Biodiversité 5 min

Quelles sont les plantes butinées par les abeilles domestiques pour leur récolte de pollen ?

Une enquête menée dans une vallée de moyenne montagne du Cantal à partir de l’analyse des pelotes de pollen à l’aide des techniques du code barre ADN a montré une grande diversité de fleurs butinées.

Publié le 15 mai 2017

illustration Quelles sont les plantes butinées par les abeilles domestiques pour leur récolte de pollen ?
© INRAE

Une vallée menant au Puy Mary dans le massif des Monts du Cantal
Une vallée menant au Puy mary dans le massif des Monts du Cantal

Dans la vallée de la petite Rhue, une des  vallées donnant sur l’emblématique Puy Mary dans le Cantal, le paysage bocager de prairies permanentes présente une belle diversité botanique. Un éleveur apiculteur y a installé ses ruches et se demande quelles sont les plantes de la vallée qui  permettent à ses abeilles de se nourrir et de produire son miel. Dans le cadre d’un projet scientifique intitulé « Polipré » portant sur le service de pollinisation rendu par les prairies, financé par le méta-programmes Ecoserv de l’Inra, une collaboration est ainsi née entre des chercheurs de Clermont Ferrand, des chercheurs d’une unité de génomique végétale d’Evry, le Gaec du Limon et un vétérinaire apicole dans le Cantal.

Le code barre ADN pour identifier les pollens

Les pelotes de pollen, qui sont transportées par les abeilles sur leurs 2 pattes postérieures, ont été collectées grâce à un peigne à l’entrée des ruches à 3 dates différentes : le 5 et le 23 juin et le 10 juillet.

Préparation des flacons pour l'extraction, la multiplication des séquences ADN et le séquençage
Préparation des flacons pour l'extraction, la multiplication et le séquençage des séquences ADN

Vingt et une pelotes ont été choisies de façon à  couvrir et explorer la très grande palette de couleurs différentes de pollen observées sur les pattes des abeilles. L’ADN a été extrait de chacune des pelotes et analysé dans un laboratoire d’Evry. Une région particulière de l’ADN, existant chez toutes les espèces végétales (ITS2), a été séquencée sur les différents échantillons ; cette région permet l’identification, tel un code barre, des espèces présentes dans un échantillon, par comparaison à une base de données de séquences de référence.

Une grande diversité de fleurs butinées

Détermination des plantes par analyse ADN du pollen des pelotes.

Au début du mois de juin, les plantes clé pour les abeilles des ruches du Gaec du Limon pour la récolte du pollen sont les petit genêts ailés, les renouées bistorte et les sureaux. Fin juin, ce sont les fleurs des chardons, des trèfles, des églantiers, des hélianthèmes et toujours des genêts ailés qui sont importantes ; à la mi-juillet, les fleurs des épilobes, des ronces et des millepertuis avec de nouveau les fleurs des chardons, des trèfles et des hélianthèmes. Il peut y avoir une seule plante très dominante ou un mélange de plantes dans chaque pelote. Ce sont les plantes et la couleur de leur pollen qui font la couleur de la pelote. Ainsi,  une pelote noire est le fait de la renouée bistorte, une pelote orange celle du genêt ailé et une pelote jaune citron celle du sureau.

Pas de doute, les abeilles domestiques de la vallée de la petite Rhue peuvent se composer des récoltes de pollen bien variées à une date donnée mais aussi au long cours à partir des fleurs des prairies et des fleurs des haies. Un résultat d'autant plus important que la biodiversité affecte aussi leur santé !

Contacts

Anne FarruggiaUnité de recherche sur les herbivores

Le centre

En savoir plus

Biodiversité

À quoi servent les abeilles ?

Les abeilles domestiques et sauvages contribuent à la pollinisation de 80 % des espèces de plantes à fleurs. Les travaux des chercheurs de l'Inra visent notamment à mieux connaître l'état des populations des insectes pollinisateurs et à évaluer les risques que fait peser leur déclin sur la faune et la flore des milieux cultivés et naturels.

17 décembre 2019

Biodiversité

Protéger les prairies permanentes : une priorité pour la biodiversité et l’agroécologie

Une étude menée par des chercheurs de l’institut INRAE et du CNRS dans le Sud-Ouest de la France montre que la disparition passée des prairies permanentes au profit des cultures annuelles a des effets rémanents observables sur plus de 20 ans sur la biodiversité d’aujourd’hui. Leurs résultats publiés dans la revue PNAS le 6 janvier 2020 appellent à sanctuariser les prairies permanentes afin de freiner le déclin de la biodiversité.

07 janvier 2020

Biodiversité

Les fleurs, supermarchés essentiels des abeilles

Si l’effondrement des colonies d’abeilles domestiques est en partie l'œuvre des maladies et des parasites comme le varroa, il est également le résultat d’un manque de nourriture vitale aux colonies, lui-même conséquence d’une modification des paysages agricoles. INRAE et l'Itsap ont démontré que la restauration de ressources florales pouvait favoriser le maintien en vie des abeilles.

23 janvier 2020