INRAE participe au Sommet 2021 des Nations unies sur les systèmes alimentaires

"Faim "zéro", consommation et production responsables, eau propre et assainissement, …" Il reste dix ans pour réaliser les 17 objectifs du développement durable (ODD) de l’agenda onusien 2030. La durabilité des systèmes alimentaires est considérée comme un levier majeur pour atteindre plusieurs de ces objectifs. C’est pourquoi le Secrétaire général des Nations unies, M. António Guterres, a souhaité organiser en 2021 le premier Sommet onusien sur les systèmes alimentaires. Par son approche intégrée de l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, INRAE contribue à plusieurs axes d’action portés par ce Sommet.

Le Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires, pourquoi, pour qui ?

Ce Sommet 2021 des Nations unies sur les systèmes alimentaires (Food System Summit : FSS) vise à éveiller le public mondial et à travailler  ensemble pour modifier notre manière de considérer, de produire et de consommer les aliments. Il réunira les acteurs clés des mondes de la science, des affaires, de la politique, avec des scientifiques, des agriculteurs, des consommateurs, des militants écologistes et toutes les parties prenantes essentielles. Il se veut un sommet du peuple et un sommet porteur de solutions innovantes et audacieuses pour lutter contre le fardeau de la malnutrition (faim, carences en micronutriments, surpoids et obésité) et pour protéger l’environnement et le climat.

Définition :

Le terme « système alimentaire » désigne la myriade d’activités menées dans le cadre de la production, du traitement, du transport et de la consommation des aliments.

 

Un processus multi-acteurs et multi-échelles

Des gouvernements aux citoyens, tous concernés !

Le Sommet est basé sur les échanges les plus larges et divers, sollicitant le plus grand nombre d’acteurs, avec plusieurs principes, dont le respect des cultures et des contextes locaux, la prise en compte de la complexité des enjeux et la complémentarité avec les autres actions menées au niveau international.

Ce Sommet développe une approche standardisée avec trois niveaux de concertations :

  • Une concertation avec les porteurs d’enjeux organisée par les gouvernements, sous l’égide d’un coordonnateur désigné. Elle devrait aboutir à des « parcours nationaux » soutenus par un large éventail de parties prenantes.
  • Une « concertation mondiale » co-organisée par l’envoyée spéciale du Sommet, Agnès Kalibata, pour porter l’enjeu des systèmes alimentaires dans différents grands évènements thématiques sur le climat, la biodiversité, etc.
  • Des dialogues indépendants, organisés par des individus ou des communautés selon un guide accessible sur le site du Sommet.

Aujourd’hui, dans le monde : 305 concertations gouvernementales, 4 concertations intergouvernementales, 8 concertations mondiales, 560 dialogues indépendants

A travers tous ces échanges, le Sommet vise à recenser les initiatives à tous niveaux pour produire des mesures concrètes et accompagner la mise en œuvre de réformes. Il met en place un système de suivi des réalisations dans chaque pays. Il doit de cette manière permettre de faire avancer la réalisation des Objectifs de développement durable de l'ONU (ODD). Ces 17 cibles, établies par l'ONU en 2015 à l'horizon 2030, appellent à l’action de tous les pays de promouvoir la prospérité tout en protégeant la planète.

La science comme socle pour porter la réflexion

La conception et la mise en œuvre du Sommet s’appuie tout au long du processus sur plusieurs instances dont un groupe scientifique de 29 experts indépendants, auquel participe Jean-François Soussana, vice-président d’INRAE en charge de la politique internationale et expert du GIEC. 

Au travers de réunions mensuelles organisées depuis juillet 2020, ce groupe rassemble des synthèses et des analyses scientifiques, en lien avec les initiatives en cours dans le cadre, entre autres, du Panel d’experts de haut niveau (HLPE) du Comité des Nations unies sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA) et système des Nations unies (l’ONU et l’ensemble de ses programmes, fonds et institutions spécialisées).  Le Groupe scientifique veille à la fiabilité, à la représentativité et à l’indépendance des données scientifiques sur lesquelles s’appuient le Sommet et de ses produits. Parmi les nombreux rapports préparés par ce groupe, Jean- François Soussana (INRAE) et Sheryl Brook (UNESP, Brésil) ont coordonné la rédaction d’un document d’éclairage (uniquement disponible en anglais) pour mener à bien la première piste de d’action du sommet : « assurer l'accès de tous à une alimentation sûre et nutritive par la transformation des systèmes alimentaires ».

L’implication d’INRAE

L’objectif « Une nourriture saine et durable pour tous » requiert une approche intégrative entre agriculture-alimentation-environnement, ce qui correspond à la stratégie scientifique d’INRAE, réaffirmée pour 2030. En effet, c’est tout au long de la chaîne alimentaire qu’il faut concevoir et appliquer la durabilité : une agriculture multi-performante sur les plans social, économique et environnemental, une réduction des pertes et gaspillage des ressources, des régimes variés, équilibrés, sûrs sur le plan sanitaire, des producteurs bénéficiant d’un niveau de vie décent, des écosystèmes préservés et une résistance face aux chocs climatiques et sanitaires. INRAE promeut la nécessité d’une transition des systèmes agricoles et alimentaires, en alliant les principes de l’agroécologie et les innovations techniques et sociales telles que l’agriculture numérique et les biotechnologies. L’Institut développe ainsi sa stratégie de recherche au travers de grands projets qui s’inscrivent dans les 5 axes (pistes d'action) du Sommet.

Dates clés

Le Sommet 2021 des Nations unies sur les systèmes alimentaires (Food system summit, FSS) est un processus de réflexion internationale continu, avec quelques étapes clés :