Agroécologie 2 min

L’immunité des plantes Pour des cultures résistantes aux maladies

Cet ouvrage explicite les concepts fondamentaux et s’appuie sur des études de cas pour réaliser une synthèse très complète des travaux en biologie, en modélisation et en sciences sociales sur ce qu’est l’immunité végétale et sur la manière dont elle pourrait concourir à une agriculture respectueuse de l’environnement.

Publié le 07 janvier 2021

illustration L’immunité des plantes Pour des cultures résistantes aux maladies
© INRAE

Les plantes disposent d’une immunité naturelle qui leur permet de résister aux maladies et aux agressions parasitaires dans leur environnement. L’invention puis le développement de l’agriculture ont cependant créé des milieux très favorables à l’émergence de nouvelles maladies et au développement des épidémies. Cette vulnérabilité sanitaire s’est ensuite accentuée avec l’intensification agricole, à partir des années 1950, de sorte que le recours généralisé aux pesticides de synthèse est devenu un pilier essentiel de la production. Ce modèle est désormais remis en cause et le développement d’une protection agroécologique des cultures devient une nécessité.

Comprendre comment fonctionne l’immunité des plantes et déchiffrer leur arsenal de défense face aux agressions parasitaires est essentiel pour produire des variétés résistantes et réduire la dépendance de l’agriculture à la protection chimique. Mais il faut compter avec la formidable capacité d’adaptation des populations pathogènes, qui conduit les chercheurs à imaginer des stratégies complexes pour maintenir efficace la résistance des variétés cultivées. Les gènes qui confèrent la résistance aux plantes commencent à être perçus comme un bien commun à préserver absolument.

Sommaire

• L’immunité végétale : comment les plantes résistent à leurs bioagresseurs

• Une interaction évolutive : la course aux armements entre les plantes et leurs parasites

• Des parcelles aux paysages : construire des peuplements résistants

• Des gènes de résistance aux acteurs humains : la dimension socioéconomique de l’immunité végétale

• Des stratégies de gestion des résistances variées pour des pathosystèmes contrastés

 

Coordination éditoriale

• Épidémiologiste de formation, Christian Lannou est directeur de recherche et actuellement responsable du département Santé des plantes et environnement d’INRAE.

• Dominique Roby est directrice de recherche au CNRS de Toulouse. Elle est une spécialiste de la réponse immunitaire des plantes à l’infection par des microorganismes et plus particulièrement les bactéries.

• Virginie Ravigné est biologiste des populations. Chercheuse au Cirad, elle travaille sur l’écologie et l’évolution du parasitisme dans le monde végétal.

• Mourad Hannachi est chercheur à INRAE en sciences de gestion. Il s’intéresse aux innovations organisationnelles multi-acteurs et à l’émergence d’actions collectives pour la gestion durable des maladies des plantes.

• Directeur de recherche à INRAE, Benoît Moury est virologue. Il étudie le pouvoir pathogène et l’évolution des virus des plantes cultivées.

Editions Quae – coll. Savoir faire – 392 pages, 7 janvier 2021 – 39 euros

 

EXTRAITS

• Les populations de plantes sauvages sont génétiquement diversifiées, avec des individus répartis (en général) au sein de peuplements plurispécifiques, nourris en fonction de la fertilité naturelle du sol local. Dans une agriculture de subsistance, on trouve des variétés-populations génétiquement diversifiées (mais moins diversifiées que leurs ancêtres sauvages, comme le montre l’exemple du blé), qui présentent un phénotype de résistance quantitative et une bonne tolérance aux divers stress, biotiques et abiotiques (fertilité, sécheresse). Dans les peuplements cultivés modernes, les parcelles sont semées d’une seule variété, qui est génétiquement uniforme. Les plantes sont fertilisées de manière non limitante. Elles sont essentiellement protégées par une forme de résistance à déterminisme génétique simple, très efficace mais rapidement contournée par les parasites (donc en réalité très peu efficace dans le temps). À cela il faut encore ajouter que la densité élevée des plantes semées crée un microclimat humide.

 

• L’immunité végétale permet aux plantes de résister aux agressions biotiques. Elle permet une forme de coexistence entre les hôtes et leurs parasites dans les systèmes naturels, une forme d’équilibre en perpétuelle évolution, en général sans accident majeur. Tout change cependant avec la mise en culture des plantes, qui crée de fait une rupture dans cet équilibre, en faveur des parasites.

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