Société et territoires 2 min

Trois jeunes pousses de la précision

Focus sur 3 start-up : Chouette, Hiphen et Smart Farmers

Publié le 16 décembre 2019

illustration Trois jeunes pousses de la précision
© INRAE

CHOUETTE

Cofondée par Charles Nespoulous et Cyril de Chassey en juin 2015, Chouette intervient auprès des viticulteurs et compte actuellement une centaine de clients. « Notre initiative a fait suite à une lecture d’article d’un agronome américain expliquant qu’il était possible de réduire de 50 % les intrants et traitements d’une culture tout en parvenant au même rendement », explique Charles Nespoulous. Dédiée à la surveillance des vignes par drones équipés de caméras Rouge-Vert-Bleu (RVB), la start-up est spécialisée dans l’analyse de l’indice foliaire et la détection du mildiou. « Le drone compte le nombre de taches de mildiou visibles sur une parcelle. Il suffit de déterminer une surface pour générer son plan de vol. Le client n’a plus qu’à cliquer sur une appli et l’appareil effectue son trajet. » Chouette finalise aujourd’hui des modules de détection des carences de la vigne, disponibles à partir de 2020, et travaille à des solutions de détection inter-rangs.

 

HIPHEN

Hiphen est née dans le giron de l’UMR EMMAH du centre INRAE (alors Inra) d'Avignon en octobre 2014, sous l’impulsion d’Alexis Comar, alors post-doctorant au sein de l’Unité. « Ce qui guide notre projet », explique-t-il, « c’est l’aide à la digitalisation du monde agricole par l’apport d’une brique technologique : la mesure des plantes par capteurs, quelle que soit la plante et quel que soit le capteur. » Sollicité par une trentaine de clients, Hiphen déploie tous types de supports pour l’imagerie des cultures, du drone au satellite en passant par le capteur connecté, accessible par téléphone portable. Pour son fondateur, précision doit d’abord rimer avec anticipation. « L’agriculture de précision s’est beaucoup focalisée sur le “où”, notamment dans la détection des niveaux d’azote et des maladies. L’autre question décisive est celle du “quand”, a fortiori dans un monde soumis au changement climatique. » Un effort parallèle doit, selon lui, porter sur la valorisation économique des technologies. « En amont, sur l’amélioration des produits proposés par les semenciers et en aval, dans l’optimisation de la logistique de l’agro-industrie. C’est ainsi que ces technologies viendront aux producteurs. »

 

SMART FARMERS

L’agriculture de précision n’est pas qu’affaire de technologies, mais aussi de données générées par ces dernières. Comment valoriser la donnée, favoriser sa diffusion et ainsi faire converger les intérêts de ceux qui la produisent et de ceux qui l’exploitent ? C’est tout l’enjeu relevé par Smart Farmers, à l’heure où la deuxième révolution Internet se joue avec l’émergence de la Blockchain dans l’échange de valeur digitalisée. « Une donnée en soi ne vaut rien », rappelle Emmanuel Aldeguer. Autrefois en poste à la Fédération nationale des coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma), le co-fondateur de la start-up y a puisé l’idée de développer des offres de service à destination des agro-fournisseurs à partir de saisies comptables d’échanges de matériel. « C’est grâce à l’échange de connaissances que s’optimiseront les tâches et la prise de décision, ce qui est l’un des objectifs de l’agriculture de précision. On se gargarise de “Big Data agricole” or comment existerait-il sans partage de données ? »

 

 

Lire le dossier en intégralité :

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Proxi et télédétections
Drone
L’œil numérique à l’affût des cultures
weedelec
WeedElec, à la pointe du désherbage
Drone suur parcelle de vigne
Les technologies ont changé notre métier
Satellite
Détection satellitaire : de la photo au film

Benoit HervieuRédacteur

Contacts

Thierry CaquetDirecteur Scientifique EnvironnementINRAE

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