debout. Lorsqu’elles sont couchées, le capteur peut être légèrement incliné, ce qui fausse parfois la mesure, un peu comme un panneau solaire mal orienté. Malgré cela, l’erreur reste limitée.

Cette étude montre qu’il est possible de mesurer automatiquement et efficacement l’utilisation de l’ombre par des vaches au pâturage. La méthode mise au point permettra, à terme, de mieux concevoir l’aménagement des pâturages : nombre d’arbres nécessaires, emplacement des zones ombragées, réduction des inégalités d’accès entre animaux, et ce, pour différentes espèces. L’objectif principal est d’améliorer le bien-être de l’animal en prenant en compte ses besoins et ainsi d’adapter l’élevage au changement climatique en comprenant mieux les comportements des animaux exposés à la chaleur.

Références : Aubé, L.; Meunier, B.; Lardy, R., 2026. Measuring shade use of dairy cattle at pasture with an on-cow light sensor: a case study. Computers and Electronics in Agriculture, 240: 9.  https://doi.org/10.1016/j.compag.2025.111152 

Sylvie André

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