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Première édition du Prix de la recherche participative

COMMUNIQUE DE PRESSE - A l’occasion de l’édition 2022 du Salon International de l’Agriculture, INRAE dévoile les lauréats de la première édition du Prix de la recherche participative dont le principe a été adopté dans la loi de programmation de la recherche. Il s’adresse cette année aux établissements de la communauté Agreenium [1], et la prochaine édition de ce prix sera élargie à l’ensemble de la communauté scientifique française. Cette initiative met en lumière des projets de recherche auxquels participent également des acteurs non scientifiques. Pour cette première année, Claire Giry, directrice générale de la recherche et de l'innovation au Ministère de la Recherche de l’Enseignement Supérieur et de l’Innovation, et Philippe Mauguin, Président-directeur général d’INRAE récompensent deux projets en phase avec les attentes de la société. Le prix « Crowdsourcing » est remis à CiTIQUE, un programme de recherche sur les tiques avec et pour les citoyens, porté par un collectif composé d’acteurs académiques et associatifs. Le prix « Participatif » est remis au programme « Des semences à l’assiette », qui depuis 20 ans porte des projets collaboratifs, depuis la sélection participative de variétés de céréales adaptées à l’Agriculture Biologique et à des systèmes de cultures innovants jusqu’au développement de filières collectives et tiers-lieux alimentaires valorisant la biodiversité.

Publié le 04 mars 2022

illustration Première édition du Prix de la recherche participative
© INRAE - Christophe Maitre

Au regard des enjeux environnementaux et sociétaux actuels, l’implication d’une grande diversité d’acteurs dans les programmes de recherches est essentielle. La recherche doit mieux prendre en compte les questions de la société, les réalités de terrain et les besoins de ces acteurs, afin de produire collectivement des résultats utiles, pour l’action comme pour la science. L’initiative du Prix de la recherche participative s’inscrit au cœur de la stratégie d’INRAE 2030 dont l’une des priorités est de placer la science, l’innovation et l’expertise au cœur des relations de l’Institut avec la société, pour renforcer l’impact de ses recherches.

C’est pour ces raisons qu’INRAE, en lien avec le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, lance en 2022 le Prix de la recherche participative. Ce Prix récompense uniquement des projets en cours ou terminés depuis moins de cinq ans, analysés par un panel de huit jurés issus des milieux académiques 2 et non académiques 3. Deux catégories sont mises à l’honneur : un prix « Crowdsourcing » et un prix « Participatif » :  

 

  • Les projets de « crowdsourcing », littéralement « approvisionnement par la foule », sont ceux pour lesquels la collecte et/ou l’interprétation de données sont réalisées par de nombreux amateurs grâce aux possibilités d’action données par des plateformes numériques. Dans de tels projets, la conception des objectifs, des questions et des protocoles de recherche peut être plus ou moins coproduite.
  • Les projets « participatifs » mobilisent des approches de coproduction de connaissances qui relèvent, par exemple, de la recherche-action participative ou de la recherche en interaction avec des groupes concernés. Ils sont souvent menés de manière collaborative ou collégiale avec scientifiques et citoyens définissant ensemble les objectifs, interprétant ensemble les résultats et partageant la responsabilité du projet, les prises de décisions, les coûts et les risques.

Le Replay de la cérémonie de remise des Prix sur le stand INRAE au SIA 2022 (vendredi 4 mars)

Les lauréats du Prix Crowdsourcing et du Prix Participatif

 

Équipe CiTIQUE lors de la remise du Prix de la recherche participative, catégorie "crowdsourcing"

Pour la catégorie « Crowdsourcing », c’est le programme CiTIQUE 4 qui est récompensé. Lancé en 2017, ce programme vise à faire travailler ensemble chercheurs et citoyens pour mieux connaître l’écologie des tiques et des maladies qu’elles transmettent. Il est basé entre autres sur la collecte de signalements de piqûres de tiques via une application smartphone et des stages de recherche en laboratoire ouvert au public. Le projet a permis de récolter plus de 70 000 signalements et 50 000 tiques conservées congelées dans une « tiquothèque », unique en France. Son intérêt a d’ailleurs été souligné lors d’un rapport parlementaire sur le Plan national Lyme en 2021 5, et sa dimension d’appui aux politiques publiques de santé est bien reconnue. Et ce projet porte déjà ses fruits, puisque des résultats capitaux ont été obtenus : 25 % des piqûres signalées ont lieu dans les jardins, et 4 % dans les maisons. Sans cette recherche participative, ces résultats seraient restés méconnus, et la connaissance du risque de piqûre au sein même du foyer n’existerait pas.

 

Équipe "Des semences à l'assiette" lors de la remise du Prix de la recherche participative, catégorie "participatif"

Le prix « Participatif » est quant à lui attribué au programme « Des semences à l’assiette », piloté par un collectif d’agronomes, sociologues et biochimistes d’INRAE, en collaboration avec de nombreux partenaires 6 depuis plus de 20 ans. Leurs objectifs ? Disposer de variétés de céréales adaptées à l’agriculture biologique, à des systèmes de culture écologiquement vertueux (agroforesteries, cultures associées, etc), et valorisables en circuit court dans des filières locales durables. Ici, la recherche participative se fait du champ à l’assiette, depuis les agriculteurs jusqu’aux associations de consommateurs. Aujourd’hui, l’aventure se poursuit ! Chercheurs et citoyens travaillent de concert par exemple sur le problème de l’hypersensibilité au Gluten avec le projet « Gluten : Mythe ou Réalité ? ». Mais ils explorent aussi des systèmes alimentaires territorialisés (projet « Activa-Blé »), et vont déployer de nouvelles collaborations à l’échelle européenne (projet « DivinFood » 2022-2027). Espèces orphelines, systèmes de culture alternatifs, procédés de transformation paysanne et artisanale et conditions d'un partage équitable de la valeur sont toujours au cœur des recherches afin de favoriser des régimes alimentaires plus sains et des systèmes alimentaires plus durables.

 

 

1 La communauté Agreenium comprend 9 établissements d’enseignement supérieur (AgroParisTech, Bordeaux Sciences Agro, Université de Lorraine - ENSAIA, Toulouse INP-ENSAT, ENSFEA, Université de Lorraine - ENSTIB, ENVT, Institut Agro (Dijon, Rennes-Angers, Montpellier) , Oniris, VetAgro Sup) et 2 organismes de recherche (INRAE et le Cirad)
2 Martine Bungener (ex CNRS), Mélodie Faury (Université de Strasbourg) – Co-Présidente, Romain Julliard (MNHN), Alain Kaufmann (Université de Lausanne)
3 Marion Benhammo (Fondation de France), Juliette Peres (Fab’Lim), Frédérique Resche-Rigon (FNE), Ludovic Serin (UNCPIE) – Co-Président

4 Piloté par INRAE, en partenariat avec l’Université de Lorraine, ANSES, CPIE Nancy-Champenoux, Labex ARBRE, Collectivités, Grand public, Professionnels soumis au risque, Professionnels de santé humaine et vétérinaire
5 https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/financement_lutte_maladie_lyme 
6 Producteurs associés (Biocivam11) ou indépendants, CMA Occitanie, Compagnons du Devoir Nîmes, Alpina Savoie, Lycées agricoles Auzeville, Fab’Lim (R&D)    

En savoir plus

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COMMUNIQUE DE PRESSE - Plus de 56 000 signalements de piqûres de tiques sur l’ensemble du territoire (humains et animaux confondus), plus de 35 000 tiques transmises et archivées dans la seule « tiquothèque » française de tiques piqueuses, plus de 2 500 tiques analysées : c’est le bilan remarquable du programme de recherche participative CiTIQUE, coordonné par INRAE depuis près de quatre ans, dans le cadre du Labex ARBRE, en partenariat avec l’Université de Lorraine, de l’ANSES et du CPIE Nancy Champenoux. Ce programme mobilise les citoyens et les chercheurs pour mieux comprendre l’écologie des tiques et des maladies associées, dont la maladie de Lyme. Face à une hausse des signalements de piqûres dans les jardins privés, représentant jusqu’à 47% des piqûres signalées lors du confinement strict du printemps 2020, un nouveau volet du programme participatif cible de manière expérimentale les jardins privés des communes du Grand Nancy et alentours. Ce nouveau pan du programme a vocation à s’étendre pour consolider la fonction d’observatoire permanent et de cartographie des risques liés aux tiques sur le territoire, qui nécessite de renforcer le soutien à ce programme dans un objectif de santé publique.

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COMMUNIQUE DE PRESSE - Alors que 3% des Français ont supprimé le gluten de leur alimentation* et que le marché des produits sans gluten explose**, une partie de ces pratiques d’éviction serait liée au développement d’une sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC). Certains produits artisanaux peuvent-ils tout de même être consommés par les personnes SGNC comme certains le prétendent? C’est à cette question que le projet de recherche « Gluten, mythe ou réalité ? » piloté par INRAE et le Biocivam11, l’association des producteurs bio de l’Aude, a tenté de répondre. Sur la base de questionnements remontés du terrain dès 2012, ce projet a été co-construit avec les agriculteurs, les acteurs des filières céréalières industrielles et artisanales, les techniciens et chercheurs de nombreuses disciplines en impliquant aussi des médecins et des consommateurs hypersensibles au gluten non cœliaques. Les premiers résultats permettent non seulement de confirmer l’existence d’une population de personnes se disant sensibles au gluten mais pouvant consommer sans ressentir de symptômes des produits céréaliers issus de certaines filières artisanales ; mais aussi de disposer désormais de données sur les propriétés des deux principaux produits à base de blé tendre et de blé dur proposés dans les filières industrielles et artisanales, à savoir pain et pâtes. Ce projet met en évidence les variations protéiques de ces produits en explorant l’importance de chaque étape de production sur la quantité et la qualité du gluten des produits finis et leur digestibilité. Des résultats disponibles en open data pourront être utiles à la conception d’un cahier des charges pour la mise sur le marché de produits à base de blés consommables par des personnes hypersensibles au gluten.

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