illustration Julie Jimenez, entre ses mains, les déchets sont un trésor
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Bioéconomie 4 min

Julie Jimenez, entre ses mains, les déchets sont un trésor

Depuis 2015, Julie Jimenez est chargée de recherche INRAE au Laboratoire de biotechnologies de l’environnement (LBE) de Narbonne, un des leaders internationaux des procédés biologiques de traitements des déchets organiques.

Publié le 24 janvier 2017

Gratifiée de la « bosse des maths », Julie Jimenez a complété son baccalauréat scientifique par un Deug de mathématiques pour se préparer à l’entrée d’une école d’ingénieur. En 2003, elle a intégré un IUP (Institut université professionnel) dont l’enseignement sur la pollution aiguillait sa curiosité. « Pendant les cours sur le traitement des eaux et des déchets, je me suis rendu compte que c’est à ce thème que je souhaitais me consacrer », se souvient Julie. « La transformation biochimique de la matière organique vers un produit valorisable me fascinait ». Elle a pu ensuite entrer en 4ème année à l’Insa de Toulouse pour une dernière année avant son diplôme d’ingénieur en 2007.

La digestion anaérobie en équation

De la production d’énergie...

La jeune femme a ensuite été rapidement embauchée en tant que chercheur au sein de Veolia Environnement recherche et innovation à Maisons-Laffite. Elle y a travaillé sur le traitement des eaux usées et leurs boues résiduelles permettant aux stations d’épuration de produire de l’énergie à partir de leur activité, notamment via le procédé de digestion anaérobie. « La digestion anaérobie est une succession de réactions biologiques  permettant la dégradation des déchets organiques par des bactéries et d’autres micro-organismes : ce biotraitement produit du méthane, donc de la chaleur et de l’électricité », explique Julie Jimenez. « Nous avons travaillé à rendre ce procédé central au sein de la station d’épuration, à intégrer tous les flux possibles dans les digesteurs industriels pour limiter les coûts de traitement ». Dans ce contexte, elle a pu consacrer une partie de son temps à un doctorat portant sur la modélisation de ce procédé. « J’ai appliqué les mathématiques à la biologie afin de prédire les performances de la production d’énergie en fonction des entrants organiques. Pour cela, j’ai caractérisé ces entrants par une méthode novatrice basée sur une analyse de fractionnement chimique combinée à une analyse de spectrofluorimétrie 3D ».

Des procédés intelligents pour fertiliser les sols grâce à nos déchets

... à la gestion durable des résidus organiques

Afin d’intensifier son activité de recherche et d’innovation, Julie a ensuite pris le risque de quitter Veolia en 2013 et de se lancer dans un post-doctorat au LBE. Le laboratoire lui permettait de poursuivre ses travaux de thèse et de les étendre à d’autres procédés et d’autres types de déchets : « Je suis passée des traitements des boues d’épuration à ceux des ordures ménagères et des déchets agricoles, et le compostage s’est ajouté à la méthanisation. C’était donc différent, plus large et pour la première fois, je considérais la filière entière avec le retour au sol et la valorisation du résidu final en tant que fertilisant agricole ».

Le devenir des éléments de résidus après la production de l’énergie est effectivement un sujet nouveau pour la recherche, et particulièrement intéressant pour Julie Jimenez qui en 2015, a intégré l’équipe en tant que chercheure : « Je fais aujourd’hui le pont entre les produits de transformation de la matière organique et ces résidus retournés au sol. L’idée est de ne plus subir ce résidu qui persiste après une première transformation, mais au contraire de partir des besoins du sol et des agrosystèmes pour définir un cahier des charges de la qualité de résidus à atteindre et ainsi, pouvoir mieux concevoir l’amont du traitement : c’est ce que l’on appelle l’ingénierie inverse », explique Julie Jimenez.

 

Emmanuelle Manck Rédactrice

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