Biodiversité 5 min

Survie des colonies en hiver : les couverts fleuris et les habitats naturels boisés améliorent la vitalité des abeilles mellifères

COMMUNIQUE DE PRESSE - Une étude associant l'Inra, l’ACTA et l’ITSAP décortique les mécanismes physiologiques impliqués dans la survie hivernale chez les abeilles mellifères. Les chercheurs ont montré qu’une protéine aux propriétés antioxydantes, la vitellogénine, est associée à une augmentation de 30 % de la probabilité de survie des colonies en hiver. La production de cette protéine de vitalité est favorisée par la qualité de l’environnement dans lequel les abeilles se préparent à l’hiver, notamment la présence de couverts fleuris implantés par les agriculteurs en automne et de ressources liées aux habitats naturels.

Publié le 10 février 2017

illustration Survie des colonies en hiver : les couverts fleuris et les habitats naturels boisés améliorent la vitalité des abeilles mellifères
© INRAE

Une conséquence directe de l'intensification agricole est la raréfaction de la flore apportant des ressources alimentaires aux pollinisateurs. Notamment dans les zones de grandes cultures, le manque de ressources en fin de saison peut compromettre chez l’abeille mellifère la constitution des réserves (miel et pollen) importantes pour la survie des colonies durant l’hiver. Pour remédier à cette situation, le positionnement des ruchers à proximité des rares plantes en fleurs en fin d’été et à l’automne est une pratique courante chez les apiculteurs présents dans les plaines céréalières.

Les colonies composées d’individus avec des forts taux de vitellogénine ont atteint des taux de survie hivernale d’environ 90 %

Restaurer les ressources florales en zone de grandes cultures représente donc un enjeu important pour les colonies d’abeilles. Cette étude menée par les chercheurs de l’Inra, en collaboration avec l’Acta et l’Itsap-Institut de l’abeille,  a permis d’éclairer les mécanismes physiologiques à l’œuvre chez les abeilles bénéficiant de ces ressources florales. Dans les colonies proches de couverts en fleurs, les abeilles possédaient plus de corps gras, réserves énergétiques nécessaires à la survie hivernale. Elles présentaient également une augmentation du taux de vitellogénine, qui est un fort antioxydant favorable à la longévité des individus. Cette amélioration de la vitalité des abeilles a par ailleurs augmenté les chances de survie hivernale des colonies. Ainsi, les colonies composées d’individus avec des faibles taux de vitellogénine présentaient un taux de survie hivernale de 60 %, alors que les colonies composées d’individus avec des forts taux de vitellogénine ont atteint des taux de survie d’environ 90 %.

Nous avons ainsi montré que l’implantation par les agriculteurs de cultures intermédiaires à base de plantes produisant du nectar et du pollen dès le mois de septembre (moutardes blanche et brune, trèfle d’Alexandrie, vesces pourpre et commune, phacélie, tournesol) augmente la diversité des ressources collectées par les abeilles et par conséquent  participe à l’amélioration de leur vitalité. Mais l’effet le plus significatif a été obtenu grâce aux milieux naturels, tels que les haies et lisières forestières.  

Ce lien de cause-à-effet entre les ressources florales et la vitalité des abeilles constitue une preuve directe de l’intérêt des mesures de préservation des habitats naturels en zones agricoles. Mais lorsque ces habitats deviennent trop rares, une gestion appropriée des cultures intermédiaires permet d’associer des enjeux agronomiques (pièges à nitrates, lutte contre l’érosion des sols) à des enjeux de protection des abeilles.

 

Service Presse INRAE

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