Alimentation, santé globale 2 min

L’étude sans fin des mycotoxines

Les mycotoxines sont des toxines produites par des champignons tels que les moisissures et peuvent avoir de graves conséquences sur la santé des animaux ou des Hommes qui les consomment. Plus de 1000 sortes ont été identifiées et les chercheurs d'INRAE ont montré que la toxicité cumulée de plusieurs mycotoxines, est supérieure à la somme des toxicités de chacune d’elles. Eviter les contamination est donc un enjeu important pour notre santé.

Publié le 30 juin 2020

illustration L’étude sans fin des mycotoxines
© INRAE, Chantal NICOLAS

Les mycotoxines affectent plus de 70% de la production agricole mondiale

Les mycotoxines sont des métabolites produits par des moisissures qui peuvent provoquer de graves dommages chez l’Homme et l’animal qui les consomment. Si on les trouve en particulier dans les céréales, elles sont également présentes dans d’autres aliments, tels que certains fruits secs et séchés. Et leur présence n’a rien d’anecdotique, puisqu’elles affecteraient plus de 70% de la production agricole mondiale ! De plus, les aliments contaminés en contiennent souvent un mélange. D’abord parce qu’un champignon peut produire plusieurs mycotoxines différentes en même temps. Ensuite parce qu’un aliment peut être contaminé par plusieurs champignons. Enfin parce que chacune des matières premières utilisées dans notre alimentation peut en héberger. Or, ces mélanges peuvent avoir trois effets distincts : additif, antagoniste ou synergique. Dans ce dernier cas, cela signifie que la toxicité cumulée de plusieurs mycotoxines, est supérieure à la somme de chacune d’elles. C’est ce qu’ont montré les chercheurs d’INRAE, et cet effet était d’autant plus important que les concentrations étaient faibles. En clair 1+1 = 3, 5, ou 9, et non pas 2 comme c’est le cas pour un effet additif !

Les intestins, une cible des mycotoxines

On ne connait pas encore toutes les conséquences de tels mélanges pour la santé humaine ou animale, mais des expériences menées in vitro montrent que l’intestin est une cible pour les mycotoxines. Elles altèrent notamment la fonction de barrière intestinale pour se diffuser dans l’organisme, suivies évidemment par d’autres contaminants/micro-organismes. Des tests in vivo devront confirmer cette alarmante constatation. Plus de 1000 mycotoxines ont été identifiées, dont une trentaine jugées dangereuses, mais l’on en découvre régulièrement de nouvelles. Les scientifiques étudient ces toxines dites « émergentes» et s’efforcent de mesurer leur toxicité propre, et leur niveau de toxicité lorsqu’elles sont mélangées à d’autres. L’objectif étant d’identifier les plus dangereuses, qui viendront s’ajouter à la liste de celles dont la présence est systématiquement recherchée par les organismes de contrôle. Mais les mycotoxines sont thermostables, ce qui signifie qu’elles résistent à des températures élevées, et subsistent même lorsque la moisissure est éliminée. Pour cette raison, la prévention reste la meilleure arme, et consiste à adapter les pratiques agronomiques au tout début de la chaîne de production de manière à éviter ou limiter au maximum la contamination.


Voir la rubrique "One Health, une seule santé"

Philippe FontaineRédacteur

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