Les vaches capables de détecter et de mémoriser les émotions humaines ?

Colère, joie, voix menaçante ou sourire chaleureux : les vaches semblent capables de distinguer les différentes émotions humaines et d’adapter ensuite leur comportement en fonction de ce qu’elles ont perçu. C’est un résultat qui donne un autre éclairage sur les relations entre humains et animaux d’élevage.

Publié le 30 juin 2026

© INRAE

L'humain est quotidiennement présent dans l'environnement des animaux d’élevage et la manière dont il est perçu peut avoir un impact sur leur bien-être et sur la production. Chez les chiens ou les chevaux, plusieurs études avaient déjà montré une sensibilité aux émotions humaines. Mais qu’en est-il des  vaches ?

Une équipe de chercheurs de l’UMR PRC a tenté de déterminer si les vaches étaient capables de discriminer les différentes émotions humaines et si cela avait un impact sur leur comportement.
Pour cela, trente-neuf vaches ont visionné deux vidéos de 30 secondes chacune : l'une montrant une expérimentatrice exprimant la joie et l'autre exprimant la colère à travers des expressions faciales et vocales. Ensuite, les deux expérimentatrices se sont présentées simultanément face aux vaches, cette fois avec un visage neutre, l’objet du test étant d’observer vers laquelle l’animal choisissait spontanément de se tourner et de rester.

Dispositif expérimental

Pendant la projection des vidéos, les vaches ont regardé plus longtemps la vidéo présentant l'expérimentatrice en colère et ont montré une préférence pour la regarder avec l'œil gauche. Or, l’œil gauche est principalement relié à l’hémisphère droit, souvent associé à la gestion des émotions négatives et de la vigilance. Elles ont également affiché davantage de comportements indiquant une perception négative, notamment des comportements d’évitement. Cela montre que les vaches sont elles aussi sensibles à nos émotions.
Lors du test de choix qui a suivi, les vaches ont passé plus de temps près de l'expérimentatrice qui avait précédemment exprimé la joie. Pourtant, au moment du test, les deux femmes restaient parfaitement neutres. Les animaux semblaient donc avoir retenu une “impression émotionnelle” associée à chacune d’elles.
Cette capacité évoque un mécanisme proche de celui que nous utilisons dans nos relations sociales. Après une interaction agréable ou hostile, nous adaptons inconsciemment notre attitude envers la personne concernée. Les vaches semblent capables d’un processus comparable, au moins sous une forme simple. Les chercheurs y voient un indice important d’identification de compétences sociales chez les bovins. 

Ces résultats invitent à considérer les vaches comme des individus capables d’interpréter nos émotions, de les mémoriser et d’agir en conséquence. Cette agentivité est un élément central du bien-être animal. 
Mieux connaître les capacités cognitives et émotionnelles des animaux est l’un des leviers les plus puissants pour améliorer leur bien-être. Si les normes en élevage concernent les pratiques, c’est la compréhension fine de ce que les animaux perçoivent, ressentent et choisissent qui permet de les faire réellement évoluer.

Cette étude rappelle que la communication entre humains et animaux est probablement plus riche et plus subtile qu’on ne l’imagine souvent. Derrière le regard placide d’une vache se cache peut-être un véritable scanner de nos émotions.

Références : Amichaud, O.; Lemarchand, J. ; Cornilleau F., H. B. Ferreira, V. ; Calandreau L. & Lansade L., 2026, Cows react to human emotions displayed in videos and use this information to guide subsequent interaction choices. Scientific Reports,.  https://doi.org/10.1038/s41598-026-51623-7 

Sylvie André

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Léa Lansade

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