GRAMIN’ÉTÉ : les graminées fourragères estivales pour contribuer à l’adaptation des systèmes d’élevages de ruminants au changement climatique

COMMUNIQUE DE PRESSE REGIONAL - De plus en plus intenses et fréquents, les épisodes de sécheresse menacent les cultures de printemps (prairies, maïs fourrage) et fragilisent l’autonomie alimentaire de 200 000 élevages bovins, ovins et caprins en France.  Doté d’un budget de 757 000 € et soutenu par FranceAgriMer, GRAM’IN ÉTÉ vise à développer l’utilisation des graminées fourragères estivales sur le territoire national pour contribuer à l’adaptation des systèmes d’élevage de ruminants au changement climatique. Il se déroulera sur 6 régions et mobilisera 14 partenaires jusqu’en 2029. [Un projet CASDAR Connaissances coordonné par INRAE avec la labellisation de VEGEPOLYS VALLEY]

Publié le 11 mai 2026

© INRAE

Les graminées fourragères estivales, des plantes d’origine tropicales adaptées au changement climatique

GRAM’IN ÉTÉ vise à développer les connaissances des graminées fourragères estivales et leurs usages agronomiques sur deux volets : l’ensilage (sorgho monocoupe en remplacement du maïs ensilage) et le pâturage sur période estivale (teff gras, millet, moha, sorgho multicoupe). Ce projet à dimension nationale s'appuie sur les résultats de projets régionaux, dont CLIMATVEG qui a montré l’intérêt agronomique du sorgho monocoupe sur les territoires étudiés.

Les objectifs sont les suivants :

  • Acquérir des références agronomiques, de qualité de conservation (pour le sorgho monocoupe), de valeurs alimentaires et de valorisation par les ruminants pour les graminées fourragères estivales.
  • Bâtir des recommandations d’itinéraires techniques et de rationnement pour le sorgho monocoupe.
  • Bâtir des recommandations d’utilisation des graminées estivales pâturées (sorgho multicoupe, moha,millet, teff grass).
  • Mesurer l’incidence agronomique, économique et environnementale du remplacement de l’ensilage de maïs par l’ensilage de sorgho monocoupe dans différents systèmes.
  • Évaluer les impacts (travail, environnement, autonomie, etc.) de l’utilisation des graminées fourragères estivales pâturées dans différents systèmes.

Alimentation animale : les chiffres clefs

  • Le cheptel français est composé de 27 millions de ruminants (bovins, ovins, caprins) (source : Idele).
  • L'herbe (pâturée et conservée) et le maïs ensilage représentent l'essentiel de la ration des ruminants, de 60% à 80% en fonction des espèces et des systèmes d'élevage. Les autres fourrages, dont le sorgho, représentent une part encore marginale.
  • En 2022, les rendements du maïs fourrage étaient en forte baisse (rendement moyen national : 11 t MS/ha - source : Arvalis) ; en 2024, ils étaient plutôt bons à très bons grâce aux pluies régulières (rendement moyen national : 12,3 t MS/ha - source : Arvalis). Un révélateur de la vulnérabilité de ces cultures face à des conditions climatiques de plus en plus instables.

D'origine tropicale, les graminées fourragères estivales sont déjà cultivées et consommées par les ruminants en France. A l’instar du maïs, leur première molécule stable contient 4 atomes de carbone lors de la photosynthèse. Ce mécanisme leur confère une meilleure efficience d'usage de l'eau : pour une même quantité disponible, elles produisent davantage de biomasse que les plantes classiquement rencontrées dans les prairies des zones tempérées. Elles tolèrent également des températures plus élevées avant que leur photosynthèse ne soit inhibée, ce qui les rend mieux adaptées aux environnements chauds et arides. Par ailleurs, contrairement au maïs qui a besoin d’eau tout au long de son cycle, le sorgho est moins exigeant après sa levée, il tolère mieux les épisodes de sécheresse.

Malgré leurs atouts, l’adoption des graminées fourragères estivales reste limitée : elles sont considérées comme des cultures d’opportunités, avec de fortes variations des surfaces cultivées d'une année à l'autre, en fonction des phénomènes météorologiques. En France, on compte entre 50 et 100 000 hectares dédiés au sorgho (dont un tiers au sorgho fourrager), contre 1,3 millions pour le maïs ensilage cultivé pour l’alimentation animale. 

Un projet d’acquisition de références, du champ aux systèmes d’élevage

L’utilisation des graminées fourragères estivales est freinée par une méconnaissance des itinéraires techniques spécifiques (exemple : culture du sorgho calquée sur les pratiques du maïs, entraînant une conduite non-optimale), un manque de références sur leur valeur alimentaire pour les ruminants, ou encore l’absence d’outils d’évaluation adaptés.

Pour apporter aux agriculteurs et éleveurs des solutions concrètes éprouvées sur le terrain, le projet GRAM’IN ÉTÉ s’articule autour de deux phases : 

Les années 2026 et 2027 seront consacrées à l’acquisition de références agronomiques, de qualité de conservation, de valeurs alimentaires et de valorisation par les ruminants pour les graminées estivales.

  • 11 sites expérimentaux seront mobilisés sur 6 régions : 7 fermes expérimentales et 4 parcelles chez des agriculteurs. Des journées portes ouvertes y seront organisées en 2027.
  • Une enquête sera menée auprès d’une quarantaine d’éleveurs et agriculteurs pour collecter des retours d’expériences vis-à-vis de la culture et de l’utilisation des graminées fourragères estivales;

Les années 2028 et 2029 seront dédiées à la synthèse des résultats et à la diffusion des recommandations aux acteurs de la filière agricole.

  • Production de recommandations d'itinéraires techniques et de rationnement pour le sorgho monocoupe ;
  • Production de recommandations d’utilisation des graminées estivales pâturées (sorgho multicoupe, moha, millet, teff grass)

“Le projet est en phase de lancement : nous définissons les protocoles d’essais, sélectionnons les semences et finalisons le recrutement des agriculteurs. Les essais sur le terrain débuteront en mai, période idéale pour le semis des graminées fourragères estivales. Si des travaux ont déjà été réalisés sur ces cultures, c’est un projet inédit de par son envergure nationale. La réalisation des tests terrain dans six régions impactées à différentes échelles par le changement climatique permettra d’évaluer leur adaptabilité selon les spécificités territoriales (sols, pluviométrie, pratiques, etc.). Ces cultures pourraient devenir structurantes demain si elles sont bien maîtrisées : pour accélérer leur adoption, les résultats seront mis à disposition des éleveurs, conseillers, coopératives et instituts techniques, sous forme de recommandations pratiques, d’outils d’évaluation et de retours d’expérience.”

Gaëlle Maxin, Ingénieure de recherche au sein de l’Unité Mixte de Recherche sur les Herbivores de INRAE

Un projet national soutenu par le Ministère de l’Agriculture 

Le projet GRAM’IN ÉTÉ bénéficie d’un financement de 499 749 € dans le cadre du Fonds CASDAR (compte d’affectation spécial « Développement agricole et rural ») du Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté Alimentaire. Coordonné par INRAE , il sera déployé sur six régions : la Nouvelle-Aquitaine, les Pays de la Loire, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne Franche-Comté, la Bretagne et l’Occitanie.

 

Les partenaires du projet : 

  • Recherche : INRAE (UMR Herbivores / UE Herbipôle / UE Fourrages, Ruminants, Environnement / UE de Physiologie Animale de l'Orfrasière), VetAgro Sup (USC RD2GP - Rongeurs sauvages, risques sanitaires et gestion des populations) ;
  • Développement : ARVALIS (Institut du Végétal), CIIRBEEF - Centre d'innovation et de recherche sur la production de viande rouge issue du troupeau laitier- , IDELE - Institut de l’élevage, la Ferme expérimentale des Trinottières (Maine-et-Loire), la Ferme expérimentale des Bordes (Indre-et-Loire), la Ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou (Maine-et-Loire), l'EPLEFPA du Pradel - Olivier de Serres (Ardèche), la Chambre régionale d'agriculture Nouvelle-Aquitaine, la Chambre interdépartementale d'agriculture Charente-Maritime Deux-Sèvres, la Chambre départementale d’Agriculture de Saône-et-Loire, la Chambre départementale d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques ;
  • Autres : SEENOVIA - association de conseil en élevage (Pays de la Loire et Charente-Maritime).

“En tant que Pôle dédié au végétal, notre mission est d’accompagner les initiatives qui facilitent la transition des systèmes de production vers des modèles plus durables. GRAM’IN ÉTÉ est le parfait exemple de la nécessité de consolider les liens entre filières de production végétales et filières animales pour répondre à une problématique de terrain et relever le défi du changement climatique. Nous avons accompagné le montage du dossier, en amont de son dépôt à l'appel à projets CASDAR Connaissances, en attestant de sa valeur pour les communautés de VEGEPOLYS VALLEY et en formulant des recommandations pour renforcer ses chances de succès. Nous participerons également à la diffusion des résultats auprès de nos 675 adhérents.”

Isabelle Solanas, chargée de mission Innovation et coordinatrice de l’axe “Végétal pour l’alimentation humaine et animale” au sein de Végépolys Valley

SABRINA GASSER

Responsable Communication

Contacts

Gaëlle Maxin

Ingénieure de recherche

UMR Herbivores

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