Alimentation, santé globale 4 min

Les hôtes et l’habitat des tiques

Les tiques ne sont pas présentes seulement en forêt, mais aussi dans les haies ou même les jardins. Cette répartition est liée à une grande variété d’hôtes possibles pour les tiques, ce qui impacte le risque de propagation des maladies qu’elles transmettent.

Publié le 15 mai 2020

illustration Les hôtes et l’habitat des tiques
© INRAE S. Fuentes

Plus de 300 espèces hôtes des tiques

Hôtes et ennemis des tiques

La faune sauvage, en particulier les rongeurs, hérissons, oiseaux, sangliers, cervidés jouent un rôle important dans le cycle des tiques et des maladies à tiques. Près de 300 espèces peuvent servir d’hôte aux tiques. Cependant, le rôle des animaux sauvages est complexe. Le chevreuil, par exemple, est un réservoir important de tiques parce qu’il peut en nourrir un très grand nombre. Il peut « héberger » en effet jusqu’à plusieurs centaines de tiques. Par contre, il semble qu’il ne multiplie pas la bactérie Borrelia, agent de la maladie de Lyme, pouvant freiner ainsi la propagation de la maladie. Le campagnol roussâtre par contre, est un très bon réservoir pour Borrelia et son abondance favorise la transmission de la maladie.  Des travaux menés entre 2005 et 2011 par INRAE ont pointé un rongeur encore plus efficient que le campagnol pour la transmission de la maladie de Lyme : l’écureuil de Corée ou tamia de Sibérie (voir encadré).

Les animaux d’élevage (bovins, ovins...) sont aussi utilisés comme hôtes par les tiques et sont d’ailleurs eux-mêmes victimes de certaines maladies qu’elles leur transmettent (piroplasmose, anaplasmose...). Ils peuvent donc à leur tour constituer des réservoirs d’agents pathogènes pour l’homme.

Un écureuil à éviter : le tamia de Sibérie

Tamia de Sibérie

Le tamia de Sibérie, vendu en animalerie dès la fin des années soixante, s’est installé dans de nombreuses forêts d’Ile-de-France, en particulier la forêt de Sénart, après avoir été relâché par leurs propriétaires lassés de leur compagnie. Les chercheurs (1) ont montré que le tamia est infesté par plus de tiques que le campagnol. Il est aussi infecté par une diversité de Borrelia plus importante. Il devient donc un réservoir important dans les endroits où il est abondant. La solution envisagée est d’arrêter la vente de cet écureuil. Ces travaux ont contribué à inscrire le tamia de Sibérie sur une liste établie le 4 décembre 2015 et comportant 37 espèces végétales et animales pour lesquelles il a été demandé à l’UE d’intervenir.

Le rôle du paysage et des saisons

L’agriculture et la forêt jouent un rôle dans l’épidémiologie des maladies à tiques. Les tiques sont plus présentes en bordure des pâtures lorsque les haies sont abondantes et lorsqu’un bois est à proximité. Les régions de bocages (alternance de pâturages et de bois), qui couvrent un quart du territoire national, sont donc particulièrement exposées. Mais on trouve aussi des tiques dans les jardins, où ont lieu environ 30% des piqûres d’Humains. (Lire l’article + lien sur CiTIQUE). On sait aussi, grâce au réseau d'observatoires de suivi des tiques et aux données du programme CiTIQUE, qu'en France métropolitaine, la période favorable s'étend d'avril à juin en plaine et de mai à juillet en montagne.

(1) Collaboration INRAE, Muséum national d’histoire naturelle, Institut Pasteur.

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