Biodiversité 3 min

Le papillon : il n’aura plus de secret pour vous

Flambé, robert-le-diable, belle-dame, l’écaille-martre : un inventaire à la Prévert pour dénommer l’une des catégories d’insectes les plus communes : le papillon. Plus que leur dénomination bigarrée, ceux-ci se distinguent par une multitude de caractéristiques méconnues et tout aussi impressionnantes.
« Dans l’intimité des papillons » passe en revue les détails de leur vie secrète. Biologie, comportement mais aussi écologie : une belle occasion d’en apprendre davantage sur ces compagnons que nous côtoyons de jour, comme de nuit.

Publié le 21 octobre 2021

illustration Le papillon : il n’aura plus de secret pour vous
© INRAE

Evolution : premier de la classe !

Véritables survivants de l’évolution, ils ont vaincu de gigantesques incendies, des tremblements de terre, des pluies acides comme un brusque refroidissement du climat. Papillon plus fort que le dinosaure… et bien plus encore. En effet, voici des centaines de millions d’années que le papillon peuple notre Terre. Contre toute attente, ces derniers sont apparus avant les fleurs, et sont très probablement à l’origine de leur succès ! Les papillons et leurs confrères pollinisateurs ont ainsi aidé au développement de ce gratin. Et cela fait 140 millions d’années que cela dure.

Un planning chargé

Pas moins de 160000 espèces de papillon sont aujourd’hui recensées par les scientifiques. Accouplement, pollinisation, quête d’un habitat… la cadence semble infernale pour cet animal qui vit au mieux une quarantaine de jours ! Le papillon peut cependant compter sur des attributs de taille.  Un cerveau capable de repérer et de mémoriser les meilleurs coins où s’abreuver de nectar. Des organes sensoriels uniques qui scannent littéralement leur environnement. Quant à la parade nuptiale : couleurs chatoyantes, quelques battements d’ailes, délicats parfums et douces mélodies… Voilà le cycle de la vie qui reprend. D’abord l’œuf, puis la chenille tant redoutée du monde agricole que de l’homme et enfin l’imago, stade ultime de la métamorphose, dont la beauté parfois exceptionnelle semble servir d’excuse aux désagréments passés.

Malgré leur grande capacité d’adaptation, les papillons n’échappent pas à l’inquiétante disparition qui touche toute la biodiversité. Un changement de la gestion des milieux naturels comme une taille adaptée dans les jardins privés, moins de pesticides. Chacun peut contribuer à ce que ce vieil insecte continue de ravir nos yeux.

 

Editions Quae. Coll. Beaux livres, 168 pages, 2021 – 25 euros.

A propos de l’auteur : Frédéric Archaux est ingénieur-chercheur à INRAE Val-de-Loire sur le site de Nogent-sur-Vernisson, où il étudie la réponse de la biodiversité forestière aux actions de l’homme, de la gestion des forêts à l’aménagement des paysages. Depuis près de vingt ans, les oiseaux et les papillons occupent une place prédominante dans ses travaux de recherche et sont à l’origine de son engagement pour la protection de la nature.

 

Extrait 

Les papillons sont les seuls insectes dont les ailes sont entièrement couvertes d’écailles. Premier avantage, la structure finement rainurée des écailles les rend superhydrophobes : l’eau perle et n’alourdit pas le papillon. Deuxième « plus », ces écailles se détachent facilement, surtout chez les papillons de nuit. Cette propriété leur permet de se glisser hors des pattes, becs et crocs de leurs prédateurs. (…) Passé l’accouplement, on pourrait penser que le plus dur est fait, qu’il ne reste plus à la femelle qu’à pondre. Oui, mais pas n’importe comment, ni n’importe où ni n’importe quand. Si jamais le choix n’est pas optimal, toute la descendance risque d’y passer. Un attroupement de chenilles peut être aussi plus facilement repéré par des prédateurs et autres parasites. Enfin si en répartissant ses œufs dans le paysage, la femelle peut également limiter la consanguinité, elle risque en revanche de mourir (de faim, de soif, prédatée) alors qu’elle n’a pas encore pondu tous ses œufs. La femelle ne parcourt pas nécessairement de grandes distances pour pondre. Si les conditions sont réunies dans l’habitat où elle a émergé, généralement elle y pond. (…) Une fois l’habitat atteint, une forêt par exemple, la femelle doit repérer le micro-habitat propice et sa plante hôte. (…) La femelle recherche les plantes à vue : à leur forme, à leur taille ou à la couleur des fleurs et/ou des feuilles ; elle manifeste alors un vol caractéristique, lent et à faible hauteur dans la végétation."

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Mathilde MaufrasRédactrice

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