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Dossier de presse - Agriculture biologique : vers un changement d’échelle

DOSSIER DE PRESSE - Alors que l’Union Européenne s’est engagée à consacrer à l’agriculture biologique au moins 25% des terres agricoles d’ici 2030, comment accompagner le changement d’échelle de cette production ? Comment passer à une production mondiale bio à 50% voire plus demain? À INRAE, l'agriculture biologique est depuis longtemps un objet de recherche. Ce dossier de presse illustre à la fois la diversité des dimensions à considérer, les freins et les leviers à travailler et les résultats, déjà acquis ou en cours d’obtention, qu’il convient de faire converger pour répondre à la problématique du changement d’échelle de l’agriculture biologique.

Publié le 07 septembre 2021

illustration Dossier de presse - Agriculture biologique : vers un changement d’échelle
© Adobe Stock

On définit souvent l’agriculture « bio » par défaut, comme un mode de production qui renonce aux apports d'origine chimique, par opposition à l'agriculture dite « conventionnelle ». Mais l'agriculture biologique est plus que cela : c'est un système global de gestion agricole et de production alimentaire alliant fourniture de denrées, protection de l'environnement, respect du bien-être animal et développement rural, grâce à des méthodes reposant sur le respect des équilibres biologiques et écologiques. Il s'adosse à une certification, le fameux label AB, et il est fortement orienté par les attentes des consommateurs … lesquels sont plus que jamais des « consomm'acteurs » tant il est vrai que la demande sociétale fait bouger les lignes des exploitations, des filières et de la distribution. Selon l'Agence Bio, en 2020, plus de 9 Français sur 10 déclarent avoir consommé des produits issus de l’agriculture biologique dans l’année, 13 % confient même en consommer tous les jours !

 

À INRAE, l'agriculture biologique est depuis longtemps un objet de recherche. Notre institut est aujourd’hui celui qui publie le plus d’articles scientifiques au monde dans le domaine du bio. Il le doit aux chercheurs précurseurs qui, dès les années 1980, ont lancé des initiatives sur le sujet. Aujourd’hui, un métaprogramme de recherche, associant toutes les disciplines et tous les départements d'INRAE, est en cours. Nommé METABIO, il explore l'hypothèse où l'offre nationale de produits bio deviendrait majoritaire. Vaste (méta)programme ! En effet, une agriculture mondiale à 50 %, voire plus, ne nécessiterait pas moins qu'un changement radical de toute la chaîne agri-alimentaire.

 

Une telle hypothèse de travail pose de nouvelles questions de recherche.

 

Sommaire du dossier

 

  1. Du champ à l'assiette : santés et qualités à la loupe
     
  2. Quelles clés pour les dynamiques de transitions
     
  3. A la recherche de la multi-performance de l'agriculture biologique

Replay de la conférence de presse

  • Avec l'introduction de Philippe Mauguin, PDG d'INRAE ;
  • Claire et Jouany ( 10'50") et Lionel Alletto (14'50"), pour parler de la diversification des cultures en bio pour faire face à la problématique des resources en minéraux ;
  • Suivi de Sophie Prache (19'30"), abordant la question de la qualité des produits bios vs conventionels ;
  • Et Eric Giraud-Heraud (28'50") , qui nous explique l'importance du consentement à payer du consommateur pour les vins bios ;
  • Enfin, Françoise Médale (35'50"), directrice du metaprogramme INRAE Metabio, conclue ces présentations de chercheurs;
  • S'ensuit une session de questions-réponses (40'20") avec les journalistes, en présence de Servane Penvern, ingénieur agronome en charge de la coordination du métaprogramme Metabio, et Cécile Détang-Dessendre, Directrice adjointe Agriculture d'INRAE.

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Or, l’une des limites du développement du bio est la ressource restreinte en azote dans le sol, indispensable à la croissance des plantes. Cette variable n’a jusqu’à présent jamais été prise en compte dans les travaux explorant la possibilité de satisfaire la demande alimentaire mondiale par l’expansion de l’agriculture biologique. Une équipe de recherche d’INRAE et de Bordeaux Sciences Agro a développé un modèle simulant, à l’échelle mondiale, l’offre et la demande en azote des cultures pour de tels scénarios, excluant l’usage d’engrais azotés de synthèse. Leurs résultats, publiés le 13 mai dans Nature Food, montrent que le déploiement mondial de l’agriculture biologique peut être limité par la disponibilité en azote. Ils montrent également que, pour être soutenable, il doit s’accompagner d’une transformation des systèmes d’élevage, d’un rééquilibrage de l’alimentation humaine et d’une baisse importante du gaspillage alimentaire.

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