Alimentation, santé globale 5 min

5 idées reçues sur l’alimentation des seniors

A l’occasion de la première semaine nationale de la dénutrition, tordons le cou à quelques idées reçues sur l’alimentation des séniors.

Publié le 12 novembre 2020

illustration 5 idées reçues sur l’alimentation des seniors
© INRAE

1.    En vieillissant, nous avons besoin de moins manger

FAUX !

 Il ne faut surtout pas moins manger et il faut aussi manger différemment. Alors pas de régime restrictif et on n’oublie pas les protéines ! En vieillissant, notre corps devient moins efficace pour utiliser les nutriments que l’on ingère, et c’est le cas en particulier pour les protéines. Pour pallier à cette moindre efficacité, il est indispensable de maintenir la prise alimentaire et de manger des aliments riches en protéines. Quel est le risque si on mange moins de protéines ? Une perte progressive de la masse musculaire qui peut nuire à la mobilité, à la réponse aux infections et à l’indépendance des personnes âgées. Les chercheurs d’INRAE ont identifié quelques stratégies pour pallier à cette baisse d’efficacité des protéines alimentaires :  augmenter la quantité de protéines ingérées, concentrer la

Enrichir son alimentation en protéines

prise de protéines lors du repas de midi car cela optimise l’efficacité alimentaire pour la reconstruction du muscle, favoriser les aliments contenant des protéines rapidement digérées (protéines du lactosérum par exemple) ou se tourner vers des aliments enrichis en protéines. Sans oublier les micronutriments aussi  très importants lorsque l’on vieillit : vitamine E, vitamine D, les folates et la vitamine B12. Ces dernières vitamines ne sont retrouvées que dans les produits d’origine animale. 
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Voir aussi sur le site internet de l'Université Clermont-Auvergne, une étude qui montre que la cuisson de la viande a aussi son importance !

2.     Le plaisir de manger, ça compte pour bien s’alimenter à tous les âges

VRAI !

Le plaisir de manger, c’est à tout âge ! Et c’est un véritable moteur pour une prise alimentaire suffisante. Convivialité, goût, attractivité des aliments, il ne faut pas les négliger même avec l’âge.  D’ailleurs, c’est une autre idée reçue, en vieillissant, on ne perd pas forcément le goût des aliments. Plusieurs études menées par INRAE en maison de retraite ont permis d’identifier les leviers pour redonner l’appétit aux résidents : mettre des condiments au centre de la table, introduire de la variété dans l’assiette, servir les plats à table dans un décor familial. Les repas doivent rester des moments appréciés, et cela passe par le choix du contenu de l’assiette, la présentation, le goût et l’ambiance du repas. 
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3.    L’état de mes dents, ce n’est pas important

FAUX !

Une mauvaise santé bucco-dentaire fait partie des nombreux facteurs qui peuvent conduire les personnes âgées à ne pas manger assez pour couvrir leurs besoins nutritionnels. Une bonne hygiène dentaire est essentielle au maintien d’une bonne alimentation au cours du vieillissement. Elle permet de continuer à manger équilibré et diversifié (viande, poisson, fruits, légumes, œufs, produits laitiers…).  La diversité dans un même repas favorise en outre une meilleure utilisation des nutriments et une meilleure digestion.  Pour les personnes souffrant de troubles bucco-dentaires, il faut proposer des aliments adaptés : par exemple des aliments tendres et juteux. De nombreux progrès et travaux scientifiques sont nécessaires pour améliorer la texture des aliments, ou plus exactement les adapter aux éventuelles difficultés rencontrées par les personnes âgées (perte de dent, baisse du flux salivaire, troubles de la déglutition). 
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4.    Certains signaux sont précurseurs de la dénutrition, il est possible de les repérer…

VRAI !

Il ne s’agit pas de science-fiction : l’organisme humain produit des signaux, invisibles par la personne ou son entourage, qui permettent de prédire l’apparition et le développement de la fragilité, jusqu’à un an avant. La fragilité, c’est la manifestation clinique du déclin de fonctions physiologiques au cours du vieillissement. Elle expose les personnes âgées à plus de maladies et de mortalité. Elle est associée à un déséquilibre global incluant l’inflammation et la malnutrition. Une étude INRAE menée sur 5 pays dans le cadre d’un projet européen montre qu’il est possible de diagnostiquer, à l’aide d’un simple dosage sanguin, l’état de pré-fragilité chez la personne âgée. Et ceci, qu’elle soit établie ou non encore déclarée : jusqu’à un an avant son apparition. Pour prédire l’apparition et le développement de la fragilité au cours du temps, les chercheurs ont montré la pertinence de l’utilisation de signatures moléculaires qui combinent plusieurs marqueurs. Ces résultats ouvrent ainsi la porte à un diagnostic plus précoce des patients pour une prise en charge plus personnalisée et une meilleure prévention.
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5.    Bien se nourrir permet de prévenir des maladies chroniques liées à l’âge

VRAI !

Manger, ce n’est pas seulement ingérer des éléments nutritifs, c’est aussi un moyen de maintenir un bon état de santé et prévenir les maladies chroniques liées à l’âge telles que l’ostéoporose (réduction de la masse osseuse), la sarcopénie (diminution de la masse et de la qualité musculaire), les maladies cardio-vasculaires, le diabète ou la démence. Même si c’est la qualité globale du régime qui va impacter la santé, certains nutriments et aliments sont particulièrement importants pour la santé des personnes âgées : 

  • Les légumes et fruits frais apportent de la vitamine C, du fer, et dans une moindre mesure, du zinc, ainsi que les fameux polyphénols qui protègent des effets du vieillissement.
  • Les poissons gras et autres poissons, mollusques et crustacés qui apportent de la vitamine D, de l’iode, des acides gras polyinsaturés oméga 3, des protéines et dans une moindre mesure, du zinc.
  • Les produits céréaliers complets qui apportent du fer et du zinc.

Et bien sûr, pour les personnes âgées, il ne faut pas négliger l’activité physique qui permet de maintenir des apports énergétiques équivalents à ceux des adultes et donc la couverture de toutes les besoins nutritionnels… et ne pas oublier de boire suffisamment car la sensation de soif diminue avec l’âge. 

 

Grand âge et petit appétit 

La dénutrition, qui touche en France plus de 2 millions de personnes, est une maladie silencieuse qui menace la santé, l’autonomie et l’espérance de vie des personnes âgées. Chez la personne dénutrie, le risque de mortalité est ainsi multiplié par 4. Par ailleurs la dénutrition aggrave les maladies existantes (complications, convalescence plus longue, réhospitalisation) et conduit plus rapidement à une dépendance dans les gestes de la vie quotidienne.  Dans la prolongation des travaux menés au sein du projet RENESSENS , des chercheurs d’INRAE et du CHU de Dijon ont produit un guide d’information et de conseils pratiques à destination des personnes âgées et de leurs aidants familiaux et professionnels. Fruit d’un travail collectif mené depuis plusieurs années, ce guide  intitulé Grand âge et petit appétit sort à l’occasion de la première semaine nationale consacrée à la dénutrition. Lire la suite

RESSOURCES

> Ouvrage : Vivons plus vieux en bonne santé !

Quitte à avancer en âge, autant le faire dans les meilleures conditions ! Cet ouvrage donne un panorama de ce qu’il faut savoir pour traverser les années en bonne santé. Accepter les manifestations normales du vieillissement, choisir avec soin ses aliments et envisager de nouvelles façons de se nourrir, conserver une activité physique adaptée à son état de santé, booster son cerveau, faire taire la douleur et la dépression…
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> Des recommandations pour les professionnels
Dans le cadre du projet Optifel, coordonné par INRAE, les chercheurs ont formulé des recommandations à destination des professionnels de santé en lien avec les personnes âgées (maison de retraite, aides à domicile, hôpitaux, etc.). Ils ont édité un guide à télécharger ici  dans lequel sont explicitées des recommandations nutritionnelles, fonctionnelles (consistance des aliments) ainsi que des recommandations pour les types d’emballages à privilégier.
En savoir plus sur le site internet du projet Optifel

> Les recommandations du programme national nutrition santé
Le site internet mangerbouger.fr fournit de nombreuses resources pour améliorer son alimentation tout au long de la vie.

Claire Gaudout / Nicole Ladet / Sophie Palin / Elodie Regnier / Véronique CoxamRédactrices

Contacts

Dominique Dardevet, Claire Sulmont-RosséAlimentation et santé

Catherine Renard, Gilles FéronFormulation d’aliments adaptés

Séverine GojardSociologie de l’alimentation

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Alimentation, santé globale

Dites STOP à la sédentarité et à la malnutrition grâce à votre téléphone

La malnutrition et la sédentarité sont des facteurs de risque du surpoids, de maladies chroniques et de la détérioration du bien-être. Vous pouvez dorénavant (pour les personnes connectées) évaluer et suivre votre activité physique, votre alimentation et votre humeur grâce à trois applications smartphone mises au point par des chercheurs de l’unité de Nutrition Humaine du centre INRAE Auvergne-Rhône-Alpes.

30 décembre 2019