Alimentation, santé globale Temps de lecture 8 min
Nutri-Score : tout comprendre de A à E !
Le Nutri-Score est devenu un repère familier dans les rayons des supermarchés. Mais comment fonctionne-t-il ? Permet-il de manger plus sainement ? Est-ce plus cher de manger des produits mieux notés ? Comment son adoption par les marques est-elle suivie sur le marché français ? Décryptage.
Publié le 22 juin 2026
Qu'est-ce que le Nutri-Score ?
Le Nutri-Score est un système d'étiquetage nutritionnel simplifié en face avant des emballages qui attribue une note allant de A (vert) à E (orange foncé) à un produit alimentaire. Son objectif est simple : permettre aux consommateurs de comparer rapidement la qualité nutritionnelle des produits d'une même catégorie sans avoir à analyser en détail les tableaux nutritionnels complets présents à l’arrière des emballages.
Son calcul repose sur un algorithme qui prend en compte à la fois les nutriments à favoriser (fibres, protéines, fruits et légumes...) et ceux dont il est recommandé de limiter la consommation (sucres, sel, acides gras saturés, calories).
Le Nutri-Score a été développé par l’équipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) - Inserm/INRAE/Cnam/Université Sorbonne Paris Nord. Il a été adopté en France en 2017. Le suivi du Nutri-Score est réalisé par l'observatoire de l'alimentation, l'Oquali (INRAE / Anses).
En 2024, un nouveau calcul du Nutri-Score plus strict pour les produits riches en sucres et en sel et pauvres en fibres et protéines
- Boissons : les édulcorants font baisser la note ! Les sodas light contenant des édulcorants étaient jusqu’à présent notés B par le Nutri-Score. Avec le nouveau calcul, la présence d’édulcorants dans les boissons est prise est compte ce qui dégrade la note des sodas light qui seront alors classés de C à E. Le lait et les boissons végétales sont maintenant intégrés dans le calcul des boissons, modifié pour tenir compte de leur composition.
- Les bonnes graisses et les fibres encouragées : les poissons gras (saumon, sardine, maquereau, etc.) et les huiles riches en graisses non saturées seront mieux notés. Aussi, les pains à base de farine complète seront mieux notés que les pains à base de farine raffinée afin d’encourager la consommation de fibres.
- La volaille sera mieux classée que la viande rouge dont la consommation est à limiter.
Les industriels ont jusqu’en mars 2027 pour mettre à jour leur emballage avec ce nouveau calcul du Nutri-Score.
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Pourquoi le Nutri-Score est-il calculé pour 100 grammes ?
Le Nutri-Score est calculé pour 100 grammes d’aliment pour permettre de comparer des produits sur une base commune. Si le calcul était réalisé par portion, les fabricants pourraient définir des portions très différentes, rendant les comparaisons plus difficiles. Le choix des 100 grammes garantit ainsi une référence identique pour tous les produits.
Prenons l’exemple de biscuits. Si le Nutri-Score était calculé par portion, un biscuit de 10 g pourrait être noté B alors que 100 g de ce même biscuit seraient classés E. Mais est-ce que le consommateur ne mange qu’un biscuit ? Est-ce que le consommateur pèse ses aliments avant de les manger ? Sur ce même principe, une salade composée de 300 g vendue comme une portion pour un repas, serait classée D ou E alors qu’elle serait classée B en calculant aux 100 g. Si aucun calcul n’est parfait, celui aux 100 g permet d’être en accord avec les objectifs du Nutri-Score : comparer les produits de même catégorie. En savoir plus
Pourquoi le Nutri-Score n’est-il pas utilisé sur tous les produits ?
Adopté par la France en 2017, le Nutri-Score est utilisé en 2025 par 1 462 entreprises (contre 1 377 en 2024) et concerne 63 % du volume des ventes. (Source Oqali1)
L’utilisation du Nutri-Score par les entreprises françaises se fait sur la base du volontariat. Après plusieurs années de forte croissance, la part de marché des marques engagées dans le dispositif se stabilise depuis 2023. Aujourd’hui, les marques engagées représentent 63 % des volumes de ventes des produits alimentaires transformés vendus en grandes et moyennes surfaces et dans les circuits spécialisés. Cette couverture du marché repose principalement sur les marques de distributeurs, dont la quasi-totalité est engagée dans la démarche depuis plusieurs années. Ainsi en 2025, les marques de distributeurs, entrée de gamme ou non, représentent à elles seules 32 points des 63% de part de marché des marques engagées.
L’apposition obligatoire d’un logo d’information nutritionnelle (Nutri-Score ou autre) à l’échelle de l’Union européenne était inscrite dans la stratégie Farm to fork de la Commission européenne et aurait dû faire l’objet d’une proposition de texte fin 2022 pour une mise en place dès 2023, mais la Commission européenne a finalement renoncé à cette réforme. En France, dans le cadre de la discussion sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale à l’Assemblée Nationale en novembre 2025, les députés ont adopté deux amendements rendant obligatoire l'affichage du Nutri-Score sur tous les aliments mais ils ont été bloqués au Sénat.
Le Nutri-Score est-il facile à comprendre ?
93% des consommateurs français considèrent le Nutri-Score utile pour connaitre la qualité des produits alimentaires. (Source Santé pPublique France2)
C'est l'un de ses principaux atouts. La simplicité d’interprétation d’un logo nutritionnel est déterminante pour qu’il soit réellement utilisé par le consommateur. Une étude3 montre que le traitement d’informations délivrées sous forme de chiffres est cognitivement coûteux en effort alors que les couleurs favorisent les émotions. En utilisant l’imagerie cérébrale, les mécanismes cognitifs de 50 individus ont été évalués lorsque ces derniers étaient confrontés à un étiquetage constitué soit de chiffres soit de couleurs et selon que l’information se focalisait sur le seul produit ou qu’elle décompose les informations par les nutriments constitutifs du produit. Sans surprise, l’étude montre qu’un étiquetage avec des chiffres active les régions cérébrales du calcul. Plus surprenant, les étiquetages de couleur mettent à contribution ces mêmes régions… à une exception près : seul un étiquetage de couleur monodimensionnel (c’est-à-dire qui informe sur le produit et non sur plusieurs nutriments) utilise les régions de l’insula et l’amygdale connues pour intervenir dans des processus cognitifs rapides et intuitifs.
Le Nutri-Score influence-t-il les achats ?
Oui, les quelques études menées en conditions réelles indiquent que la présence du Nutri-Score améliore la qualité nutritionnelle des achats alimentaires. Une étude menée dans 60 supermarchés sur 1 297 produits et pendant 10 semaines a permis de comparer les achats des consommateurs avec ou sans Nutri-Score. Les résultats montrent qu’avec cet étiquetage, la qualité nutritionnelle des achats est améliorée de 4 %. Cette amélioration atteint 5 % pour les consommateurs qui achètent les produits les moins chers. Une expérimentation en laboratoire via un magasin virtuel avec 290 produits montre que le Nutri-Score améliore de 9,4 % la qualité nutritionnelle des paniers.
Il a été montré par ailleurs que le Nutri-Score conduit le consommateur à sélectionner des portions plus raisonnables pour les produits les plus riches en sucre, en sel ou en matières grasses.
Cependant, les travaux de l’Oqali menées par Marine Spiteri, ont mis en évidence qu’il reste difficile pour certains consommateurs de se détourner réellement des aliments trop gras, trop sucrés et trop salés, et ce quel que soit leur milieu socio-économique. Les résultats de l’étude montrent qu’à la suite de reformulations opérées par les industriels pour améliorer les propriétés nutritionnelles de leurs produits, les consommateurs tendent à se reporter vers des alternatives contenant plus d’acides gras saturés, de sucre et de sel en conformité avec leurs attentes sensorielles.
Le Nutri-Score est-il pertinent pour prévenir des risques de santé ?
Une étude montre que dans les cohortes NutriNet-Santé, SuViMax et Epic, les personnes qui consomment des aliments les mieux classés au Nutri-Score ont un moindre risque de développer des maladies cardiovasculaires, cancers et diabète de type 2. Et dans cette même logique, la consommation d’aliments moins bien classés au moyen du Nutri-Score est associée à une mortalité accrue.
Le Nutri-Score prend-il en compte la transformation des aliments ?
Non, le Nutri-Score ne prend pas en compte la transformation des aliments. Le Nutri-Score renseigne sur la composition nutritionnelle d'un produit, mais pas directement sur son degré de transformation ni sur la présence de certains additifs. Ainsi, un aliment dit « ultra-transformé » peut parfois obtenir une bonne note nutritionnelle. Les chercheurs travaillent d'ailleurs sur des pistes permettant d'améliorer l'information délivrée aux consommateurs. Par exemple, dans le cadre du projet INNOV, les scientifiques travaillent à une façon plus précise de qualifier le degré de transformation d’un aliment en développant un Process-Score. Testé sur 1500 produits, il est encore en phase d’étude mais pourrait servir de base pour développer un indicateur supplémentaire pour le consommateur.
Les produits avec un bon Nutri-Score sont-ils plus chers ?
C'est la fin d’une idée reçue : non, les produits avec un bon Nutri-Score ne sont pas forcément plus chers que ceux moins bien notés. C'est ce que révèle une étude menée par Santé Publique France et INRAE entre 2020 et 2023. L'étude a permis d'analyser près de 28 000 produits dans 22 catégories différentes (céréales du petit déjeuner, pizzas, soupes, salades préparées, viennoiseries, boissons, etc.). Résultat : les produits mieux notés au Nutri-Score ne sont pas forcément plus chers. C'est par exemple le cas pour des yaourts ou des sauces pour pâtes qui sont moins chers lorsqu'ils sont en Nutri-Score A ou B que lorsqu'ils sont notés D ou E. L'étude montre également que pour certaines catégories de produits, il n'y a pas de lien entre prix et Nutri-Score et que pour d'autres on remarque des prix plus élevés lorsque les produits sont mieux notés.
1. https://www.oqali.fr/media/2025/01/OQALI-2024_Suivi-du-Nutri-Score.pdf
2. https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/371075/3143274?version=1
3. Muller L., Prevost M. (2016). What cognitive sciences have to say about the impacts of nutritional labelling formats. Journal of Economic Psychology, 55, 17-29, ISSN 0167-4870, https://doi.org/10.1016/j.joep.2016.01.005.