Bioéconomie Temps de lecture 2 min
Explorer la diversité des plantes oléagineuses face au changement climatique
Alors que les cultures traditionnelles peinent à s’adapter à la sécheresse ou aux températures extrêmes, des plantes oléagineuses issues de climats arides ou tropicaux, offrent une grande variété d’acides gras tout en étant capables de résister. En explorant cette diversité, des scientifiques du Laboratoire de chimie agro-industrielle (LCA – Toulouse INP/Université de Toulouse/INRAE) ouvrent la voie à des cultures plus résilientes, permettant des revenus supplémentaires pour les communautés locales et une réduction de la pression sur les sols.
Publié le 17 septembre 2026
Des corps gras qui s’adaptent aux climats difficiles
Un facteur clé de la résilience des plantes adaptées aux conditions climatiques tropicales ou extrêmes est la présence de corps lipidiques, des organites de stockage des triglycérides. Grâce à leur structure unique, leur composition et leurs propriétés physico-chimiques, ils peuvent jouer leur rôle de stockage et de protection des lipides ainsi que d’autres composés à haute valeur ajoutée, comme les tocophérols et phytostérols, dans leur environnement. Ainsi, des espèces comme la chia possèdent des corps lipidiques riches en oméga‑3 et en antioxydants, capables de soutenir la santé humaine tout en étant plus stables que les huiles classiques.
Un vaste champ de recherche s'est donc ouvert sur les graines oléagineuses dans les climats non tempérés, portant sur leur caractérisation physico-chimique et leur lien avec les génotypes et les conditions de culture. Des scientifiques du laboratoire de chimie agro-industrielle (LCA) ont montré que l'étude approfondie des propriétés des corps lipidiques chez les plantes des pays en développement, présentant une grande variété de compositions en acides gras, offre non seulement des opportunités économiques, mais s'inscrit également dans le cadre de pratiques durables et respectueuses de l'environnement.
L’agroforesterie comme moteur de durabilité
Planter ces arbres et arbustes à graines oléagineuses au sein de systèmes agroforestiers contribue à protéger le sol contre l’érosion, à offrir de l’ombre aux cultures voisines et à créer de nouvelles filières économiques pour les agriculteurs. Cette approche favorise la biodiversité, limite le recours aux engrais chimiques et génère des revenus durables, surtout dans les zones où les cultures traditionnelles peinent à s’établir.
Vers des chaînes d’approvisionnement résilientes
Pour transformer ces ressources locales en produits accessibles à tous, il faut d’abord bien comprendre la composition des huiles et leur comportement lors de la transformation. Des études montrent que les lipides naturels, lorsqu’ils sont conservés dans leurs compartiments d’origine, nécessitent moins de raffinage et sont donc moins énergivores. En intégrant ces graines dans des filières courtes, cela permet de réduire les coûts logistiques, diminuer l’empreinte carbone et créer des emplois locaux, tout en apportant des aliments plus sains aux populations.
En résumé, la diversité des plantes oléagineuses issues de climats non tempérées représente une vraie opportunité : elle combine résilience climatique, bénéfices nutritionnels et soutien aux économies rurales. Leur culture pourrait ainsi renforcer la sécurité alimentaire mondiale tout en respectant la planète.
Référence :
Nathalie Barouh, Eric Lacroux, Romain Valentin, Claire Bourlieu-Lacanal, Jean-François Fabre, Exploring diversity of oleaginous plants to find potential new sources of oil bodies adapted to climate change, Journal of Agriculture and Food Research, Volume 22, 2025, 102013, ISSN 2666-1543,