illustration Patrick Flammarion, directeur général délégué à l’expertise et à l’appui aux politiques publiques
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Patrick Flammarion, directeur général délégué à l’expertise et à l’appui aux politiques publiques

Patrick Flammarion a suivi une trajectoire diversifiée dans le secteur de la recherche environnementale, à la croisée des chemins entre science et politiques publiques. Son expérience « multiculturelle » a façonné son don pour faciliter la rencontre entre les attentes sociétales, les capacités scientifiques et les enjeux politiques d’aujourd’hui.

Publié le 22 décembre 2019

Pour ce nouveau poste de directeur général délégué à l’expertise et à l’appui aux politiques publiques à INRAE, Patrick Flammarion se placera à l’interface entre la science, la société et les politiques publiques : « J’aurai pour missions d’entendre et reformuler les questions posées par la société sur le long terme et de les transmettre aux scientifiques, et d’autre part de proposer des outils techniques et méthodologiques aux porteurs de politiques publiques au niveau territorial, national et international ». Voilà une position d’interface qui passionne Patrick Flammarion après deux décennies d’exercice dans diverses structures.

 

Un apprentissage de la recherche et des défis de l’environnement grâce à l’écotoxicologie

Après une formation d’ingénieur à Polytechnique, avec une spécialisation en sciences de la vie, puis à l’Ecole nationale du génie rural des eaux et des forêts (Engref), Patrick Flammarion se plonge, il y a 25 ans, dans le champ scientifique de l’écotoxicologie. Ce domaine, « davantage une question qu’une discipline à cette époque », convoque à la fois la chimie, la biologie, l’écologie, les statistiques et la modélisation. S’il lui permet d’utiliser ses compétences acquises durant sa formation, il rejoint surtout une conviction profonde : « Les risques chimiques pour la santé de l’homme et de l’environnement m’ont paru un sujet vital à étudier pour répondre aux questions que n’allait pas manquer de se poser la société sur l’exposition sur le long terme à des substances chimiques souvent présentes en mélange », explique Patrick Flammarion. 

Après son doctorat en écotoxicologie, obtenu en décembre 1997, il pilote de nombreux projets scientifiques et expertises à Irstea avant d’obtenir une habilitation à diriger des recherches en 2001. En 2002, il devient chef du bureau de l’écologie et des risques environnementaux au Ministère chargé de l’Environnement et a alors la responsabilité d’une vingtaine de programmes nationaux de recherche, à l’époque où l’Agence nationale de la recherche n’existait pas encore. « Ces programmes nationaux de recherche permettaient l’animation de communautés scientifiques interdisciplinaires sur des axes scientifiques priorisés via un dialogue entre les conseils scientifiques de programme et les comités d’orientation composés de porteurs d’enjeux notamment des acteurs de politiques publiques », explique Patrick Flammarion. Durant 5 ans, il développe ainsi la recherche et l’innovation autour des enjeux de la biodiversité, de la pollution des sols, de l’air, de l’eau, du changement climatique, des risques naturels ou sanitaires. C’est l’occasion de porter les résultats de la recherche au sein des politiques publiques et de contribuer à l’orientation de la recherche sur des enjeux de politiques publiques environnementales.

Créer le lien entre les connaissances scientifiques et les politiques publiques

En 2005, Patrick Flammarion rejoint l’Inra en tant que conseiller et secrétaire général du Collège de Direction, où il suit notamment les partenariats de l’Inra avec les ministères chargés de l’agriculture et de l’environnement.  Trois ans plus tard, il devient Directeur délégué à la Recherche, puis Directeur de l’Action scientifique et technique à l’Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), désormais Office français pour la biodiversité (OFB, auparavant AFB). « Ma mission consistait à contribuer à la création d’une nouvelle structure d’interface entre science et politiques publiques et particulièrement sur l’eau et les milieux aquatiques, ce qui rejoignait mes premières amours en tant que chercheur en écotoxicologie aquatique », se souvient Patrick Flammarion.

Toutes ces expériences permettront de placer Patrick Flammarion sur un axe science-politique-société qu’il cultivera jusqu’à aujourd’hui. « Grâce à mon expérience de la recherche et des structures publiques portant des projets concrets concernant l’environnement et l’eau, je me suis toujours efforcé de faire vivre l’interface entre les politiques publiques et la recherche, afin que les personnes qui la représentent puissent dialoguer. C’est une position ‘entre deux mondes’ délicate mais passionnante ».

La question de l’eau à l’échelle de l’Europe

En 2013, Patrick Flammarion accepte la direction du département scientifique « Eaux » d’Irstea et « replonge » dans l’animation scientifique à l’Alliance de recherche sur l’environnement (AllEnvi) pour fédérer les communautés scientifiques sur l’eau en France et en Europe : « J’ai piloté la construction de l’agenda stratégique de recherche et d’innovation au niveau européen pour que les Etats membres s’accordent sur des priorités dans le domaine de l’eau », explique Patrick Flammarion. « Cela m’a demandé beaucoup d’écoute et une recherche constante de points d’équilibre. J’ai réussi à imposer l’utilisation de travaux de prospective pour sortir de la simple expression de besoins à peine extrapolés par rapport à l’actualité ». En 2015, il devient Président du comité de pilotage stratégique sur l’environnement de l’Agence nationale de la recherche (ANR), avec pour tâche d’établir une feuille de route dans ce domaine.

L’union fait la force

Ce projet de rapprochement est donc un véritable nouveau projet scientifique

Nommé Directeur général délégué à la Recherche et à l’Innovation d’Irstea en 2017, ses fonctions englobent la responsabilité des trois départements scientifiques (eaux, écotechnologies, territoires), des directions chargées du développement à l’international, des partenariats publics et privés, de l’évaluation et de la prospective. C’est aussi dans ce cadre qu’il est impliqué dès le départ dans le projet de fusion entre l’Inra et Irstea. « Nous avons vu que d’importantes synergies pouvaient se créer entre les compétences respectives et les défis scientifiques que relèvent les deux instituts. Ce projet de rapprochement est donc un véritable nouveau projet scientifique ».


Emmanuelle ManckRédactrice

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