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Société et territoires 5 min

François Libois, quand économie rime avec politique et environnement

Un brin d’économie, une pincée de philosophie pour un parcours riche de promesses scientifiques

Publié le 18 février 2018

Histoire, géographie, économie, droit ou sciences politiques, François Libois n’a pas hésité longtemps, s’engageant dans des études d’économie, la discipline qui lui paraissait alors offrir le plus d’opportunités et de diversité thématique pour une future carrière de chercheur.

De l’économie du développement….

C’est à l'université de Namur (BE) que F. Libois étudie, se spécialisant progressivement dans les questions de politique publique et d’économie du développement. Son diplôme de Master en poche, il entreprend une thèse de doctorat en économieEssais en économie du développement et de l’environnement, qu’il soutiendra avec brio en février 2016.

Durant les six années que durera sa thèse, il partagera son temps entre enseignement et recherche - comme le veut le système éducatif belge et effectuera quelques séjours à l’étranger, Etats-Unis, France, Népal ou Inde pour son travail en cours ou de futurs projets de recherche.

Les prémices d’une carrière qui va prendre son envol très vite ensuite.

Dès septembre 2015, F. Libois pose ses valises à Paris au sein de l’Ecole d’économie de Paris il débute, sous la responsabilité de François Bourguignon, un postdoctorat. Il travaille alors sur la question du développement économique et des institutions. En juillet 2016, il est recruté comme Chargé de recherche à l’Inra et poursuit son travail au sein de l’Ecole d’économie de Paris. Ce recrutement lui permet de se stabiliser rapidement et d’envisager avec une certaine sérénité la suite de son travail, ses thématiques de recherche et ses collaborations en cours.

…. à l’économie de l’environnement

Telle une valse, le travail de recherche de F. Libois s’articule aujourd’hui autour de trois axes.

Le premier s’inscrit dans la continuité de la thèse. F. Libois cherche à comprendre comment un changement d’institution peut permettre de mieux gérer une ressource et d’améliorer le bien-être des populations locales. En pratique il s’intéresse à la gestion des forêts au Népal. Administrées par l’Etat depuis les années 1950, ces forêts ont vu dès les années 1990 naitre des coopératives d’usagers. Celles-ci sont aujourd’hui au nombre de 18 000 (pour 4 000 municipalités) et gèrent environ un quart des forêts népalaises. De la gestion des ressources au développement rural en passant par la formation d’une démocratie locale participative, l’exemple népalais constitue un cas d’école. Il intéresse le Népal mais aussi l’Inde et la plaine du Gange concernées par les questions d’érosion des sols et de déforestation. Au niveau international il est mis en avant par le programme des Nations-Unies pour l’environnement comme une « success story » susceptible d’inspirer d’autres pays.

Le deuxième est plus récent. Développé à la faveur d’un financement du Métaprogramme Inra GloFoods, il réunit des économistes et des agronomes Inra et Cirad autour de la question du lien entre les cultures pérennes en Asie du Sud-Est et le niveau de vie (revenus, santé…) des populations locales. Un pas exploratoire qui s’intéresse à l’expansion du palmier à huile en Indonésie et en investigue les effets sur les habitudes de vie des populations et leurs relations avec les entreprises ou les coopératives.

Le troisième axe est plus orienté vers la théorie appliquée et devrait à terme lier les réflexions théoriques en cours avec des statistiques économiques. Cet axe de recherche s’est développé à partir d’une considération préliminaire sur le rôle des organisations non gouvernementales (ONG), leurs liens aux consommateurs, aux citoyens, aux firmes et aux gouvernements. Les plus récents développements questionnent l’effet des campagnes d’ONG sur les entreprises. En pratique, autour de la question de l’expansion du palmier à huile en Indonésie, F. Libois propose d’identifier les campagnes des ONG, de repérer les entreprises visées et d’apprécier les effets de ces campagnes sur les zones de production proches des concessions de ces entreprises, voire sur la réaction des consommateurs en France.

 

Il faut imaginer Sisyphe heureux

Autant de travaux ouverts sur l’international qui donnent à F. Libois l’occasion de se rendre en Asie pour discuter et collecter des informations dans les couloirs des bureaux ou des ministères comme auprès des populations et acteurs locaux.

Philosophe, F. Libois s’amuse à dire, avec malgré tout un brin de résignation ou presque, qu’une partie de la vie n’est pas prévisible mais qu’on l’influence malgré tout… et il s’y emploie déjà.

A brève échéance, il envisage d’élargir ses collaborations à d’autres domaines, agronomie ou physique de la télédétection, indispensables au développement de ses sujets de recherche. Il projette également de développer son projet sur le Népal, désireux de mettre en œuvre des enquêtes de terrain et d’aborder les questions relatives à la comptabilité des coopératives.

Des perspectives qu’il aborde avec le mental du sportif de haut niveau qu’il fut il y a encore peu, énonçant doctement qu’en recherche, c’est comme en aviron, on va vers un point inconnu et l’on sait l’on va en regardant derrière soi.

 

Catherine Foucaud-ScheunemannRédactrice

Contacts

François LiboisUMR Paris-Jourdan Sciences économiques (CNRS, ENS, EHESS, ENPC, INRAE)

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Yuna Chiffoleau est directrice de recherche en sociologie au département Sciences pour l’action et le développement d'INRAE (précédemment Inra), depuis 2001. Spécialisée en sociologie économique et des réseaux, elle s’intéresse plus particulièrement aux circuits courts alimentaires, et s’attache à mesurer leur impact sur les producteurs et les consommateurs.

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