Alimentation, santé globale 8 min

Une plateforme de surveillance de la chaîne alimentaire

« Améliorer la surveillance sanitaire de la chaîne alimentaire » telle est l’ambition de la nouvelle Plateforme de Surveillance de la Chaîne Alimentaire (plateforme SCA). Depuis 2018, ce dispositif, porté par INRAE et 13 autres partenaires publics et privés, étudie l’ensemble des dangers biologiques et chimiques susceptibles de contaminer les denrées alimentaires et de présenter un risque pour l’Homme.

Publié le 08 octobre 2020

illustration Une plateforme de surveillance de la chaîne alimentaire
© INRAE - Chantal Nicolas

Qu’ils soient d’origine animale ou végétale, les aliments peuvent véhiculer des micro-organismes pathogènes tels que des virus, bactéries ou encore parasites, responsables d’intoxications chez l’Homme. Nos denrées sont également susceptibles d’abriter une grande diversité de composés chimiques (additifs, pesticides, polluants industriels, emballages) ou de substances d’origine naturelle, telles que les éléments traces métalliques, les toxines de plantes, d’algues ou de champignons.

Face à ces risques sanitaires, les Etats Généraux de l’Alimentation de 2017 préconisaient de renforcer le dispositif national de surveillance et de prévention sanitaire. Concrétisant cette volonté, INRAE et 13 partenaires se sont associés en juillet 2018 au travers d’une convention-cadre pour créer la Plateforme de Surveillance de la Chaîne Alimentaire (SCA).  

Un espace collaboratif multi-partenarial pluridisciplinaire dédié à la surveillance de la chaîne alimentaire

La Plateforme SCA offre un espace de concertation, pour l’ensemble des acteurs privés et publics, visant à améliorer la cohérence des actions de surveillance sanitaire de la chaîne alimentaire, et d’en optimiser les coûts. A cette fin, elle fournit aux gestionnaires1 de dispositifs de surveillance un appui méthodologique et technique.

A titre d’exemple, des travaux ont ainsi été lancés sur deux pathogènes : les Salmonelles, responsables de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) et les Escherichia coli productrices de shigatoxines (STEC), susceptibles d’entraîner des syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) chez l’enfant.

Dans le domaine des contaminants chimiques, des réflexions sur la priorisation des dangers sont menées, et un premier groupe de travail a été constitué sur la problématique du cadmium dans les aliments. Ce groupe de travail associant des opérateurs publics et privés, a été initié au printemps 2020 afin de réaliser un état des lieux de la surveillance du cadmium en France et de proposer des recommandations visant à optimiser les dispositifs de surveillance existant. Le rôle de la Plateforme SCA est ainsi de permettre aux organismes concernés par la surveillance du cadmium de mettre en commun leurs données et stratégies afin de mener une réflexion commune sur cette problématique à tous les maillons de la chaîne alimentaire et dans les différentes filières pour réduire la contamination des denrées et par cascade l’exposition des populations.

Considérant l’interconnexion forte entre la santé publique, la santé animale et l’environnement, ainsi que la nécessité de mieux appréhender ces problématiques dans une démarche « One Health », la plateforme SCA s’est associée à deux autres dispositifs d’épidémiosurveillance : la plateforme santé animale (ESA) préexistante, et la plateforme santé végétale (ESV), dont la création fût concomitante à celle de SCA. Ce regroupement permet de mutualiser les ressources, les réflexions méthodologiques et collaborer sur des thématiques communes.

L’Institut au cœur des travaux d’épidémiosurveillance

Présent dans les comités de pilotage, les équipes de coordination ainsi que les équipes opérationnelles, INRAE est fortement impliqué aux côtés de la Direction Générale de l'Alimentation (DGAL) et de l’Anses dans les trois plateformes, favorisant leur coopération. L’Institut apporte son appui scientifique en missionnant des épidémiologistes, statisticiens, informaticiens, auxquels se joignent des chercheurs qui participent aux groupes de travail. Au sein de la plateforme SCA, tous les sujets en lien avec les dangers chimiques sont portés par INRAE via le Laberca, une unité mixte de recherche spécialisée dans la caractérisation de l’exposome chimique humain.

Un nouveau site web dédié aux acteurs de la sécurité sanitaire des aliments

Le tout nouveau site de la plateforme permet de mieux porter à connaissance les travaux conduits qu’il s’agisse des dangers biologiques ou chimiques liés à l’alimentation ou encore sur la qualité des données de surveillance. A lire : des bulletins de veille sanitaire internationale bimensuels mettant en perspective les évènements sanitaires récents, des avis, des bilans et des études issues des agences sanitaires nationales et internationales.  A ces bulletins s’ajoutent des analyses thématiques appelées « Points Sur » qui offrent des focus plus développés sur des sujets d’actualité.  

 Consulter le site web de la plateforme SCA

1 on parle ici des services de l’Etat en charge de la surveillance officielle de la chaîne alimentaire, ainsi que les partenaires privés qui réalisent des autocontrôles de leurs produits

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