Agroécologie 3 min

Une plateforme pour optimiser l’irrigation de la prise d’eau jusqu’à la plante

La plateforme PReSTI (Plateforme de Recherche et expérimentation en Sciences et Technologies d’Irrigation) étudie des pratiques et des dispositifs innovants d’irrigation. Elle possède notamment le plus grand banc automatisé et mobile d’aspersion en Europe. Elle est aussi l’une des rares à étudier le système d’irrigation goutte-à-goutte enterré en grandes cultures. Son point fort : allier l’approche du laboratoire (conditions contrôlées) avec les expérimentations in situ (conditions réelles).

Publié le 06 novembre 2019

illustration Une plateforme pour optimiser l’irrigation de la prise d’eau jusqu’à la plante
© INRAE, CATTIAU Gilles

Evaluer les performances technologiques et agro-environnementales des systèmes d’irrigation

Evaluation du statut hydrique de la plante

Combinant expérimentations et simulations numériques, la plateforme PReSTI étudie les dispositifs et pratiques innovants d’irrigation. « On veut que l’irrigation soit la plus efficace possible, c’est-à-dire qu’il y ait le moins de pertes possible. Ces pertes peuvent provenir du système d’irrigation lui-même, on perd plus d’eau en aspersion qu’en irrigation localisée par exemple. Mais ces pertes peuvent aussi être dues à la façon dont on utilise le matériel. Si on laisse couler 24h/24 un goutte-à-goutte, qui est une technologie très efficiente, on va avoir beaucoup plus de pertes qu’une aspersion pilotée de façon optimisée » explique Claire Serra-Wittling, ingénieure de recherche spécialisée dans les technologies de l’irrigation.

La plateforme évalue également la performance agro-environnementale de l’irrigation sur les plans quantitatifs et qualitatifs : « Quelle quantité d’eau est effectivement utilisée par la plante, quelle quantité est perdue ? Quel est l’impact de l’irrigation sur la qualité de l’eau (rivière, eaux souterraines…) et quelles pollutions elle peut entrainer ? Par exemple, même en utilisant de l’eau claire, l’eau d’irrigation peut entrainer de l’azote provenant des fertilisants utilisés pour les cultures. Et nous étudions bien sûr l’impact de la réutilisation des eaux usées. »

Des équipements de pointe pour étudier l’irrigation tout au long du cheminement de l’eau

Clarinette de distribution des 12 parcelles de goutte-à-goutte enterré

La plateforme possède des équipements de pointe pour caractériser les fluides, leur écoulement dans les systèmes d’irrigation, leur dispersion à partir d’un jet, le transport de particules… PReSTI possède notamment le plus grand banc automatisé et mobile d’aspersion en Europe (80 m de long) qui permet d’évaluer l’uniformité de la distribution de l’eau sous un asperseur à grande portée. Ainsi que plusieurs bancs d’essais pour le goutte-à-goutte permettant d’évaluer la distribution, la sensibilité au colmatage…

Sur le terrain, la plateforme possède plusieurs parcelles de pratiques culturales différentes (maraichères, grande culture…) équipées avec divers systèmes d’irrigation. La plateforme est l’une des rares à étudier le système d’irrigation goutte-à-goutte enterré en grandes cultures. Elle possède également plusieurs parcelles en agrivoltaïsme pour comprendre le cycle de l’eau et améliorer les pratiques d’irrigation sous ces systèmes.

Une plateforme en appui aux industriels et politiques publiques

Mesure de l’humidité du sol par tensiomètrie

Ces installations ne servent pas qu’à la recherche : elles permettent aussi de réaliser des tests en conditions réelles de matériels développés par des industriels, dans le cadre d’actions de R&D ou de travaux de recherche.

Enfin grâce à l’expertise développée avec PReSTI, INRAE a mené une étude d’évaluation des économies d’eau à la parcelle réalisables par la modernisation des systèmes d’irrigation, pour le Ministère de l’Agriculture et l’Alimentation. Elle permet d’identifier les marges de progrès permises par le renouvellement ou le changement de technologie d’irrigation, ou l’amélioration des pratiques et de la conduite de l’irrigation.

Le goutte à goutte enterré

Goutte à goutte enterré

Constitué d’un système de gaines équipées de goutteurs et enterrées dans le sol à plus de 30cm de profondeur, le procédé a le double avantage d’apporter aux plantes l’eau qu’il leur faut directement au niveau des racines et de permettre à l’agriculteur de labourer en surface. Ainsi, depuis 2008 les essais réalisés par les chercheurs du centre de Montpellier sur les grandes cultures (maïs, sorgho, soja) en conditions de stress hydrique, sont concluants : 15 à 20% d’eau économisés en moyenne. Au cours de printemps secs, un passage d’irrigation en surface peut s’avérer nécessaire pour assurer la germination et permettre aux racines d’atteindre la zone alimentée par les goutteurs. Cette technique ne convient pas à tous les sols et demande plus de technicité et d’observations. Le coût d’installation est élevé et les gaines et goutteurs doivent être bien entretenus (chlore et acide) pour éviter le colmatage.

Retour au dossier

En savoir plus

Agroécologie

MOOC Bien-être des animaux d'élevage

Ce MOOC a été conçu par une équipe pédagogique regroupant des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des vétérinaires spécialistes du bien-être des animaux d’élevage. Il est structuré en trois modules : "comprendre" qui pose les bases théoriques, "évaluer" qui propose des éléments utilisables sur le terrain, et "améliorer" qui présente quelques solutions.

01 décembre 2019

Agroécologie

Une nurserie pour veaux inaugurée au centre Inra Val de Loire

Catherine Beaumont, présidente du centre Inra Val de Loire, Tiphaine Aguirre-Lavin et Christophe Staub, directeurs de l’unité expérimentale Physiologie animale de l’Orfrasière (UEPAO) et Philippe François, sous-préfet de Loches, ont inauguré vendredi 15 novembre à Nouzilly une nurserie pour les veaux. Cette infrastructure permettra le suivi de 40 veaux de la naissance à la puberté avec la possibilité de deux conduites nutritionnelles différentes. L’ensemble constitue un dispositif unique en France dédié à l’étude de l’alimentation des génisses laitières et de son impact sur leurs capacités de reproduction.

19 décembre 2019