Biodiversité 5 min

Portrait moléculaire de l’acarien Varroa, ennemi public numéro un des abeilles domestiques

Alors que l’acarien Varroa destructor est aujourd’hui considéré comme la menace la plus importante pour l’apiculture, les connaissances sur sa biologie et son cycle de vie restent assez limitées. Toutefois une étude menée par des chercheurs de l’Inra et publiée récemment dans la revue BMC Genomics a permis d’identifier pour la première fois les bases moléculaires du cycle de vie de ce parasite.

Publié le 18 mai 2018

illustration Portrait moléculaire de l’acarien Varroa, ennemi public numéro un des abeilles domestiques
© INRAE

Etudier la biologie de Varroa destructor

Originaire du Sud-Est Asiatique, où il parasite l’abeille asiatique Apis cerana, l’acarien Varroa destructor est une préoccupation permanente pour les apiculteurs du monde entier. En effet, à partir des années soixante, vraisemblablement à la suite de l’introduction de l’abeille européenne A. mellifera en Asie, il s’est rapidement développé et adapté à son nouvel hôte. A quelques exceptions près (Australie et quelques régions isolées), il est aujourd’hui présent dans les ruches du monde entier, et constitue une cause majeure des pertes de colonies.

Le Varroa constitue une cause majeure des pertes de colonies

 

Si la description des pathologies induites par Varroa sur son hôte a été le centre d’intérêt d’un grand nombre d’études, la biologie de ce parasite reste encore largement méconnue. Or, afin de développer des moyens de lutte efficaces et durables, il est indispensable de progresser dans ce domaine. En collaboration avec Andrea Rau (UMR Génétique animale et biologie intégrative, Jouy-en-Josas) et Christophe Klopp (UR Mathématiques et informatique appliquées,  Toulouse), les chercheurs de l’unité Abeilles et environnement d’Avignon ont lancé un programme d’envergure visant à caractériser le transcriptome des différentes étapes du cycle de vie du Varroa.

Vers de nouveaux moyens de lutte

Ce projet a permis de mieux connaître ce parasite, notamment à travers l’identification de gènes ou cluster de gènes associés à l'invasion des cellules de couvain, la reproduction, et d'autres processus physiologiques. Il en est également ressorti une remarquable adaptation physiologique du parasite aux différents stades de développement ainsi qu’à l’environnement de son hôte (abeille adulte et nymphes dans les cellules operculées). Ces données transcriptomiques sur le cycle complet du parasite sont maintenant accessibles à la communauté scientifique et ont pour objectif de faciliter le développement de nouveaux moyens de lutte contre ce parasite.

Cédric AlauxRédacteur

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Cédric Alaux, Yves Leconte, Fanny MondetUR Abeilles et environnement

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