Agroécologie 3 min

SOBRIETE : un projet innovant mêlant élevage ovin et agro-écologie pour repenser les systèmes de demain

De mars 2021 à mars 2024, l’unité expérimentale P3R de Bourges accueille le projet SOBRIETE sur sa plateforme d’agroécologie d’Osmoy. L’objectif est d’établir le lien végétal-animal, avec un système autosuffisant ovin en plein air intégral afin de constituer une base de données pour développer des élevages ovins en zones céréalières, la Champagne Berrichonne ou la Beauce, en démontrant les intérêts écologiques et économiques d’un tel système.

Publié le 14 mai 2024

illustration SOBRIETE : un projet innovant mêlant élevage ovin et agro-écologie pour repenser les systèmes de demain
© INRAE

La première action de ce projet consistait à accompagner différents agriculteurs privés, dans des modifications de leurs pratiques en tendant vers l’agroécologie. Une centaine d’agriculteurs a été enquêtée, et quatre ont souhaité être accompagnés.

L’expérimentation système qui s’est déroulée à l’unité P3R de mai 2021 à mai 2023 est prometteuse suite à l’analyse des premiers résultats. En effet, la consommation d’aliments concentrés (granulés à base de céréales et protéagineux) est largement inférieure à la moyenne des élevages du réseau Inosys (référence nationale des performances zootechniques des élevages) de même typologie. Les concentrés consommés sont tous issus du parcellaire d’agroécologie. Avec de bons résultats zootechniques (prolificité élevée et peu de mortalité), la marge à la brebis s’en retrouve donc supérieure (152€ en Romane et 102€ en Berrichonne de l’Indre en moyenne sur les deux années).

L’objectif d’un minimum d’intrants (apports extérieurs au système) passait aussi par les produits vétérinaires. Le système voulu devait être viable économiquement et avoir un impact minimum sur l’environnement, il était donc nécessaire de n’utiliser des produits vétérinaires chimiques qu’au minimum, et après détection des parasites sur analyses coprologiques (de fèces/fécales). Un seul traitement antiparasitaire par brebis par campagne ainsi qu’un seul traitement par agneau entre naissance et abattage ont été nécessaires.

Le cheptel était composé pour moitié de Berrichonnes de l’Indre (race rustique locale), et pour l’autre moitié de Romanes (anciennement appelée INRA 401). La Romane a une productivité plus élevée, qui engendre de meilleurs résultats économiques, et a aussi un léger impact positif sur les émissions de gaz à effet de serre (notamment le CH4), en particulier grâce au nombre d’agneaux produits par brebis plus élevé.

Un des objectifs du projet était de s’assurer du bien-être de la troupe ovine menée en plein air intégral. Des sessions de mesures sanitaires à chaque saison permettaient de quantifier la présence d’éventuels indicateurs tels que des écoulements, boiteries, salissures, humidité de la toison, état de la mamelle, blessures. Les notations se sont avérées très positives, avec des pourcentages très importants d’animaux ne présentant aucun souci. De plus, des tests comportementaux (mesures QBA), nous ont montré des animaux sereins, dépourvus de comportements de peur. 

Il faudra noter qu’une attention particulière aux boiteries est nécessaire sur les sols travaillés (couverts et luzerne) qui sont la base de l’alimentation du système.

 

 

Nous remercions les partenaires du projet : Biocentre (chef de file), les chambres d’agriculture du Cher et de l’Indre-et-Loire, ABS (devenu Limovin puis SICAREV), Centre INRAE Clermond-Auvergne-Rhone-Alpes (analyse économique de l’expérimentation système), le CIIRPO et l’Institut de l’Élevage.

Ce projet a été financé par le FEADER (80%) et la région Centre Val de Loire (20%) que nous remercions.

Avec le soutien financier de :

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