Société et territoires 3 min

Sésame n° 8

Ce nouveau numéro de la revue Sésame, produit par la Mission Agrobiosciences INRAE, aborde entre autres sujets un dossier sur la pandémie COVID-19. 

Publié le 13 novembre 2020

illustration Sésame n° 8
© INRAE

 

Quelques mots de l’édito

Sesame a donc pris le temps dans un dossier de nous aider tous à réfléchir sur la manière dont la pandémie vient nous percuter. Pierre-Henri Duée et Jean-François Delfraissy, capitaine du Conseil scientifique Covid-19, éclairent de leur sagesse les enjeux et les tensions éthiques de cette période mouvementée (les libertés individuelles, cela vous parle ?). D’autres nous livrent leur vision de la culture scientifique, de l’apprentissage collectif du risque, du modèle économique des Big Pharma ou, comme Marylin Maeso, de l’état pathétique du débat et de l’indignation qui se déversent sur les réseaux sociaux.

À l’épreuve de la rudesse du réel, alors que la crise sanitaire se double d’un pendant économique implacable – un million d’individus projetés dans la pauvreté –, pas de solution miracle, mais une balade empruntant les chemins de la transition et de la cohabitation. 

 

Revue Sésame n° 8, novembre 2020, 64 pages- Agrobiosciences Faire controverses https://revue-sesame-inrae.fr/

 


EXTRAITS

 

Tensions éthiques par temps de Covid

 

 « Combattre le virus quoi qu’il en coûte », affirmait le président de la République le 12 mars 2020, avant l’annonce du confinement : une décision motivée par le principe selon lequel la santé n’a pas de prix et par l’urgence de protéger nos vies. Mais ce principe de la défense de la vie (avec priorité donnée au fait de réduire la circulation du virus et de limiter l’incidence de cas graves nécessitant soins intensifs ou réanimation) a été progressivement mis en tension à la lumière des conséquences sociales, économiques et humaines du confinement : faits de maltraitance accrus, situation économique alarmante des personnes travaillant dans les secteurs jugés non essentiels ou propagateurs de l’épidémie (par exemple restauration, tourisme, culture).

Dans ce contexte, le déconfinement, et toutes les difficultés qu’il pose encore aujourd’hui, peut être interprété comme une tentative visant à articuler deux conceptions de la vie : donner la priorité à la santé pour tous vs prendre en compte les conséquences de cette politique. Elles ne s’opposent pas, car les crises économiques sont aussi génératrices de souffrances et de décès, mais il devient nécessaire de redécouvrir leur complémentarité, quelles que soient les tensions éthiques posées. En situation normale, comprenez hors crise sanitaire, la régulation du système de santé consiste également à arbitrer entre la santé et les autres dimensions du bien-être, comme l’éducation ou la sécurité. Mais, en France, ces choix demeurent avant tout implicites et n’ont pas jusqu’à présent été considérés comme relevant d’un arbitrage collectif entre la santé et d’autres dimensions de la vie.

(…)  Si le rôle des experts scientifiques est d’éclairer, de prévoir, d’anticiper les évolutions possibles de la pandémie en partageant les savoirs et les incertitudes, est-il cependant nécessaire de mettre sur la scène publique le débat – certes indispensable et utile – qui existe entre eux ? Avec le risque de rendre incompréhensible la réception du message scientifique par la société.

(…) En temps de crise sanitaire, il est tentant d’exiger « une vérité ». Malheureusement, celle-ci est toujours complexe. La vérité ne dépend pas uniquement de l’émetteur, qu’il soit politique, scientifique ou économiste… Elle est affaire de connaissances, de références, voire de normes pour celui qui la reçoit, donc d’une nécessaire culture scientifique à partager, à développer. Une éthique de la communication exige la transparence des faits. La communication des dirigeants, des responsables politiques ou des experts scientifiques doit être empreinte soit de certitudes si elles existent et sont confirmées, soit de doutes clairement énoncés s’ils apparaissent. Le rôle des médias, les intermédiaires dans cette communication, ne doit-il pas aussi être rappelé ? Des médias qui seraient acteurs dans une pédagogie de la complexité, plutôt que délivrant des raccourcis hasardeux et poussant à la polémique.

 

En savoir plus

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