illustration Cyril Kao, directeur de l’Enseignement supérieur, des Sites et de l’Europe
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Cyril Kao, directeur de l’Enseignement supérieur, des Sites et de l’Europe

Contribuer à la construction collective, dialoguer aux interfaces et tisser les compétences : voilà le rôle dans lequel ce spécialiste de l’hydrologie se sent comme un poisson dans l’eau, qu’il ait travaillé pour les chercheurs, dans l’administration centrale ou avec les filières professionnelles, en France ou en Europe. Animé par la conviction du rôle crucial de l’enseignement pour l’avenir de la recherche, Cyril Kao mettra en œuvre sa riche expérience au service de sa nouvelle mission.

Publié le 13 décembre 2019

Depuis le  1er janvier 2020, Cyril Kao est directeur de l’Enseignement supérieur, des Sites et de l’Europe à INRAE. Il a pour mission de mettre en œuvre la politique de partenariats de l’INRAE avec les sites universitaires, ces campus réunissant plusieurs établissements, en plein essor en France. Il doit également développer des partenariats pour l’élaboration de programmes de recherche et de montage de projets avec l’Europe, « un grand espace de programmation, de moyens, d’opportunités incontournable de la politique de recherche d’INRAE », selon Cyril Kao. 

Aux sources d’une passion pour l’eau

Attiré dès l’adolescence par la démarche scientifique et expérimentale, Cyril Kao fait une « prépa agro » et intègre l’Institut National Agronomique de Paris-Grignon (INA-PG, désormais AgroParisTech). Là, ses cours de mécanique des fluides et un premier stage qu’il réalise au Cemagref, ancêtre d’Irstéa, l’emporte dans le courant de la science de l’eau et de l’ingénierie publique. Vient alors la formation en tant qu’ingénieur du génie rural, des eaux et forêts à l’Engref. Après une coopération scientifique à l’Ambassade de France en Egypte dans le domaine agricole, une expérience « exceptionnelle », Cyril Kao retrouve le Cemagref avec enthousiasme. « Non seulement les thématiques m’intéressaient, mais j’ai aussi pu co-construire mon poste d’ingénieur-chercheur avec mon propre projet scientifique ». Il y préparera un doctorat en hydrologie et se consacrera à l’hydraulique agricole et à la compréhension du fonctionnement des zones humides. « C’était passionnant de mener des recherches académiques tout en aidant les services de l’Etat dans une démarche concrète d’ingénierie publique. D’autant plus dans cette période particulière de la fin des années 90, à la charnière entre la politique agricole classique issue des grandes années d’aménagement de l’espace rural en France et la prise en compte croissante des questions environnementales », se souvient Cyril Kao. En même temps, il co-dirige des thèses, encadre des étudiants et enseigne la mécanique des fluides et l’hydrologie à l’INA-PG, à l’Engref et à l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC).

Apprendre et enseigner, une continuité et une fertilisation de la science

En tant que chercheur, enseigner à de jeunes pousses est à la fois un devoir et un atout

Ces premières années de carrière construisent son credo : « J’ai souhaité tôt faire de la recherche scientifique en contact avec l’enseignement supérieur et en interface avec politiques publiques : cette position a ensuite été le fil rouge de toute ma démarche » admet Cyril Kao. « Comme les enseignants m’ont converti à la science, transmettre à mon tour a toujours été pour moi un moteur personnel. Je suis convaincu qu’en tant que chercheur, enseigner à de jeunes pousses est à la fois un devoir et un atout pour les recherches que l’on mène : c’est un bénéfice partagé ».

Cyril Kao ira donc ensuite plus loin dans les valeurs qui lui tiennent à cœur. En 2008, alors qu’il va passer son HDR, il rejoint AgroParisTech, qui vient d’être créée suite à la fusion de l’INA-PG, de l’Engref et de L'École nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires (Ensia) pour un poste de Directeur Scientifique adjoint. « Nous avions pour mission de reconstruire une politique scientifique pour tout un établissement, ce qui représentait un challenge très stimulant intellectuellement dans une période de reconstruction forte de l’enseignement supérieur au niveau national notamment avec le Plan Campus ». Quatre ans plus tard, il prend la direction de l’Ecole doctorale ABIES, une école rassemblant 400 jeunes doctorants « aux profils variés, mais tous avec des vocations fortes et très attachants ».

Cyril pilote et anime ce collectif tout en participant au positionnement stratégique de l’école dans le cadre de restructurations associées au projet d’université Paris Saclay et en préparant l’évaluation quinquennale de l’école par l’AERES : « Une grande responsabilité et deux ans intenses », commente sobrement Cyril Kao, après lesquels il rejoint le Ministère de d’Agriculture et de l’Alimentation, pour « un travail d’administration centrale d’animation de la politique de recherche et d’innovation aux niveaux national, européen et international ».

De la restructuration de l’enseignement à la fusion de l’Inra et Irstea

Dans ce cadre, Cyril Kao favorise les partenariats entre la recherche académique et la recherche appliquée des filières agricoles, dialogue avec les syndicats professionnels et les instituts techniques, mobilise l’enseignement agricole sur les missions d’expérimentation et de démonstration des lycées agricoles et leurs exploitations…  Evidemment, il est en lien constant avec les opérateurs publics de recherche et d’enseignement supérieur comme Irstea et l’Inra, dont il accompagne les premières réflexions conduisant vers la fusion : « J’étais aux premières loges de la création d’INRAE ». Cyril Kao se retrouve à ce moment-là « côté tutelle » de ces établissements : « Le ministère de l’Agriculture a un rôle important à jouer dans l’action globale, collective et complémentaire en matière de recherche et d’innovation au niveau national ». Cyril Kao s’est attaché à ce que le trépied « science qui éclaire, politique qui décide et administration qui appuie » se stabilise et fonctionne bien pour répondre aux besoins de terrain et aux enjeux collectifs.

L’Europe dans le scope

En 2018, Cyril Kao rejoint l’Inra en tant que directeur de l'Action Régionale, de l'Enseignement Supérieur et de l'Europe, pour continuer à suivre le projet de création d’INRAE et en particulier ses interfaces avec l’enseignement supérieur et ses partenariats européens : « Après plus de 4 ans dans un poste d’administration où j’avais travaillé en France comme à Bruxelles, je pouvais me ressourcer au sein d’un institut de recherche et faire bénéficier de ce que j’avais pu précédemment réaliser ».