Agroécologie 3 min

Trèfle et sainfoin, un bon régime pour les moutons

Associés aux graminées lors de la fabrication des ensilages, les tannins du sainfoin et la polyphénol oxydase du trèfle violet préservent les protéines végétales lors de la fermentation dans les ensilages puis dans le rumen des ovins. Les performances zootechniques et environnementales des troupeaux en sont améliorées.

Publié le 05 avril 2016

illustration Trèfle et sainfoin, un bon régime pour les moutons
© INRAE

L’utilisation d’ensilage de graminées permet de nourrir les animaux lorsque le pâturage ne peut plus satisfaire leurs besoins (en particulier en hiver). Cependant, la teneur en protéines des graminées reste limitante et la fermentation de la matière végétale conduit à la dégradation d’une partie des protéines par les microorganismes. Il devient alors nécessaire de compléter la ration avec d’autres protéines, qui sont bien souvent produites à l’extérieur de l’exploitation (protéagineux, tourteaux de soja, …).

Cultiver des légumineuses fourragères peut permettre de renforcer l’autonomie protéique des exploitations. Riches en protéines et ne nécessitant peu ou pas de fertilisation azotée, elles présentent de nombreux atouts zootechniques, économiques et environnementaux. Les travaux réalisés dernièrement par les équipes d'INRAE sur certaines de ces légumineuses viennent conforter l’intérêt de ces plantes pour l’alimentation animale.

Une meilleure préservation de l’ensemble des protéines végétales de la ration

Les chercheurs se sont intéressés plus particulièrement à l’apport de sainfoin et de trèfle violet dans l’alimentation des moutons. Ces deux plantes contiennent des métabolites secondaires qui peuvent améliorer les processus de fabrication de l’aliment (fermentation) et sa digestion par les animaux.

Sainfoin
Les tannins condensés contenus dans le sainfoin se fixent sur les protéines et les protègent de la dégradation lors du passage dans le rumen.

Trèfle violet
La polyphénol oxydase présente dans le trèfle violet catalyse l’oxydation des composés phénoliques en quinones, capables elles aussi de protéger les protéines.

Les chercheurs ont montré que ces deux légumineuses associées à une graminée (la fléole) permettent d’améliorer la préservation de l’intégrité des protéines des ensilages, grâce à la formation de complexes protéines–tannins pour le mélange fléole/sainfoin et protéines-quinones pour le mélange fléole/trèfle violet.

Une réduction des rejets de l’élevage

Cette amélioration de la biodisponibilité des protéines a conduit à deux nouvelles observations très intéressantes :

  • l’ensilage fléole/sainfoin permet de réduire de 17 à 24 % les émissions de méthane entérique des animaux.
  • l'ensilage fléole/trèfle violet améliore les performances de croissance des agneaux de 30% par rapport à la fléole seule, sans différence pour les émissions de méthane.

La présence simultanée des deux légumineuses dans l'ensilage de fléole a permis de maintenir les performances de croissance des animaux au niveau de la fléole seule, mais avec une réduction de l’effet bénéfique sur la production de méthane du fait de la dilution des quantités de tannins présents dans le sainfoin.

La teneur et le type de tannins sont des éléments clés dans le développement de l’utilisation du sainfoin. Les chercheurs travaillent aujourd’hui à identifier les facteurs qui influencent la production de ces métabolites secondaires, très variable et soumise aux conditions de stress de la plante. Une fois connus, ces facteurs permettront de produire du sainfoin avec des taux de tannins plus homogènes. La teneur certifiée en tannins, qui possèdent aussi des propriétés anthelminthiques (vermifuges), pourra alors constituer un argument de poids pour le développement d’une filière dédiée aux légumineuses bioactives.

Jacques Le Rouzic Rédacteur

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