Nos recherches

Les orientations scientifiques des unités du Centre sont débattues et décidées avec les chefs de département concernés.
Les nouveaux Identifiants sont au nombre de deux :
A – Gestion des ressources génétiques, des systèmes de production et des formes d’organisation des acteurs pour une différenciation territoriale des aliments d’origine animale et végétale.
B – Gestion territoriale de la santé des animaux et des plantes dans une perspective One-Health et Eco-Health.
Sur chacun de ces identifiants, la Corse est un lieu où la recherche agronomique (INRAE – CIRAD) se rend capable de conjoindre : une démarche participative où les acteurs de proximité prennent leur place dans des dispositifs innovants, une pertinence territoriale où les objets de recherche, et les questionnements qui leur sont associés, sont construits en cohérence avec les grands enjeux du territoire, une excellence académique où la stratégie de production de connaissance mise en œuvre vise à combiner des connaissances diverses qui dépassent le cadre de la région Corse pour intéresser en particulier la Méditerranée, mais aussi des apports globaux à la science agronomique.

Le dispositif de recherche et son organisation

Le Centre de Corse comprend actuellement 39 agents titulaires INRAE et 4 agents permanents CIRAD, soit 43 agents répartis dans 4 unités depuis le 1er janvier 2014 :

  • UR 0045 - LRDE - Corte, avec 10 agents du Département Sciences pour le Département ACT, Action, transitions et territoires
  • UA 0773 - SDAR - San Giuliano, avec 11 agents
  • UR 1390 - AGAP Antenne Corse – San Giuliano, avec 5 agents du département Biologie et Amélioration des Plantes (BAP) et 4 agents du département BIOS du CIRAD
  • UE 1398 - Citrus – San Giuliano – héberge le CRB Citrus certifié norme NF S 96 900, et comprend 13 agents dont 13 agents du département BAP chef de file et 4 agents du département AGROECOSYSTEM : Agroécosystèmes.

Construire et valoriser la qualité dans les territoires

Véritable réservoir de la biodiversité des agrumes, le Centre de Ressources Biologiques CRB Citrus, certifié NFS 96-900 depuis août 2014 et géré par l’UE Citrus, avec l’appui de l’UR AGAP antenne Corse est la propriété conjointe de INRAE et du CIRAD. Il fait partie du patrimoine végétal corse et mondial. Sa sécurisation est vitale pour pérenniser la filière agrumes et les recherches de l’UR AGAP équipe SEAPAG et pour de nombreuses équipes internationales. Le CRB permet à l’UR AGAP d’approfondir et de poursuivre des recherches mondialement reconnues sur l’origine génétique des agrumes et leurs évolutions, la structure des espèces cultivées, la structure de la diversité phénotypique et ses déterminants et plus globalement sur la génétique et la génomique du genre Citrus.

Cette collection constitue le fondement d’une ambition scientifique majeure, portée par l’UR Agap antenne corse, et son projet de recherche : Innov’Agrumes un projet de sélection participative pour sélectionner de nouveaux agrumes par l’élaboration participative des idéotypes. La création de génotypes nouveaux s’appuie sur les travaux de décryptage des origines des agrumes, et sur les connaissances de biologie de la reproduction, des variations de ploïdie et sur la compréhension des bases génétiques de caractères d’intérêt (qualité, tolérance aux stress). Ces innovations variétales sont soumises aux évaluations des acteurs locaux, et testées à l’échelle du bassin (conditions pédoclimatiques et pratiques productives différentes). Cette qualification des nouvelles ressources par les acteurs permet à la recherche de stimuler un processus de territorialisation de la qualité. Il faut souligner la forte implication des unités de recherche du Centre dans la mise en œuvre de la certification donnant lieu à l’obtention d’un signe officiel de qualité : l’Indication Géographique Protégée « Clémentine de Corse » en février 2007, marquant ainsi le renouveau de la filière grâce à son succès commercial. Aujourd’hui, les recherches de l’UE Citrus portent sur la durabilité du système de production et les orientations agro-écologiques de la culture pour répondre au changement climatique dont l’impact est fort sur l’acidité des fruits, atout considérable de différenciation et un des critères majeurs de l’IGP, tant sur le plan organoleptique que pour la tenue des fruits en post-récolte. Ces travaux s’appuient sur des résultats conceptuels et méthodologiques obtenus sur les produits animaux par les recherches menées à Corte par le LRDE. En particulier, le concept de construction sociotechnique de la qualité, qui a contribué à ce que le Brocciu corse et la Charcuterie corse acquièrent leurs lettres de noblesse par la reconnaissance en AOP. Ces avancées ont éclairé le chemin des agrumiculteurs. Ces travaux du centre de Corse posent la question de l’ancrage territorial des activités autant que des aliments issus des activités agricoles.

La gouvernance territoriale du sanitaire

Par l’émergence accrue de nouveaux pathogènes liée à l’évolution du climat et à la multiplication des échanges, la Corse joue un rôle de sentinelle. Véritable point de passage des maladies remontant du Sud, l’ile se trouve aussi sur certaines voies de migration des oiseaux ou autres vecteurs. Elle devient alors un laboratoire propice à une gestion territoriale de la santé. Des crises sanitaires ont affecté les filières animales (fièvre catarrhale ovine) et végétales (Xylella …). Ces crises ont accentué les enjeux économiques et environnementaux de santé publique. Dès lors, le LRDE a développé des travaux de recherche en connectant la compréhension des dynamiques épidémiologiques des pathogènes avec les pratiques et les formes de gestion des compartiments biologiques en interaction. En analysant les patrons épidémiologiques et les dispositifs de gestion déjà déployés, la recherche explore avec les acteurs locaux ou la puissance publique de nouvelles formes d’organisation par des démarches participatives où les pathosystèmes deviennent des socio-pathosystèmes. Les avancées actuelles concernent certaines zoonoses : Trichinella britovi, Hépatite E et sont remobilisées dans le monde végétal sur Xylella fastidiosa.

Ainsi, la Corse peut participer à nourrir les concepts de One-Health et Eco-Health dans la mesure où le continuum entre l’environnement, la faune et la flore sauvages, les plantes et animaux domestiques et les hommes, est essentiel à penser pour affronter les nouveaux enjeux. La santé des animaux et des plantes devient un bien commun pour lequel les divers acteurs locaux doivent se coordonner. Ces travaux supposent un investissement par des départements de recherche concernés (Santé Animale et Santé des Plantes et Environnement) qui n’ont pas d’agents localement.

 

La recherche publique trouve ainsi en Corse une situation extrêmement favorable pour explorer les besoins de connaissance induits par ces bouleversements et rendus nécessaires par les nouvelles formes de gouvernance de la santé dans les territoires. Cette tendance lourde s’observe largement, mais son expression dans une situation insulaire comme la Corse revêt un intérêt particulier validé par les chercheurs spécialisés, en lien avec d’autres situations (Sardaigne, Espagne du Sud, Maghreb).

Sont présents sur le Centre : les départements AGROECOSYSTEM, BAP et ACT pour INRAE et BIOS pour le CIRAD. 

Possibles investissements des départements SPE et SA pour INRAE et ES pour le Cirad.

La Corse peut être un lieu où INRAE et le Cirad sont capables d’élaborer une stratégie commune. Les orientations du centre doivent pouvoir servir de cadre à une vision partagée entre ces deux instituts.