La Fresque de l’élevage herbivore durable : un outil pédagogique pour éclairer les débats et essaimer les connaissances

Lancée à l’occasion du Sommet de l’Élevage 2025, la Fresque de l’élevage herbivore durable propose une approche originale pour mieux comprendre les enjeux, les impacts et les services rendus par l’élevage herbivore. Derrière cet outil collaboratif, inspiré de la Fresque du Climat, une dynamique de co-construction a réuni chercheurs, enseignants, éleveurs et acteurs de la transition. Parmi eux, Audrey Michaud et René Baumont, respectivement enseignante-chercheuse à VetAgro Sup et chercheur à INRAE, tous deux rattachés à l’UMR Herbivores. Ensemble, ils ont apporté leur expertise scientifique et pédagogique à ce projet impactant pour toute une filière.

Publié le 23 mars 2026

© CPiG

La force d’un duo aux profils complémentaires

Audrey Michaud et René Baumont se sont impliqués dès les premières étapes du projet, aux côtés de Caroline Guinot, cheffe de projet, qui a su mobiliser un réseau d’acteurs variés. René Baumont est intervenu à double titre : comme chercheur INRAE, mais aussi comme représentant du GIS Avenir Élevages, un cadre qui a permis une entrée structurante par les services rendus par l’élevage herbivore.

Cette complémentarité des profils – recherche, enseignement, expertise collective – a constitué l’un des socles de la Fresque. « Dès le démarrage, j’ai été séduite par le projet, notamment pour son potentiel auprès des étudiants », souligne Audrey Michaud. De son côté, René Baumont avait déjà découvert la Fresque du Climat sur le stand des Shifters lors d’une précédente édition du Sommet de l’élevage et avait contribué au rapport « pour une agriculture bas carbone résiliente et prospère » porté par le Shift Project, paru en 2025, ce qui a facilité les passerelles entre science, médiation et débat public.

Une construction collective et rigoureuse

La Fresque de l’élevage herbivore durable a été élaborée en plusieurs étapes avec le groupe de travail réuni autour de Caroline Guinot, incluant Bruno Dufayet (éleveur), les organisateurs du Sommet de l’Élevage, des Shifters Auvergne, la DRAAF, VetAgro Sup et INRAE. Deux à trois réunions de travail ont permis de définir le périmètre et les objectifs, de discuter des messages clés, de tester la base proposée par Caroline Guinot et de valider les sources scientifiques. Une seconde phase de test a ensuite été menée notamment auprès des étudiants de VetAgro Sup par Audrey Michaud et Adeline Védrine.

Une session de test organisée avec les étudiants de VetAgro Sup. © Sophie Senaux

Cette démarche itérative a permis d’affiner les messages, mais aussi la forme : plusieurs versions de la fresque et de son visuel associé ont été discutées collectivement, avec notamment une version à destination du monde enseignant que les étudiants de VetAgroSup encadré par Audrey Michaud ont pu tester. L’objectif était clair : proposer un outil à la fois robuste scientifiquement, accessible et capable de susciter le dialogue.

Un outil pédagogique qui a fait ses preuves auprès des étudiants

Dès la version 1, la Fresque a été intégrée dans des modules d’enseignement, notamment à VetAgro Sup. Le retour a été très positif. L’approche systémique, qui permet de relier pratiques d’élevage, impacts environnementaux, dimensions économiques et sociales, a particulièrement séduit les étudiants. « Ils avaient envie d’aller plus loin, d’approfondir certains points », note Audrey Michaud.

La Fresque propose en effet plusieurs niveaux de lecture : un niveau grand public, un niveau intermédiaire et un niveau plus expert. Les étudiants ont contribué à enrichir le niveau intermédiaire, apportant leur regard et leurs questionnements, ce qui a renforcé la pertinence pédagogique de l’outil.

© Caroline Guinot

Au Sommet de l’Élevage : la fresque comme déclencheur de discussions

Présentée au Sommet de l’Élevage 2025, la Fresque a joué un rôle de « coup de projecteur ». Elle a attiré l’attention et suscité de nombreuses questions : que se passe-t-il réellement dans les systèmes d’élevage herbivore ? Quels sont leurs impacts, mais aussi leurs marges de manœuvre ?

Le format Fresque permet de construire rapidement une vision d’ensemble, tout en laissant une large place aux échanges. « On en retient un message positif. Cela permet aux participants de se rendre compte des marges de manœuvre existantes dans la filière et de mieux comprendre les enjeux. », résume René Baumont. Une brique supplémentaire donc, pour dépasser les débats parfois polarisés et ouvrir des perspectives.

Un avenir tourné vers l’appropriation par tous

L’objectif est maintenant de déployer la Fresque pour le plus grand nombre d’apprenants en s’appuyant sur un réseau d’animateurs parmi le corps enseignant.  

« Dans le cadre du GIS Avenir Élevages, la Fresque ouvre également des perspectives, notamment pour renforcer la place de l’élevage dans les enseignements et toucher des écoles plus généralistes, au-delà des seuls cursus agricoles » précise René Baumont.

Pour nos scientifiques impliqués, l’ambition est donc claire : permettre à des publics non avertis de s’approprier un sujet complexe, sans le simplifier à l’excès. En donnant à voir les interactions entre environnement, économie, territoires et pratiques d’élevage, la Fresque de l’élevage herbivore durable s’inscrit pleinement dans les missions d’INRAE : produire et partager des connaissances pour accompagner les transitions agricoles et alimentaires.

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