illustration Maëlle Jaouannet, une jeune chercheuse qui déchiffre les stratégies parasitaires des agents phytopathogènes
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Maëlle Jaouannet, une jeune chercheuse qui déchiffre les stratégies parasitaires des agents phytopathogènes

Nourrissant une passion de la découverte et l’envie de transmettre, Maëlle Jaouannet s’est dirigée sans hésitation vers le métier de chercheuse. Après des études universitaires dans le domaine des sciences végétales, une thèse en biologie moléculaire et cellulaire et des expériences professionnelles en France et à l’étranger, elle intègre INRAE en 2020 en réussissant un concours de Chargés de Recherche. Jeune chercheuse à l’Institut Sophia Agrobiotech de Sophia Antipolis, elle étudie le succès parasitaire d’agents phytopathogènes.

Publié le 24 juin 2021

Passion et persévérance, des atouts nécessaires pour devenir chercheuse

Passionnée par les découvertes scientifiques et curieuse de comprendre le fonctionnement du vivant, Maëlle Jaouannet s’est dirigée vers une formation universitaire en biologie moléculaire et cellulaire. C’est sur les bancs de l’Université de Rennes 1, lors d’un cours de physiologie végétale, que Maëlle Jaouannet a su qu’elle allait se spécialiser, dès la licence, en biologie végétale. Les stages, aussi passionnants que variés, qu’elle a effectués par la suite, ont renforcé son choix de devenir chercheuse. 

De sa thèse jusqu’à ses travaux actuels, elle s’est intéressée à l’analyse et la compréhension des bases moléculaires du parasitisme. Son parcours universitaire ainsi que ses expériences en France et à l’étranger lui ont permis d’acquérir un ensemble de connaissances conceptuelles et scientifiques dans le cadre d’interactions entre la plante et leurs bio-agresseurs.

Chercheuse à l’Institut Sophia Agrobiotech

Soucieuse de participer à l’évolution de l’agriculture actuelle devant répondre aux défis à venir et à la transition agroécologique, Maëlle Jaouannet a fait le choix de travailler au sein d’INRAE et plus précisément à l’Institut Sophia Agrobiotech (ISA) de Sophia Antipolis. Elle a été recrutée en 2020 par voie de concours en tant que Chargée de Recherche sur un poste relatif à l’étude des éléments communs ou « universels » impliqués dans le succès parasitaire. 

Par rapport à ce que j’ai pu apprendre de mes pairs, j’espère un jour autant apporter aux jeunes scientifiques

L’Institut Sophia Agrobiotech est une unité mixte de recherche soutenue par INRAE, le CNRS et l'Université Côte d'Azur. Situées à l’interface Agriculture-Environnement, les recherches développées concernent l'étude des interactions biotiques autour des plantes cultivées et modèles. Pour cela, l’ISA fédère des compétences fortes en biologie évolutive et fonctionnelle, en génomique comparative, en écologie des populations et des communautés ainsi qu’en agronomie. L’ambition de l'ISA est de relever certains des défis proposés à la recherche agronomique dans le domaine de la gestion écologique des agrosystèmes en intégrant ces connaissances dans le développement de stratégies innovantes pour la santé des plantes (résistance des plantes, protection intégrée, lutte biologique, etc.), plus respectueuses de l’environnement et de la santé humaine.

Etudier le succès parasitaire

Plantes et agents pathogènes mènent une course effrénée à l’armement dans laquelle les plantes tentent de détecter et de réduire le développement d’agents pathogènes variés (bactéries, champignons, virus, oomycètes, nématodes et insectes) alors que ceux-ci essayent continuellement d’altérer ces barrières physiologiques et immunitaires. Les agents pathogènes perturbent le système immunitaire de la plante, ses voies de signalisation, son développement et ce, notamment par la modulation de l’architecture chromatinienne, processus de régulation dynamique de l’expression génique.

Le projet de recherche de Maëlle Jaouannet vise à caractériser des éléments communs impliqués dans le succès parasitaire à travers l’analyse d’une plante hôte commune, la tomate, et de trois organismes pathogènes/parasitaires eucaryotes (l’oomycète Phytophthora parasitica, le nématode Meloidogyne incognita et le puceron Myzus persicae). 

Afin de mieux décrypter les stratégies parasitaires communes d’un point de vue transcriptionnel, la jeune chercheuse s’intéressera aux régions accessibles de la chromatine par l'approche ATAC-Seq. En intégrant la caractérisation des régions accessibles de la chromatine aux données de transcriptomique, elle espère ainsi décrypter un réseau de régulation de gènes pouvant relier des facteurs de transcription (hubs) à des gènes cibles potentiellement multiples.

En tant que chercheuse, Maëlle Jaouannet estime que la transmission du savoir-faire et du savoir-être doit tenir une place importante dans son métier. A moyen terme, elle souhaite transmettre ses connaissances et son expérience aux jeunes scientifiques et participer également à la diffusion de la culture scientifique « hors murs » auprès d’un large public. 

Mini-CV

2017-2020 : Post-doctorat à l’Institut Sophia-Agrobiotech-INRAE PACA, Sophia Antipolis, FRANCE 
ANR project X-KINGDOM-MIF: « Analyse comparative de la fonction des Macrophage Migration Inhibitory Factor (MIF) à travers les différents règnes du vivant » 
2013-2017 : Assistante de recherche à l’Institut James Hutton Dundee, ROYAUME-UNI 
APHIDHOST ERC project: « Interaction plante-puceron: caractérisation de la réponse hôte vs non-hôte »
2008-2012 : Thèse en Biologie Moléculaire et Cellulaire - Université de Nice / Institut Sophia-Agrobiotech INRAE PACA, Sophia Antipolis, FRANCE 
« Caractérisation fonctionnelle d’effecteurs du nématode phytoparasite Meloidogyne incognita participant au succès de l’infection et à la suppression des défenses de l’hôte »
2007-2008 : Master 2 « Génétique, Adaptations et Productions Végétales » spécialité phytopathologie Université de Rennes 1 - AgroCampus Ouest 
2006-2007 : Master 1 « Sciences Végétales » Université de Rennes 1 - AgroCampus Ouest
 

 

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