Quand l’intelligence artificielle décrypte les récepteurs olfactifs des insectes

Comment les insectes perçoivent-ils et interprètent-ils les odeurs qui leur permettent de survivre ? Une étude récente menée par des chercheurs d'INRAE décrypte, à l’échelle moléculaire, le fonctionnement des récepteurs olfactifs. Ce travail, en associant des données de biologie structurale issues de la bibliographie et de l’intelligence artificielle, apporte un regard nouveau sur la détection des signaux chimiques et ouvre des pistes prometteuses pour mieux comprendre les comportements des insectes.

Publié le 09 février 2026

© INRAE, Bertrand Nicolas

Les insectes s’appuient sur leur système olfactif pour reconnaître une plante, un partenaire ou un danger grâce aux odeurs, des mécanismes que décrypte une étude coordonnée par des chercheurs de l’unité iEES Paris.

Au centre de ces travaux, les récepteurs olfactifs, des protéines spécialisées qui détectent les molécules odorantes de l’environnement et jouent un rôle clé dans des comportements essentiels comme la recherche de nourriture, le choix des plantes hôtes ou la reproduction.

Grâce aux progrès récents de la biologie structurale et à l’intelligence artificielle, les scientifiques ont pu modéliser la structure tridimensionnelle de nombreux récepteurs. Cette approche permet de localiser précisément, au sein de ces structures 3D, les acides aminés et régions identifiés expérimentalement comme essentiels à la détection des odeurs, et de mieux comprendre comment leur organisation influence le fonctionnement des récepteurs. Les chercheurs ont ainsi mis en évidence des « zones clés » impliquées dans la reconnaissance des signaux chimiques.

Ces résultats, publiés dans la revue Biological Reviews, montrent que de faibles modifications génétiques dans ces régions peuvent entraîner des changements importants dans la réception des odorants, contribuant à la spécialisation écologique des insectes. Ces avancées renforcent la compréhension des comportements des insectes et ouvrent des perspectives en écologie chimique, en neurobiologie et pour le développement de méthodes de biocontrôle plus ciblées et respectueuses de l’environnement.

Référence : Li, Z., Baruah, A., Bhamidipati, S., Montagné, N., Jacquin-Joly, E. and Meslin, C. (2026), Molecular bases of insect odorant receptor function: specificity and evolution. Biol Rev. https://doi.org/10.1002/brv.70114

Arnaud RIDEL

Rédacteur

Département Santé des Plantes et Environnement

Contacts

Emmanuelle Jacquin-Joly

Chercheuse

Institut d'écologie et des sciences de l'environnement de Paris (IEES Paris)

Camille Meslin-Auclair

Chercheuse

Institut d'écologie et des sciences de l'environnement de Paris (IEES Paris)

Le centre

Le département

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