Accompagner la diversité des parcours d’installation en agriculture

Notre dossier Ressources « Quels agriculteurs pour quelles agricultures demain ? » publié en février 2025 était consacré aux leviers pour assurer le renouvellement des générations en agriculture, en pointant la nécessité d’encourager de nouvelles dynamiques d’installations. Dans cet article, nous nous intéressons à la diversité des porteurs et porteuses de projet, aux modèles agricoles concernés par l’installation aujourd’hui, ainsi qu’aux acteurs de l’accompagnement à l’installation/transmission. En effet, à côté des chambres d’agriculture qui sont dépositaires de la mission de service public en matière de soutien à l’installation, de nombreux acteurs associatifs et coopératifs, mais aussi des collectivités locales ou des privés, prennent place et contribuent à ces dynamiques, parfois depuis plusieurs dizaines d’années. Cet article se focalise sur le rôle original et essentiel des réseaux associatifs dans l’accompagnement de ces parcours d’installation aux multiples formes.

Publié le 22 juillet 2026

© INRAE, Aurélien Marquot

La moitié des agriculteurs et agricultrices présents en 2020 risquent fort d’avoir pris leur retraite en 2030 sans être tous remplacés : on dénombre à ce jour seulement 1 installation pour 2 à 3 départs. Ces évolutions démographiques s’accompagnent d’un renouveau des candidats et des projets d’installation, d’une augmentation du recours au salariat agricole ou à la délégation des travaux, sans oublier la poursuite de la baisse tendancielle du nombre d’exploitations agricoles. On constate aussi que les nouvelles exploitations sont plus souvent de petite taille ou de grande taille, alors que celles de taille moyenne régressent. 

Que sait-on des porteurs de projet d’installation aujourd’hui ? Quelles dynamiques nouvelles sont à l’œuvre ? Qui sont les acteurs qui s’investissent dans l’accompagnement à l’installation, au sein et au-delà du dispositif officiel ? Faisons le point sur les résultats issus de recherches récentes et sur ce qu’elles nous apprennent des acteurs, projets, dispositifs et moyens qui facilitent l’installation-transmission.

Les porteurs de projets 

Le dispositif national de soutien à l’installation en agriculture ne parvient pas à enrayer la chute du nombre d’exploitants et d’exploitations. Si 21 000 porteurs de projets sont accueillis chaque année aux points d’accueil installation (chiffre CESE), seulement 13 000 installations s’opèrent annuellement (chiffre MSA), dont 5 000 bénéficient de la dotation jeune agriculteur (DJA). 

Qui s’installe aujourd’hui ?

Les installations hors cadre familial progressent : elles représentaient 39 % des installations dans le recensement agricole de 2020 contre 23 % dans celui de 2010. Au-delà des bilans démographiques, les recherches sociologiques permettent d’identifier une diversité de profils et les dynamiques qui les sous-tendent. Tous les projets de recherches financés par le CEP via son appel à projet « Nouveaux actifs » le montrent : les catégories traditionnelles qui distinguent installations dans le cadre familial ou hors cadre familial, ou de jeunes issus du milieu agricole (IMA) ou non (NIMA), ne suffisent plus à décrire la diversité des projets et des parcours.

Ainsi, le projet AgriNovo, qui a enquêté sur les cotisants non salariés à la MSA en France (plus de 29 000 exploitants et exploitantes), donne un aperçu statistique inédit de la diversité des parcours d’installation à l’échelle nationale, basé sur 4 000 réponses. L’analyse identifie 5 parcours-types. Parmi eux, 34 % sont des « héritiers bien préparés », avec au moins un parent agriculteur et une majorité de reprises d’exploitations (85 %). Leur projet d’installation atteste d’une vocation pour ce métier et d’un parcours riche mêlant formation, expériences formelles et informelles. À l’inverse, 22 % sont des « héritiers sans vocation » dont 71 % sont enfants d’agriculteurs et 92 % ont exercé un autre métier avant de s’installer en agriculture. Les installés issus de « classes populaires hors cadre » (16 %) ont un ancrage plus rural qu’agricole, cependant deux tiers d’entre eux sont dotés d’une formation initiale en agriculture. Un quart reprennent une exploitation qui n’est pas celle de leurs parents mais d’un membre de leur famille. Les « reconvertis des classes moyennes » regroupent 20 % des répondants. La plupart ont eu au moins deux métiers avant de s’installer en agriculture, et créent une exploitation nouvelle. Les « reconvertis et issus des classes supérieures urbaines » représentent enfin 8 % des répondants. La plupart d’entre eux ont été cadres ou ont exercé une profession intellectuelle supérieure avant de s’installer. 

Le projet Agridinamo a, pour sa part, étudié comment se réalignent « projets, profils et structures » lors de l’entrée dans le métier afin de qualifier la diversité des nouveaux installés (depuis moins de 6 ans). Combinant une analyse des données du recensement agricole de 2020 avec une enquête qualitative (66 entretiens réalisés auprès d’installés récents en Occitanie), il montre que le profil type du nouvel installé n’existe plus. Les processus d’installations s’étendent sur plusieurs années au cours desquelles plusieurs recompositions s’opèrent, notamment à l’échelle des structures d’exploitations qui font l’objet de compromis et de décalage entre les cédants et les repreneurs. Autre résultat marquant, l’enquête révèle que 20 % des personnes interrogées NIMA ont eu un accès à la terre grâce à des membres de leur famille. À l’inverse, 20 % des IMA n’ont pas eu d’accès privilégié à la terre et se sont installés hors cadre familial. Il est également observé que certains enfants d’agriculteurs s’installent hors cadre familial quand ils portent un projet radicalement différent, alors que d’autres s’installent dans un cadre familial tout en restructurant profondément l’organisation et le modèle productif de l’exploitation. Enfin, des installations de NIMA suivent des trajectoires très similaires à celle des « héritiers bien préparés », notamment pour ceux qui ont suivi un cursus de formation initiale dans l’enseignement agricole.

Quelles sont les difficultés à l’installation ?

Les difficultés rencontrées et mises en lumière par les 5 projets de recherche sont de plusieurs ordres :

  • l’accès au foncier est la principale difficulté, y compris pour les « héritiers » et pour les installations sur de petites surfaces ;
  • le non-alignement entre les projets d’installation et les exploitations cédées, qui tient au manque de sensibilisation des cédants et cédantes, aux freins psycho-sociaux à la transmission et aux difficultés de la mise en relation entre cédants, cédantes et repreneurs, repreneuses ;
  • les difficultés d’accès à la formation, au partage d’expérience et à l’incubation de projets ;
  • le manque d’accompagnement pour bien dimensionner son projet ;
  • enfin, le manque d’attractivité du secteur agricole peut être un frein, il faut alors veiller à l’équilibre entre temps de travail, qualité de vie et revenu.

Ces difficultés sont plus grandes dans les parcours en reconversion et les installations hors cadre familial, comme le montre la thèse de Pauline Ibgui. On note par ailleurs que les femmes ont plus de mal à se faire une place et à être reconnues.

Quelles sont les nouvelles dynamiques ?

Ces résultats de recherche montrent que la reproduction d’une exploitation agricole héritée ou reprise n’est donc plus la norme dominante. Les formes de transmission, installation, création d’entreprises se diversifient, laissant la place à des formes atypiques d’exploitation et de portage foncier. Les formes sociétaires deviennent plus fréquentes, souvent associées à un processus de concentration des moyens de production. Cette tendance à la concentration est également associée à la progression du salariat agricole et au recours à l’externalisation des travaux. Cependant, on observe aussi un développement des projets d’installation qui s’inscrivent dans une autre logique, comme  les projets relevant de l’agroécologie, une agriculture de petites fermes, peu mécanisée, voire de nouveaux modèles d’entrepreneuriat agricole. 

Le projet RenouvAgri peut nous aider à visualiser cette tendance à la diversification des projets d’installation. Ciblé sur des installations dans le cadre de projets alternatifs, il décrit les trajectoires de 44 agriculteurs et agricultrices NIMA installés dans le Morvan. Les interviewés sont principalement issus de classes moyennes et supérieures, en reconversion vers l’agriculture après avoir exercé une autre activité professionnelle. En majorité, ils pratiquent l’agriculture biologique, ainsi que des activités de transformation fermière et de commercialisation en circuit court. Ceux dont le parcours est le fruit d’une mobilité sociale ascendante ou horizontale envisagent de poursuivre jusqu’à la retraite et de transmettre à leurs héritiers. À l’inverse, ceux pour qui la mobilité est descendante (et accompagnée d’un revenu plus faible) n’excluent pas une nouvelle reconversion si les conditions d’exercice de leur métier continuent à se dégrader.

Quels que soient les profils, le dimensionnement technico-économique de l’exploitation (incluant le recours au salariat) et les débouchés commerciaux sont des éléments clés pour réussir une installation. Sur ces points comme sur tous les enjeux de l’installation-transmission, l’accompagnement est essentiel, en particulier pour les personnes porteuses de projets alternatifs, agroécologiques et/ou en circuits courts, ou sur des productions marginales dans leur territoire et/ou de niche, car elles doivent conjuguer un projet productif avec une stratégie de commercialisation ou d’offre de services (source : thèse de Pauline Ibgui). 

Sources : dossier Ressources ; travaux de thèse de Cécile Gazo, INP-Ensat UMR Agir ; 5 projets qui ont publié leurs résultats en juin 2025 en réponse à un appel à projets sur les nouveaux actifs agricoles lancé en 2023 par le ministère en charge de l’agriculture ; thèse de Pauline Ibgui (INRAE, UMR Territoires).

 

Les associations et réseaux d’accompagnement à l’installation-transmission « alternatifs »

Qui et quelle place ?

Les associations et réseaux d’accompagnement à l’installation-transmission, complémentaires des chambres d’agriculture dépositaires de la mission de service public en matière de soutien à l’installation, estiment venir en appui à 30 à 50 % des porteurs de projets, parfois au sein du dispositif national d’aide à l’installation, parfois en dehors, permettant ainsi à des projets très divers d’être accompagnés. La plupart sont fédérés dans le réseau Inpact et parmi eux certains sont aussi reconnus comme organismes nationaux à vocation agricole et rurale (ONVAR) par le ministère en charge de l’agriculture et de l’alimentation.  

Comment agissent-ils ?

Ces associations et réseaux proposent des formes diversifiées d’accompagnement, individuel ou collectif, dès l’émergence du projet, et tout au long – sur les plans humain, technique, juridique, organisationnel, économique…, incluant des formations et du tutorat. Certaines de leurs actions ciblent les cédants et cédantes. D’autres facilitent l’accès au foncier.

Quelques exemples :

Foncier : Terre de liens, la plateforme Objectif Terres et la plateforme Récolte

Terre de Liens agit en faveur de l’accès au foncier. Sa plateforme numérique nationale, Objectif Terres, regroupe les annonces foncières, capitalise les expériences des collectivités et facilite la mise en relation entre porteurs et porteuses de projets et cédants ou cédantes, ou propriétaires de terres. Ce site propose des offres foncières, mais aussi des offres d’association, de test agricole ou d’expérience professionnelle. En complément, les associations territoriales de Terre de liens accompagnent les porteurs de projet agricole dans la recherche et l’accès au foncier. En outre, la fédération nationale de Terre de liens a collaboré avec INRAE pour mettre au point une plateforme web pour favoriser le partage d’expériences, autour d’une centaine d’initiatives locales réussies impliquant des collectivités territoriales pour préserver les terres agricoles et soutenir l’installation (Récolte).

Porteurs de projet :

 Accompagnement à l’émergence d’un projet

« L’émergence d’un projet inclut des phases et besoins d’accompagnement très variés. Or, c’est le propre des associations de proposer non pas une formule, mais plusieurs – ou des formules adaptables –, pour répondre à la diversité des besoins, des contraintes des porteurs et porteuses de projet mais aussi aux spécificités territoriales », détaille Salomé Le Bourligu (SOL).

Ainsi, l’éventail des formations proposées pour l’émergence de projet, va de l’immersion (Formations Idée au projet proposés par les ADEAR, groupes CIVAM et GAB ou Paysan.ne demain développé par Abiosol en Île-de-France pour découvrir la réalité du métier) ; au compagnonnage paysan (par SOL en Midi-Pyrénées notamment) pour avancer dans la structuration de son projet via des stages de 2 mois… jusqu’aux parcours certifiants : Stage paysan créatif notamment proposés par les CIAP pour structurer son projet pendant 1 an (certifiant pour Entreprendre en Agriculture paysanne) ; Parcours éco-paysan qui permet d’acquérir la capacité agricole en PACA. Ces acteurs proposent aussi des formations courtes comme « Chiffrer son projet » (certifiante, FADEAR) et du test d’activité agricole pour les personnes plus avancées dans leur parcours, à travers différentes formules au sein d’espaces-test agricoles (voir réseau RENETA)… 

Tout au long du parcours

La période post-installation est également couverte, par exemple avec le parcours « Maîtrise des pratiques en agriculture biologique » développé par le réseau des GAB (FNAB).

La plate-forme Passerelles paysannes donne à voir la diversité des acteurs et dispositifs d’accompagnement proposés sur les territoires aux différents porteurs et porteuses de projet pour faciliter leur orientation et leur parcours : cartographie des acteurs, dispositifs de formation et d’accompagnement et acteurs à chaque étape, démarches à réaliser, guides sur certains aspects spécifiques des parcours, témoignages, ressources clés. Lancée en 2022, cette plateforme répond à un enjeu majeur : rendre visible et lisible l’ensemble des organisations alternatives impliquées sur le sujet de l’installation-transmission, dans un contexte où les initiatives portées par d’autres structures se multiplient. 

Cédants : L’accompagnement à la transmission-restructuration

Plusieurs réseaux associatifs, comme le réseau CIVAM ou la FADEAR, ont été pionniers dans le développement de dispositifs d’accompagnement à la transmission à travers la sensibilisation des cédants et cédantes, le travail sur les freins psycho-sociaux à la transmission, l’accompagnement à la définition du projet de transmission, la mise en relation entre personnes cédantes et repreneurs ou repreneuses. Depuis plusieurs années, des modalités d’accompagnement à la restructuration des exploitations à transmettre, pour faciliter la reprise des exploitations par les nouvelles générations, se formalisent également.

À partir de 2027, France Services Agriculture devrait intégrer un volet « accompagnement à la transmission et à l’émergence de projets » plus structuré et ambitieux que ce qui est proposé aujourd’hui dans le cadre du programme d’Accompagnement à l’installation transmission en agriculture (AITA) au national.

Les disparités régionales du dispositif national

La thèse de Pauline Ibgui pointe des disparités régionales dans les aides à l’installation en lien avec leur structuration et leur financement.

En effet, le dispositif national actuel se compose d’un programme d’Accompagnement à l’installation transmission en agriculture (AITA, qui cible aussi bien les porteurs de projet que les cédants) abondé par l’Etat mais avec des enveloppes différentes selon les Régions. Il est complété par des volets optionnels, que chaque Région peut choisir de réaliser et de financer ou non. Il est possible que la mise en œuvre de France Services Agriculture ne remette pas en question ces disparités. 

Ces disparités sont renforcées par le fait que les structures chargées de la mise en œuvre des dispositifs obligatoires ou incluant des prestations de conseil et de diagnostic doivent être labellisées par les services déconcentrés de l’État. Or dans certaines Régions, seules les Chambres d’agriculture sont labellisées et les porteurs de projets n’ont, de ce fait, pas accès à l’accompagnement des ONVAR à travers les parcours soutenus par l’aide publique. En effet, la loi d’avenir agricole de mars 2025 en phase de test actuellement (depuis le 1er janvier 2026) prévoit surtout une réorganisation entre les acteurs de l’accompagnement.

Malgré tout, certains ONVAR dans certaines régions parviennent à faire financer des dispositifs hors de ces financements publics, comme par exemple des formations à l’émergence de projet ou à la recherche foncière. Certaines coopératives agricoles, également ONVAR au titre de leur réseau national de la Coopération agricole, proposent de leur côté des dispositifs d’accompagnements aux personnes s’installant en tant qu’associés-coopérateurs.

L’installation, l’affaire de tous

L’installation n’est plus seulement l’affaire du monde agricole

Un fait majeur est la diversification ces dernières années des acteurs de l’installation-transmission dans les territoires (source : thèse de Cécile Gazo). Les transitions alimentaires, écologiques, énergétiques remettent en lumière le rôle clé de l’agriculture dans les territoires… Biodiversité, paysages, développement de circuits courts, ateliers de transformation, production d’énergie : « L’installation n’est désormais plus seulement l’affaire du monde agricole », pointe Cécile Gazo. Aussi, beaucoup d’initiatives se développent en dehors des politiques nationales et régionales. Elles sont portées par les collectivités territoriales (autres que les Régions), les filières de production, les espaces-test agricoles, les associations spécialisées dans l’ingénierie financière et l’appui à la création d’entreprises, les entreprises proches du monde des start-up. On y trouve aussi les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les agences de l’eau, les associations en faveur de la protection de l’environnement, les parcs naturels régionaux... « La multiplicité et l’hétérogénéité des sources de financement mobilisées par les initiatives volontaires les plus innovantes, ainsi que l’attractivité des modèles qu’elles proposent, associés à une communication bien rodée, contribuent à affaiblir le poids des acteurs officiels et traditionnels » analyse la chercheuse.

Interconnecter les politiques

Ces transformations se produisent à long terme et nécessitent souvent des compromis à court terme. Le projet Agridinamo observe que les nouvelles formes d’organisation sont plus flexibles mais peuvent renforcer les inégalités entre territoires générées par les différences d’accès à l’emploi salarié, d’organisation du travail au sein des territoires ruraux, d’accès à l’ensemble des autres ressources (financières, formation, foncier…) qui sont nécessaires à une installation durable. D’où l’importance d’interconnecter d’autres politiques : industrie, logement, transport, garde d’enfants.

Collectivités et élus : la plateforme Récolte et les outils associés

La plateforme RECOLTE vise à aider les collectivités à agir en faveur de la préservation des terres agricoles et de l’installation d’agriculteurs. En complément de la plateforme, des actions favorisent le partage d’expériences et la sensibilisation des élus. Par exemple, en 2024, des webinaires sur le rôle des collectivités dans la transmission des fermes, avec un kit d’information et le recensement de plus de 100 initiatives foncières impliquant des collectivités. En 2025, une conférence organisée par Terre de liens à l’occasion du Salon des maires a permis de partager des expériences d’élus ainsi qu’une analyse transversale des initiatives foncières documentés sur Récolte réalisée par Coline Perrin et Christine Léger-Bosch (INRAE). Cette analyse identifie 5 leviers d’action à portée des communes et collectivités locales : le portage foncier, le soutien à l’installation et la transmission par des dispositifs régionaux (observatoires fonciers, conventions d’intervention avec la Safer, espace-test/pépinière pour de futures activités), la remobilisation de friches agricoles privées, la préservation des paysages par l’acquisition publique du foncier, ou encore la sanctuarisation de terres agricoles à travers des zonages d’urbanisme spécifiques. La plupart des initiatives foncières réussies sont menées avec l’appui d’acteurs agricoles, qu’ils soient conventionnels ou alternatifs. La note d’orientation politique rédigée à cette occasion pointe que les initiatives foncières agricoles prennent plusieurs années, ce qui nécessite d’ajuster les temporalités de l’action publique, de l’urbanisme et de l’installation agricole. Planifier les objectifs à court et long terme est donc indispensable pour ne pas perdre la dynamique de l’action collective.

Conclusion 

Soutenir la diversité des modèles agricoles est primordial pour répondre aux objectifs multiples des porteurs de projet. Ce dossier montre que la diversité des acteurs engagés dans l’accompagnement accroit la capacité à s’adapter à la diversité de projets et besoins d’un monde agricole de plus en plus divers, qui aspire à des formes d’engagements professionnels extrêmement variées, dans leurs aspirations, leurs projets, et in fine dans les modèles promus par les porteurs de projets. La coopération entre recherche et acteurs de l’accompagnement est essentielle pour saisir les évolutions fortes comme les signaux faibles, et ce afin de développer des connaissances et des expériences qui aident à mieux accompagner le renouvellement des générations d’agricultrices et d’agriculteurs. 

 

Nicole Ladet

Rédactrice

Le département

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